Depuis mars dernier, la boxe québécoise bouge au ralenti. Malgré tout, les promoteurs d’ici se démènent afin que leurs boxeurs demeurent actifs.

Frédéric Daigle
La Presse Canadienne

Voici un survol des prochains mois dans le monde de la boxe québécoise.

Jean Pascal

Le « joueur autonome » de la boxe québécoise se trouve à Porto Rico depuis décembre, d’où il espère finaliser une entente pour un gros combat dans les prochains mois. Badou Jack ?

« Pas nécessairement, a dit le champion des mi-lourds de la World Boxing Association (WBA) à La Presse Canadienne plus tôt cette semaine. Je laisse la porte ouverte à tous, même Canelo Alvarez s’il revient à 175 livres. »

Pascal (35-6-1, 20 K.-O.) ne s’est pas battu depuis sa victoire par décision partagée face à Jack en décembre 2019. Il se tient prêt à toute éventualité.

« Plus on me donne du temps pour me préparer, plus je suis dangereux. Mon mental est très solide, c’est ce qui m’a permis de me tenir dans les plus hautes sphères de la boxe depuis 11 ans. »

Eye of the Tiger Management

Après des galas à Shawinigan et Rimouski à l’automne, Camille Estephan et Eye of the Tiger Management (EOTTM) se sont tournés vers la Russie et le Mexique pour faire travailler leurs boxeurs. Quatre galas ont été organisés, dont trois à Cuernavaca jusqu’ici.

Les nouvelles mesures sanitaires et l’arrêt des vols vers le Mexique et les Caraïbes pour quelques mois mettent toutefois un frein à ce projet. Cela n’empêchera pas EOTTM de placer ses boxeurs sur des cartes intéressantes.

Ainsi, le super-moyen Christian Mbilli (17-0, 16 K.-O.) se frottera à l’Ukrainien Ievgen Khytrov (20-2, 17 K.-O.) le 18 mars prochain aux États-Unis. Le poids lourd Arslanbek Makhmudov (11-0, 11 K.-O.) — qu’Estephan cherche à mousser afin de le faire grimper dans les classements mondiaux — doit quant à lui boxer sur un gala de DAZN le 20 mars. Son adversaire sera connu plus tard.

Le promoteur négocie aussi la participation de ses boxeurs sur une autre carte importante, présentée sur les ondes d’un réseau américain, en mars.

Estephan a également soumis deux dates aux autorités sanitaires québécoise pour présenter autant de galas au Québec. Le premier aurait lieu à la fin de février et pourrait ressembler à ce qu’il a présenté l’automne dernier, soit une petite carte de trois ou quatre combats.

Le deuxième gala, le 17 avril à Québec, serait de plus grande envergure, mettant en vedette David Lemieux.

« Le building est déjà réservé et la Régie des alcools, des courses et des jeux est déjà prévenue, a indiqué Estephan. Il ne reste plus qu’à recevoir l’approbation de notre protocole sanitaire. »

Groupe Yvon Michel

Yvon Michel, président de GYM, organisera un premier gala au Québec le 16 mars prochain, à l’Hôtel Plaza de Québec.

Au menu, le poids lourd Oscar Rivas (26-1, 18 K.-O.) et Sylvera Louis (8-5, 4 K.-O.) assureront la finale. Les deux pugilistes ont croisé le fer en 2012 ; Rivas l’avait emporté par décision partagée.

La Santé publique a autorisé la tenue de sept combats au cours de cette soirée qui devrait également mettre en vedette Sébastien Bouchard, Patrice Volny et Ian Pellerin, notamment. Fait à noter, en raison de la configuration de l’hôtel, 120 personnes pourraient assister à ce gala, soit deux personnes dans chacune des 60 chambres qui donnent sur l’atrium.

« Le gala sera présenté en formule souper-spectacle, a expliqué Michel. Les gens paieront pour leur chambre, un repas servi sur leur balcon et le gala. »

Un groupe offrira également une prestation afin de meubler les temps morts nécessaires à la désinfection du ring.

L’autre grand évènement à l’horaire de GYM est le combat d’unification entre Marie-Ève Dicaire (17-0) et Claressa Shields (10-0, 2 K.-O.), le 5 mars, à Flint, au Michigan.

Les super-mi-moyennes tenteront alors de devenir championne unifiée de la division : les ceintures de l’International Boxing Federation (IBF) de Dicaire, ainsi que celles du World Boxing Council (WBC), de la World Boxing Organization (WBO) et de la WBA de Shields seront alors à l’enjeu.

D’ici là, Wilfred Seyi (8-0, 4 K.-O.) livrera un premier combat chez lui au Cameroun, ce samedi, un évènement que les amateurs de boxe du Québec pourront suivre sur la page Facebook de GYM à compter de 11 h.

Seyi est qualifié pour représenter le Cameroun aux Jeux de Tokyo et il a demandé à son promoteur de l’aider à se préparer en vue de cet évènement. C’est pourquoi GYM a consenti à le laisser livrer ce combat en Afrique.

Nouvelle ceinture pour Rivas ?

Michel travaille également à mettre sur pied un gala d’envergure à Montréal en mai en compagnie de Top Rank et don son grand manitou, Bob Arum.

Si ces plans se concrétisent, Rivas assurerait alors la finale pour un combat de championnat du monde dans la division des super-lourds-légers (Bridgerweight), créée par le WBC récemment.

Dans cette division, les boxeurs sont limités à 224 livres. Elle sert littéralement de pont entre les lourds-légers (jusqu’à 199 livres) et les lourds (200 et plus).

Rivas est actuellement classé premier aspirant de cette nouvelle division, pour l’instant sans champion.

À ce groupe, il faut ajouter le combat du protégé de l’entraîneur Marc Ramsay, Artur Beterbiev (15-0, 15 K.-O.).

Le champion des mi-lourds du WBC et de l’IBF mettra ses deux ceintures en jeu face à l’Allemand Adam Deines (19-1-1, 10 K.-O.), le 20 mars, à Moscou.