Jointe hier après-midi au Colorado, Elizabeth Hosking profitait d’une journée de congé. C’était un peu le calme avant la tempête pour la planchiste de 18 ans qui, dans quelques heures, démarrera sa troisième saison sur le circuit de la Coupe du monde.

Pascal Milano Pascal Milano
La Presse

L’objectif affiché est clair : un top 6 mondial qui permettrait de franchir un nouveau palier dans le long chemin la menant vers les prochains Jeux olympiques.

« Il y a un petit peu de stress, mais je suis excitée en même temps. J’ai fait tellement de camps d’entraînement, mais là, c’est vrai. La saison 2019-2020 commence ! », se réjouissait la spécialiste de la demi-lune.

Je n’ai jamais fait autant de snow. On a beaucoup travaillé sur l’aspect technique et j’ai été capable d’apprendre une nouvelle manœuvre, un Frontside Double 1080 – la rotation est un 1080 et je fais deux flips en même temps. J’ai aussi fait beaucoup de préparation physique et mentale.

Elizabeth Hosking

Grâce à une collecte de fonds effectuée le printemps dernier, elle a été en mesure d’organiser un programme plus chargé que lors des années précédentes. Après un premier camp en Californie dans la foulée de la dernière saison, elle s’est rendue en France, en Suisse et en Autriche. Il faut dire que la dernière ligne droite de 2018-2019 l’a fait basculer dans un nouvel univers.

Huitième des Championnats du monde, elle avait ensuite pris le cinquième rang à la Coupe du monde de Mammoth, en Californie, au mois de mars.

PHOTO ALEX GOODLETT, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Elizabeth Hosking en action

« La petite lumière s’est allumée et elle a fait : “Je suis capable de rivaliser et de peut-être battre les meilleures au monde”, indique son entraîneur Brian Smith. On s’est davantage concentrés sur le processus que sur les résultats, mais on doit gérer cette nouvelle réalité. C’est une autre paire de manches, car ça vient avec une certaine pression. »

« Elle devra être constante »

Sa nouvelle réalité, donc, c’est de tenter d’intégrer le top 6 mondial et, pourquoi pas, de viser quelques podiums. Si le Frontside Double 1080 ne sera pas à son menu cette année, elle compte sur son Frontside 900 et sur une plus grande amplitude dans les manœuvres pour y parvenir.

« Le top 6 sera automatique si elle passe en finale à chaque Coupe du monde, et on pense qu’elle est capable de le faire, souligne Smith. Elle devra être constante. C’est un nouveau chapitre pour Elizabeth et pour moi, mais il ne faut pas oublier que notre objectif, ce sont les performances en 2022 [aux Jeux olympiques de Pékin]. »

Oui, on veut bien faire cette année, mais le but ultime est une médaille aux Jeux.

Brian Smith, entraîneur d’Elizabeth Hosking

Après l’épreuve de Copper Mountain, l’athlète et son entraîneur s’envoleront pour la Chine, où aura lieu la deuxième épreuve de la Coupe du monde à partir du 18 décembre. La suite du programme la conduira en Suisse, aux États-Unis et au Canada (Calgary) en janvier et en février. C’est la première fois qu’elle participera à toutes les épreuves de la Coupe du monde.

Autre nouveauté d’importance : elle pourra surfer sur des planches qui ont été construites sur mesure pour elle. Par le passé, elle avait tendance à briser beaucoup de planches qui n’étaient pas adaptées à son style.

« C’est qu’elle est trop forte pour des planches de femme et trop petite pour des planches d’homme, explique Smith. La planche a maintenant la bonne largeur, la bonne longueur, le bon poids, la bonne flexibilité, et les fixations sont adaptées. On a pu développer des planches plus fortes et plus légères. »

Les qualifications de l’épreuve de Copper Mountain débuteront jeudi matin à 11 h 30. Hosking sera la dernière à descendre. La finale aura lieu samedi après-midi.