Jean Pascal s’est octroyé de petites vacances après avoir réussi la défense de sa ceinture des mi-lourds de la World Boxing Association (WBA) face au Suédois Badou Jack le 28 décembre. « C’est la victoire la plus importante de ma carrière », a-t-il lancé, mercredi matin au Complexe sportif Claude-Robillard.

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La Presse

S’il est rentré au Québec, l’heure n’est cependant ni au retour dans un gymnase ni à une décision sur l’identité de son prochain adversaire. « Avant, on n'avait pas le choix de prendre ce qu'on nous offrait. Maintenant, on est davantage du côté du "A side" que du "B side" », a-t-il cependant reconnu.

7,5/10. Voilà la note que s'est donné Pascal (35-6-1, 20 K.-O.) dans son combat face à Jack (22-3-3, 13 K.-O.). « À un moment donné, je me suis un peu écarté de mon plan de match à cause d’un excès de confiance », a-t-il expliqué. Rappelons que, au terme d’un combat très disputé, le Québécois l’a emporté par décision partagée (114-112, 114-112 et 112-114).

« Je savais que j’avais gagné, mais j’avais un doute. Je savais que ma chute au plancher au dernier round comptait. En plus, j’affrontais un boxeur de Floyd Mayweather, sur une carte de Floyd Mayweather et sur un réseau associé à Floyd Mayweather. J’étais nerveux, mais j’avais le sentiment d’en avoir fait assez. »

S’il devait classer cette victoire dans l’ensemble de son palmarès, le Lavallois opterait pour la première place. « C’est la plus importante, compte tenu que je suis resté champion et que je vais encore avoir de belles opportunités en 2020. Ça prolonge ma carrière et on parle du futur. Je sais très bien, qu’avec [les médias], on aurait encore parlé de retraite en cas de défaite. »

Cette victoire a, en tout cas, relancé le débat sur la place de Pascal dans l’histoire de la boxe québécoise. « Les faits parlent par eux-mêmes. On ne peut plus vraiment faire de comparaisons, que ce soit par la qualité de ses adversaires, ses réalisations ou la durée de sa carrière », a énuméré l'entraîneur Stéphan Larouche.

« Je suis très flatté si on me considère comme le plus grand au Québec, mais ce n’est pas à moi à le juger », a ajouté le principal intéressé.

Les heures précédant le combat n’ont pas été idéales pour Pascal à Atlanta. Pour débuter, il a dû composer avec une pesée interminable afin de permettre à Gervonta Davis, l’un des poulains de Mayweather, de faire le poids. Le soir du combat, une congestion monstre a perturbé son arrivée au State Farm Arena.

« De la pesée jusqu’à l’arrivée, ça a été laborieux », a résumé Larouche. Et une fois dans le ring ? L’histoire a été toute autre, surtout en première moitié de combat. « Le début de combat a surpris Jack. Jean a été efficace dans des départements où il ne l’a pas été souvent dans les derniers combats. Il a performé, il a eu un excès de confiance à un moment donné, mais il s’est bien réajusté par la suite. »

L’année 2019 a été celle de la résurrection pour Pascal. Pourra-t-il poursuivre dans la même veine en 2020 ? Une chose est certaine, il souhaite continuer à solidifier son « héritage » . « En 2020, je vais continuer à m’acharner, à être persévérant et être discipliné. »

Quelques noms ont bien été avancés pour la suite des choses, mais le pugiliste a répété, mercredi, que son conseiller Greg Leon et Larouche allaient s'occuper de cet aspect là. On peut tout de même spéculer sur un deuxième acte face à Badou Jack – qui pourrait cependant grimper d’une catégorie de poids – ou Marcus Browne (23-1, 16 K.-O.).

« Vous me connaissez, je n’ai peur de personne. J’ai déjà battu les deux, alors, je dirais oui sans aucun problème », a-t-il répliqué. À noter que Pascal ne s’est plus battu au Québec depuis mai 2018. « Si la demande est là, j’aimerais ça [me battre au Québec]. »