(Rimouski) Eye of the Tiger Management a trouvé un bon filon avec son Carré d’As. Si l’organisation est toutefois en mesure de le compléter.

Frédéric Daigle
La Presse Canadienne

Le tournoi met aux prises quatre des boxeurs d’EOTTM chez les super-légers : Steve Claggett (29-6-2, 19 K.-O.), Mathieu Germain (18-2-1, 8 K.-O.), David Théroux (16-4, 11 K.-O.) et Yves Ulysse fils (19-2, 10 K.-O.). Les deux combats offerts samedi auraient pu faire les frais de la finale de plusieurs galas.

Claggett a d’abord forcé Théroux à se retirer après six rounds pour mettre la main sur la ceinture de la North American Boxing Association (NABA).

Ulysse a ensuite offert une performance inspirée pour inscrire un K.-O. technique au septième round de son affrontement contre Germain, ajoutant les titres de la North American Boxing Federation (NABF) et World Boxing Council (WBC) francophone à son palmarès.

Claggett et Ulysse ont récolté trois points pour avoir mis fin au combat avant la limite, tandis que Germain et Théroux ont été blanchis.

Le plan est d’offrir un tournoi à la ronde, mais voilà que deux des boxeurs de l’écurie ont quitté leur combat mal en point.

Germain a subi une blessure au pied ou à la cheville droit. On en saura plus cette semaine sur son état de santé, mais on peut penser qu’il sera tenu à l’extérieur du gymnase pour quelques semaines.

Théroux semblait mal en point après son combat, mais ne serait pas sérieusement blessé.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

David Théroux

Ulysse avait quant à lui l’air abattu d’un boxeur qui vient de subir une raclée, pas de celui qui vient de livrer « la meilleure performance de sa vie ».

Camille Estephan, le président d’EOTTM, a promis d’en dire plus sur l’état de santé de son poulain dans les jours à venir. Il semble que cette mise au point expliquerait également l’absence d’Ulysse au point de presse de lundi dernier.

Estephan et EOTTM seront-ils en mesure d’aller de l’avant avec ce projet qui devait animer plusieurs galas avant de culminer dans quelques mois avec la grande finale ?

Estephan ne semblait pas s’en faire outre mesure, quitte à changer la formule en cours de route. Il ne verrait pas d’objection à passer directement en finale, où Claggett et Ulysse s’affronteraient alors, en vertu de leurs trois points de classement chacun.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Le président d’EOTTM, Camille Estephan

Mais attention, il faudrait pour cela que Germain ou Théroux (ou les deux) soient tenus à l’écart de toute compétition pour plusieurs mois.

Quoi qu’il en soit, la formule est un succès. Il y avait longtemps qu’il n’y avait pas eu un engouement pareil envers une carte de boxe. La formule des combats locaux a de toute évidence toujours la cote.

« Il fallait faire quelque chose pour la carrière d’Ulysse, Germain et Claggett, a expliqué Estephan plus tôt cette semaine. Ce sont tous des gars qui sont sous contrat avec nous, mais qui n’avaient pas d’adversaire.

On a pensé à faire ce type de tournoi auparavant, car on a tellement de bons 140 livres. Batyr Jukembayev devait en faire partie, mais il a refusé. Alors on l’a remplacé par Théroux. C’est bon pour le business. Pas juste pour EOTTM, mais pour la boxe. Il n’y a rien d’autre qui se passe : avec ce tournoi, ça parle de la boxe au Québec.

Camille Estephan, président d’EOTTM

Le tournoi fera relâche pour le prochain évènement du groupe, qui devrait avoir lieu le 18 ou 19 décembre, dans un endroit qui reste à déterminer. Le poids lourd Arslanbek Makhmudov (11-0, 11 K.-O.) ferait les frais de la finale de ce gala, auquel participerait aussi le super-mi-moyen Sadriddin Akhmedov (11-0, 10 K.-O.), en plus de deux ou trois autres têtes d’affiche du groupe.

Par ailleurs, EOTTM serait à ficeler un combat entre les poids moyens Steven Butler (28-2-1, 24 K.-O.) et Francis Lafrenière (20-7-2, 11 K.-O.) pour janvier. Le Journal de Montréal a le premier rapporté la tenue de cet affrontement.

Si ces deux galas ont lieu, Eye of the Tiger aura ainsi organisé quatre galas en quatre mois après avoir été contraint à l’inactivité depuis février en raison de la pandémie de COVID-19.