La saison 2019-2020 de la Coupe du monde de ski acrobatique en bosses s’amorce samedi à Ruka, en Finlande, et le Québécois Mikaël Kingsbury sera encore l’homme à battre.

Michel Marois Michel Marois
La Presse

Le vainqueur de 56 épreuves en Coupe du monde est désormais le vétéran au sein d’une équipe masculine en plein renouvellement. Chez les femmes, Justine et Chloé Dufour-Lapointe seront encore les têtes d’affiche et elles espèrent lutter à nouveau pour les premiers rangs du classement après une saison en demi-teinte.

L’équipe canadienne est en Finlande depuis plusieurs jours déjà puisqu’un dernier camp de préparation réunissait plusieurs délégations depuis le 25 novembre.

« Ruka est située tout près du cercle polaire et il n’y a pas beaucoup de lumière, a raconté mercredi l’entraîneur de l’équipe canadienne, Michel Hamelin. On peut voir le soleil entre 11 h et 12 h 30, si on est en haut de la piste ! L’année dernière, nous étions arrivés ici et il n’y avait pas de neige ; là, on est en plein hiver. Le site est prêt et nous avons connu un excellent camp. On vient de prendre deux jours de congé et les entraînements officiels vont commencer jeudi. »

La 100e du roi Mikaël

Mikaël Kingsbury va disputer sa 100e épreuve de Coupe du monde, samedi à Ruka, sur l’une de ses pistes préférées. C’est là qu’il a remporté sa 50e victoire l’an dernier et il n’a pas été battu sur la « Battery Run » depuis 2010. Avec 56 victoires et 81 podiums en 99 départs en Coupe du monde, le skieur de 27 ans n’a plus rien à prouver, sinon qu’il est encore le meilleur. Ses adversaires devraient être les mêmes que la saison dernière : le Japonais Ikuma Horishima, le Français Ben Cavet, l’Australien Matt Graham et le Suédois Walter Wallberg.

Michel Hamelin a souligné : « Avec Mikaël, il ne reste que quelques détails à fignoler. L’autre jour, il m’a dit : “J’aime vraiment cette piste et quand j’aime une piste, tu vas voir que ça va débouler en ta…” Il a déjà répété plusieurs fois la descente de base qu’il compte effectuer cette saison. Il a aussi travaillé de nouveaux sauts, avec plusieurs “grabs”, et on va voir à l’entraînement comment il se sent avec ça. L’idée, cette saison, est d’essayer de nouveaux trucs afin de se préparer pour les grands rendez-vous des prochaines années. »

PHOTO PAUL CHIASSON, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Justine Dufour-Lapointe

Un pas en avant pour Justine et Chloé Dufour-Lapointe

Respectivement sixième et septième du classement général la saison dernière, Justine et Chloé Dufour-Lapointe espèrent faire beaucoup mieux cette année. L’entraîneur Michel Hamelin y croit.

« Justine a travaillé toute l’année dernière sur un nouveau saut [un “cork”] et elle l’a réussi pour la première fois aux derniers Championnats du monde. Elle a ensuite enchaîné avec deux podiums avec ce saut. Chloé travaille aussi sur un “cork” et, dans son cas, c’est un peu plus compliqué parce qu’elle effectuait déjà un “back full”, un saut similaire qui demande toutefois une préparation différente. On accorde encore beaucoup d’attention à ces sauts, surtout sur une piste exigeante comme celle de Ruka, mais les filles sont de plus en plus confiantes et Justine a aussi ajouté un “grab” sur son saut du bas. Il ne faut pas oublier que Justine et Chloé sont d’excellentes skieuses, qu’elles ont maintenant beaucoup d’expérience en Coupe du monde ; comme Mik, il faut surtout s’assurer de mettre en place tous les éléments de leurs descentes. »

Le retour de Valérie Gilbert

Après avoir été l’une des révélations de la saison 2017-2018, avec notamment une 10e place à la Coupe du monde de Mont-Tremblant, Valérie Gilbert est restée à l’écart de la compétition la saison dernière. Un mélange de blessures et de surentraînement. « Elle n’était plus certaine de ce qu’elle voulait faire, explique Michel Hamelin. Le feu s’est rallumé et elle a connu une très bonne préparation avant la saison. “Valou”, c’est vraiment un talent naturel et elle réussit un “cork 720” depuis longtemps, sans le moindre stress. Elle doit maintenant travailler son ski, sa vitesse.

« Il y a aussi deux jeunes, Berkley Brown et Sofiane Gagnon, qui sont très bonnes et qui pourraient former avec Valérie la base de notre équipe féminine dans quelques années. Elles reviennent toutefois toutes deux de blessures et ne seront pas en mesure d’amorcer la saison avec nous. »

Laurent Dumais et Brenden Kelly en quête de constance

Parmi plusieurs jeunes skieurs, Laurent Dumais et Brenden Kelly semblent les plus prêts à se battre pour les premiers rangs. « Laurent doit améliorer sa constance, explique Michel Hamelin. C’est probablement notre plus fort au gym, mais il a parfois tendance à trop forcer en piste. Il a besoin de finesse, de raffinement, et on a beaucoup travaillé là-dessus avec lui. Ça a d’ailleurs porté des fruits puisqu’il a très bien fait en Australie cet été et qu’il semble vraiment très bon depuis notre arrivée à Ruka.

« BK [Kelly] est un naturel en saut avec des “doubles corks” et beaucoup d’amplitude, mais il est aussi un peu wild en piste, avec beaucoup de mouvements parasites des bras notamment. Il doit éliminer ça et progresse chaque jour à l’entraînement. 

« Gabriel Dufresne obtient toujours de bonnes notes en saut, mais il doit améliorer ses virages. Il donne l’impression d’être petit en piste, même s’il est grand, et on veut l’amener à se relever un peu, à se laisser aller dans les bosses. C’est le genre de choses qui prennent parfois beaucoup de temps à corriger, mais il est très déterminé, un peu comme Mik.

« Kerrian Chunlaud est un peu dans la même situation que Brenden [Kelly]. Il est bon dans ses sauts, avec plusieurs “grabs” notamment, mais il doit bouger moins dans les bosses. »

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Elliot Vaillancourt

Elliot Vaillancourt, le prochain champion ?

À 20 ans, Elliot Vaillancourt amorce une première saison complète en Coupe du monde. Champion du monde junior des bosses en parallèle, il est perçu par plusieurs comme le meilleur espoir canadien pour les prochaines années. L’entraîneur Michel Hamelin prône la patience : « Pour l’instant, c’est encore un athlète avec un gros moteur V8 qu’il ne contrôle pas parfaitement ! Il est grand, puissant, mais il faut l’amener à mieux doser ses efforts, à ne pas sortir toute la puissance chaque fois qu’il doit corriger quelque chose en piste.

« Cette saison, nous voulons le calmer, lui rappeler que, même si c’est la Coupe du monde, ça reste juste une piste de bosses. Cette semaine, l’objectif est simplement de compléter une descente qu’on pourra regarder ensuite sur la vidéo en se disant que c’était correct. On aura le temps plus tard pour y aller davantage sur la performance, mais là, il doit juste apprendre à faire une descente propre. Ce n’est jamais facile quand on commence à ce niveau.

« Robbie Andinson est un peu dans la même situation puisqu’il n’a disputé que les épreuves canadiennes de la Coupe du monde. Il a un peu plus d’expérience qu’Elliot, mais ça reste stressant et il doit simplement faire la meilleure descente possible et travailler à l’améliorer de course en course. »

Un calendrier chargé

Pas de grand rendez-vous en cette saison 2019-2020. Les prochains Mondiaux auront lieu en 2021 dans la station de Zhangjiakou/Genting, en Chine, sur le site où seront disputées les compétitions olympiques des Jeux de Pékin l’hiver suivant. Cela dit, la saison comptera quand même 13 compétitions de Coupe du monde, sur neuf sites différents, avec deux épreuves au Canada, à Mont-Tremblant et à Calgary.

7 décembre : Ruka, Finlande (bosses)
14-15 décembre : Thaiwoo, Chine (bosses et bosses en parallèle)
20 janvier : Tremblant, Canada (bosses)
1er février : Calgary, Canada (bosses)
6-8 février : Deer Valley, É.-U. (bosses et bosses en parallèle)
22-23 février : Tazawako, Japon (bosses et bosses en parallèle)
1er mars : Almaty, Kazakhstan (bosses en parallèle)
8 mars : Krasnoyarsk, Russie (bosses en parallèle)
14-15 mars : Idre Fjäll, Suède (bosses et bosses en parallèle)