(Lake Louise) Le skieur canadien Manuel Osborne-Paradis doit faire preuve de patience avec sa jambe reconstruite. C’est du moins ce que la science lui dicte.

Donna Spencer
La Presse canadienne

Un an et une semaine après sa catastrophique chute à Lake Louise, Osborne-Paradis sera de retour sur cette montagne, samedi, pour encourager ses coéquipiers pour la première descente de la saison sur le circuit de la Coupe du monde.

Le plus tôt que le skieur de 35 ans de North Vancouver puisse espérer revenir à la compétition demeure la Coupe du monde de Lake Louise de 2020. Cela fera alors deux années complètes qu’il s’est fracturé le tibia et le péroné lors de la première descente d’entraînement de la saison 2018-19.

Osborne-Paradis a subi plusieurs interventions chirurgicales au cours des 12 jours qui ont suivi. Une plaque de métal, 13 vis et de la colle à os tiennent maintenant le bas de sa jambe en place.

Après avoir subi des tests d’imagerie des os mercredi, il a retrouvé des skieurs du plateau à l’hôtel accueillant les diverses équipes.

« Ça rend nostalgique de me retrouver ici, a-t-il dit. Je pense que ça fait partie de ma guérison que d’être ici pour la semaine de course et de la vivre comme ça. »

Médaillé de bronze du super-G aux Mondiaux de 2017, Osborne-Paradis a pour objectif de participer à ses cinquièmes Jeux olympiques à Pékin, en 2022. Celui qui compte 11 podiums en Coupe du monde ne peut donc pas se permettre de pas de recul comme celui qu’il a vécu en gymnase plus tôt cette année, alors qu’il avait brisé toutes les vis de sa jambe.

« Je garde les doigts croisés, mais je crois que nous sommes suffisamment prudents cette fois. Je m’assure de tout faire comme il faut, car nous n’avons le temps que pour une rééducation. »

Une nouvelle technologie, le SPECT scan, qui donne des images en trois dimensions, a permis de déterminer que c’était la marche à suivre dans son cas. Si elle ne s’était fiée qu’aux radiographies, son équipe médicale lui aurait donné le feu vert pour reprendre l’entraînement de façon plus agressive.

« Nous y allons plus lentement parce que nous disposons de cette nouvelle technologie, qui nous a permis de constater que mes os ne sont pas encore guéris. »

Osborne-Paradis espère un retour graduel sur la neige à compter de janvier. Il souhaite pouvoir skier des portes en mars, question de prendre de l’avance pour la saison 2020-21.

« Je sens du progrès, a-t-il indiqué. Au cours des six dernières semaines, j’ai pu pousser un peu plus la machine en gymnase sans problème. Nous avons ajouté le saut à la corde, qui nous mènera au jogging. J’espère que ça me permettra de perdre les 15 livres que j’ai prises parce que tout ce que je fais, c’est de lever des poids et de retourner sur le sofa. »

Son coéquipier Broderick Thompson est aussi sur la touche en raison d’une blessure au genou subie avant la saison dernière.

Ben Thomsen, Sam Mulligan, Brodie Seger, Cameron Alexander, Jack Crawford, Jeff Read et Dustin Cook tenteront d’obtenir l’une des six places disponibles pour le Caanda pour la descente de samedi et le super-G de dimanche.