« Quand tu aimes quelque chose, que quelque chose te passionne, tu fonces et tu vas chercher ce que tu veux », lance Virginie Assaly. Posée et confiante, la nouvelle vice-présidente d’Eye of the Tiger Management (EOTTM) sait ce qu’elle fait et où elle s’en va.

Katherine Harvey-Pinard
Katherine Harvey-Pinard La Presse

Virginie Assaly fait partie d’EOTTM depuis ses tout premiers galas de boxe, il y a 10 ans. À 33 ans, elle a été promue vice-présidente de l’entreprise, le 27 septembre dernier. Elle complète ainsi une équipe formée du président Camille Estephan, du directeur général Antonin Décarie et du nouveau directeur du développement et entraîneur principal Marc Ramsay.

L’histoire de Virginie Assaly dans le monde des sports de combat a commencé en 2004. Alors âgée de 16 ans, elle commence à s’adonner au sport. Quelques années plus tard, lors de ses études en histoire à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), elle déniche un emploi de réceptionniste à temps partiel dans un gym, l’Académie sportive.

« Tant qu’à avoir une petite jobine étudiante dans une épicerie, je me suis dit que j’irais travailler dans un gym. Comme ça, je pourrais avoir l’entraînement gratuitement en même temps », raconte-t-elle.

À ce moment, l’idée de travailler un jour dans le monde de la boxe ne lui traverse pas l’esprit. Au bout de cinq ans, elle change pour l’Underdog Boxing Gym, toujours à Montréal.

« C’est là que j’ai rencontré les boxeurs professionnels et Mike Moffa, se souvient-elle. C’est lui qui m’a parlé de Camille Estephan, qui était à ce moment-là gérant de la carrière de boxeurs professionnels, dont Bermane Stiverne. »

On est en 2011. Virginie a 23 ans. Estephan décide de lancer un volet promotion, avec comme objectif d’organiser ses propres soirées de boxe. Il met sur pied la série « Fight Club », à Pointe-Claire.

D’abord attitrée aux ventes, la jeune femme est rapidement mutée aux relations médias. Plus tard, elle travaille aux opérations de l’entreprise. Au fil des années, Estephan lui accorde sa confiance et lui offre la place pour grandir dans l’entreprise, essayer de nouvelles tâches.

Camille et moi, on se ressemble beaucoup là-dessus : on est des personnes qui ont besoin de défis, d’apprendre de nouvelles choses. Il voyait que j’avais une faim d’apprendre et de grandir dans son entreprise.

Virginie Assaly

« Ce ne sont pas toutes les entreprises au sein desquelles tu sens que tu peux évoluer, ajoute-t-elle. Ça prend des personnes qui croient en toi, qui laissent place à tes idées, te donnent l’occasion de t’épanouir, de fleurir. »

C’est ce que lui a offert EOTTM. Les années ont passé et celle qui avait pourtant étudié l’histoire n’a jamais regardé derrière. « Ça me passionnait », dit-elle simplement.

Se fixer des objectifs

Virginie Assaly a toujours été une fille d’objectifs, de défis, de listes. Dès ses premiers pas dans le domaine, elle voyait grand.

« J’écrivais sur une feuille : je veux faire un premier Centre Bell, un premier Championnat du monde… »

« On se fixait des objectifs comme entreprise, mais moi, comme employée, il y avait des choses que je voulais apprendre, des rêves aussi, ajoute-t-elle. Mon premier Centre Bell, c’était un rêve dans ma tête, ce n’était même pas accessible. On l’a accompli en quatre ans. »

Au fil des années, elle a participé à tous les grands projets d’EOTTM. Comme l’a indiqué Camille Estephan dans un communiqué en annonçant sa nomination comme vice-présidente, « elle a su se tailler une place dans ce milieu, développer son expertise et connaît maintenant la business de A à Z ».

Voilà qui résume bien.

Assaly, de son côté, a été « touchée » de se voir confier ces nouvelles responsabilités. Après 10 ans au sein de l’entreprise, « c’était comme la suite logique des choses ».

Dans son nouveau rôle, elle sera chargée de chapeauter les différents services entourant l’organisation des galas de boxe. Antonin Décarie et Marc Ramsay sont pour leur part chargés du volet boxe.

Ça me motive énormément parce que je carbure aux défis et que, pour moi, ce poste-là représente des défis supplémentaires.

Virginie Assaly

« Aussi parce que je crois encore en toutes les choses qu’on peut accomplir, continue la vice-présidente, qui n’a que de bons mots pour son équipe. On a accompli beaucoup en 10 ans dans l’entreprise, et il y a plein de belles choses qui s’en viennent. »

Comme quoi ?

« Je regardais [Anthony] Joshua contre [Oleksandr] Usyk le week-end dernier… Plus de 60 000 personnes dans un aréna qui chantent Sweet Caroline ensemble… J’ai hâte que la boxe devienne ça au Québec, [qu’il y ait] de gros moments forts.

« Je sais qu’on va avoir d’autres champions du monde, j’ai aussi l’occasion de voyager. Camille m’envoie souvent à l’étranger quand les gars se battent. […] C’est un monde fascinant et j’ai encore énormément à apprendre. Je trouve ça très excitant. »

EOTTM annoncera prochainement la tenue d’un gala anniversaire qui aura lieu d’ici la fin de l’année. En 2022, l’entreprise s’attend à voir plusieurs de ses boxeurs, comme Christian Mbilli, prendre part à des combats d’envergure.

Quand on lui demande si elle a trouvé cela difficile d’évoluer en tant que femme dans un milieu d’hommes, Virginie Assaly se remémore ses premiers combats de boxe avec EOTTM. Certaines personnes qui la rencontraient pour la première fois lui demandaient si elle était une membre de la famille d’Estephan. Mais rapidement, elles l’ont vue travailler. Elles ont compris qu’elle était là pour son expertise.

« Oui, c’est un honneur, et je suis fière d’être une femme dans un milieu d’hommes, mais à la fin de la journée, je pense que j’ai été nommée pour mon expertise et mes compétences », lance-t-elle.

« C’est la même chose si quelqu’un dit : “ Moi, je n’aime pas la boxe féminine. ” C’est parce que tu ne suis peut-être pas la bonne athlète. Il y a des boxeuses féminines extrêmement talentueuses qui suscitent autant d’engouement que les hommes. […] Je ne pense pas que c’est une question de sexe, je pense que c’est une question de skills. »

« Si quelqu’un doute de toi, te dit que tu n’es pas à ta place, que les femmes ne devraient pas être là… Ça me donne quatre fois plus le goût d’exceller dans mon domaine », dit-elle.

Voilà une belle façon de penser.