(Arlington) « Mexico ! Canelo ! Mexico ! » : la pesée d’avant-combat, qui opposera samedi « Canelo » Alvarez et Billy Joe Saunders pour la réunification des titres WBC, WBA, WBO des poids super-moyens, a offert un avant-goût festif en présence de quelque 3000 fans chauffés à blanc.

Agence France-Presse

Arlington, tranquille ville texane sise dans la périphérie ouest de Dallas, est déjà par sa proximité avec le Mexique, naturellement imprégnée de sa culture. Au pied de l’immense l’AT & T Stadium, qui accueillera 70 000 personnes pour cet affrontement constituant le premier évènement sportif à rassembler autant de monde depuis l’apparition de la COVID-19 aux États-Unis, il n’y avait que la présentation des boxeurs faite en anglais pour rappeler qu’on s’y trouvait vraiment.

Plusieurs heures avant que la pesée ne débute, les supporteurs de « Canelo » s’étaient déjà amassés devant de premières barrières, prêts à jaillir à leur ouverture pour prendre position sur les meilleurs spots de l’esplanade où l’organisateur de l’évènement avait décidé de délocaliser ce barnum traditionnel, en plein air sous un gentil cagnard.

Rien qui ne puisse altérer ces aficionados de la boxe, de leur pays et de leur héros, étant entendu que les Britanniques pro-Saunders ne pouvaient de toute façon quitter leur île pour rallier les États-Unis, coronavirus oblige.

Une pandémie, dont le nombre de contaminations est en forte décru en Amérique du Nord, et qui, dans le Texas où on autorise tout et où on n’oblige rien, pas même le port du masque, semble un lointain mauvais souvenir. La preuve ? La seule distanciation sociale qui vaille est celle consistant à éloigner les deux boxeurs à la veille de leur affrontement électrique.

Les mariachis et Fury

Avant que chacun ne se présente sur la scène, érigée devant l’impressionnante façade de verre sur laquelle s’affichent leurs portraits, points de tubes hip-hop habituels dans le contexte d’un combat de boxe, ni même de grosses guitares – sinon celles de Manà, LE groupe rock du Mexique, mais de la pop latine reprise en chœur. Et quand le DJ l’a mise en sourdine, ce sont les mariachis qui ont surgi.

Après le passage sur la balance de 14 boxeurs (huit combats auront lieu), dont le Français Souleymane Cissokho qui défiera un autre Anglais, Kieron Conway, chez les super-mi-moyens, Saunders, d’abord sous les huées, puis Canelo, sous les vivats, ont monté les marches et dévoilé leur buste de gladiateurs.

Après avoir officiellement été déclarés éligibles au combat, chacun se situant dans la limite de poids autorisé (75,93 kg pour Alvarez, 76,11 kg pour Saunders), ils se sont rapprochés quasiment nez à nez, avec le regard de pierre de circonstance, le tout ponctué de quelques mots inaudibles de Saunders accueillis par un hochement de tête négatif de Canelo, lui signifiant de faire attention.

Celui qui s’est en revanche fait entendre à l’issue de cette pesée a été le champion du monde (WBC) des lourds Tyson Fury, venu soutenir son « frère gitan » Saunders.  

« Les fans anglais et mexicains se ressemblent, ils font du bruit, ils aiment boire et passer un bon moment », a-t-il déclaré, bien content d’être là. Avant de se mouiller : « Billy Joe va faire une master-class de boxe, il va l’emporter par décision unanime ». Ça n’a évidemment pas plu à tout le monde…