La boxeuse canadienne Mandy Bujold envisage de porter son combat pour une place aux Jeux olympiques de Tokyo devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).

Lori Ewing La Presse Canadienne

Bujold et son avocate Sylvie Rodrigue ont déposé une requête au Comité international olympique pour obtenir une place en raison de son congé de maternité et de sa grossesse, et espéré une décision au plus tard vendredi.

Mais Bujold a révélé dans un courriel « nous sommes déçues et surprises que ni le CIO ni le (groupe de travail olympique pour la boxe) n’aient encore répondu » à la lettre de son avocate envoyée le 23 avril.

« Ils ne nous ont pas encore contactées pour indiquer s’ils prévoyaient de rectifier les règles de qualification pour accueillir les athlètes féminines qui étaient enceintes ou en post-partum pendant la période de qualification choisie pour Tokyo. »

Après une année de compétition reportée en raison de la pandémie mondiale, la multiple championne nationale des poids mouches était convaincue qu’elle décrocherait une place au tournoi de qualification olympique en mai à Buenos Aires, mais l’évènement a récemment été annulé en raison de l’augmentation des cas de COVID-19 en Argentine.

« Si nous n’avons aucune nouvelle d’ici lundi, nous n’aurons d’autre choix que de poursuivre une action en justice pour discrimination devant le Tribunal arbitral du sport. Nous explorons également d’autres voies juridiques », a indiqué Bujold.

En l’absence de compétitions au calendrier, le CIO a révisé son système de classement, en utilisant trois épreuves entre 2018 et 2019 pour déterminer les quatre places disponibles dans la catégorie de poids de Bujold. L’Ontarienne de 33 ans occupait le deuxième rang avant son congé de maternité, mais n’a pas participé aux trois épreuves utilisées dans le classement révisé parce qu’elle venait de donner naissance à sa fille Kate Olympia.

Les qualifications continentales étaient initialement prévues en mars dernier, mais annulées en raison de la pandémie.

Bujold, double championne des Jeux panaméricains, deviendrait la première boxeuse canadienne à participer à des Jeux olympiques consécutifs si elle pouvait confirmer sa place. Une maladie a fait dérailler ses rêves aux Jeux de Rio 2016. Quelques heures avant sa défaite en quart de finale contre la Chinoise Ren Cancan, elle était à l’hôpital malade et sous perfusion intraveineuse. Elle s’est contentée de la cinquième place.

Une qualification olympique s’est révélée un défi de taille, en particulier dans des pays comme le Canada où les restrictions de voyage sont strictes.

L’avocat canadien et membre de longue date du CIO, Richard Pound, est bien au fait du cas de Bujold.

« Je ne sais pas quelle est la solution appropriée, a-t-il confié à La Presse Canadienne plus tôt ce mois-ci. Je pense que l’idée est maintenant de trouver un moyen d’éviter ce genre de victime, résultant du seul fait que l’athlète est une femme.

« Je pense que le CIO est tiraillé par la situation. Comment vont-ils la résoudre, je ne sais pas. Je pense qu’à ce stade, avec beaucoup de compétitions de qualification qui sont annulées ou reportées, c’est à ceux qui organisent les choses (fédération internationale) ou le CIO dans ce cas, de trouver un moyen le moins perturbateur possible, dans les circonstances. »