Des allégations de « culture toxique » au sein de Boxe Canada ont attiré l’attention de l’organisation qui supervise ce sport à travers le monde.

Mis à jour le 6 mai
Lori Ewing La Presse Canadienne

L’International Boxing Association (IBA) a déclenché une révision portant sur Boxe Canada et son directeur haute performance, Daniel Trépanier, après que des dizaines d’athlètes eurent signé une lettre ouverte à Sport Canada dans laquelle ils ont demandé la tenue d’une enquête indépendante et la démission de Trépanier.

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L’IBA a aussi retiré, vendredi, l’accréditation de Trépanier en vue des Championnats du monde de boxe féminine qui doivent commencer dimanche à Istanbul, bien que Boxe Canada ait précisé qu’il n’avait pas fait le voyage vers la Turquie pour cette compétition.

« La lettre ouverte […] préoccupe beaucoup l’International Boxing Association (IBA). Il ne peut y avoir de place dans notre sport pour l’abus d’athlètes et nous demandons votre coopération pour y arriver », a déclaré le secrétaire général de l’IBA, Istvan Kovacs, dans une lettre adressée vendredi au président de Boxe Canada, Ryan Savage.

« La sauvegarde des boxeurs et de la communauté de la boxe en général est, et restera, une priorité pour l’équipe dirigeante actuelle de l’IBA. »

Kovacs a fait savoir que le responsable de l’intégrité et le comité d’éthique de l’IBA examineraient les allégations soulevées dans la lettre adressée à Sport Canada, signée à l’origine par 121 boxeurs actuels et retraités et dont le nombre de signataires, depuis, est passé à 233.

Trépanier n’a pas répondu dans l’immédiat aux demandes de commentaires formulées par La Presse Canadienne.

La lettre que Kovacs a rédigée, dont La Presse Canadienne a obtenu une copie, a aussi été envoyée à Vicki Walker, directrice générale de Sport Canada, Pascale St-Onge, ministre des Sports du Canada, Ann Merklinger, présidente-directrice générale de « À nous le podium », Trisha Smith, présidente du Comité olympique canadien, Erin Wilson, présidente d’AthletesCan, et Bernhard Welten, président de la Commission d’éthique de la Fédération internationale de boxe.

Dans une déclaration vendredi, la ministre St-Onge a déclaré qu’il y a un réel sentiment d’urgence pour un changement dans le sport au Canada, « et je suis déterminée à utiliser chaque once de leadership et les outils à ma disposition pour commencer à changer la culture sportive. Comme je l’ai déjà dit, nous devons nous assurer que les athlètes sont au centre de la conversation et des solutions proposées. »

Quatre boxeuses doivent représenter le Canada aux Mondiaux féminins, qui se dérouleront pour la première fois depuis 2019 en raison de la pandémie de COVID-19 : Priyanka Dhillon (48 kg), Scarlett Delgado (54 kg), Charlie Cavanagh (66 kg) et Tammara Thibeault (75 kg).

L’IBA avait prévu entrer en contact avec elles si Trépanier avait assisté à l’évènement.

« Je vous serais reconnaissant de bien vouloir exposer les mesures que vous avez déjà mises en place et/ou que vous avez l’intention de mettre en place pour protéger d’abus les membres de votre équipe qui participent actuellement à Istanbul », a écrit Kovacs à Boxe Canada. « Sachez que l’IBA est susceptible de prendre contact directement avec votre équipe ici, afin de l’informer des mesures de sauvegarde qu’elle a mises en place. »

Mary Spencer, triple championne du monde, a déclaré à La Presse Canadienne que Trépanier « aurait dû être congédié il y a longtemps ».

Christophe Bernier, deux fois champion canadien chez les super-lourds, a parlé de « favoritisme généralisé »