(Rimouski) Yves Ulysse fils a fait mentir tous ceux qui ont douté de son état d’esprit au cours de la dernière semaine en déclassant complètement Mathieu Germain avant de signer une éclatante victoire par arrêt de l’arbitre au septième round.

Frédéric Daigle
La Presse Canadienne

Si Germain (18-2-1, 8 K. -O.) a tenu bon dans les premiers rounds, Ulysse (19-2, 10 K. -O.) a pris le dessus sur son adversaire à compter du quatrième, l’emportant par arrêt de l’arbitre Steve St-Germain au septième, après une deuxième chute au tapis.

« J’ai livré le meilleur combat de ma vie », a-t-il fait savoir par le truchement de Camille Estephan, le président d’Eye of the Tiger Management, qui a du même coup excusé l’absence de son boxeur à la conférence de lundi.

« C’est une très bonne raison, que j’ignorais moi-même, a dit Estephan. Yves fera une déclaration qui éclaircira la situation. En sachant cela, je lui pardonne. J’espère que les partisans et les médias en feront autant. »

Assis tout près d’Estephan, Ulysse, qui a mis la main sur les ceintures vacantes de la North American Boxing Federation (NABF) et World Boxing Council (WBC) francophone des super-légers, avait le regard vide et ne ressemblait en rien à un boxeur qui venait de l’emporter à la suite de la « plus belle performance » de sa vie.

Il a demandé aux journalistes de reporter l’entrevue. Son entraîneur, Rénald Boisvert, a précisé qu’il s’agit d’une raison médicale, sans vouloir en dire plus.

Il avait honnêtement l’air d’un homme qui a besoin d’aide et on ne peut que lui souhaiter de la trouver.

Boxeur dominant

Sur le ring, il y a longtemps qu’on n’avait pas vu Ulysse aussi hargneux. On a senti qu’il s’agissait d’une performance personnelle.

Ulysse a porté le coup de grâce au septième. Il a d’abord envoyé Germain au tapis à l’aide d’une combinaison couronnée d’un violent crochet de droite.

« Il m’a pincé, il m’a ébranlé et je suis tombé. C’est la boxe », a commenté Germain après avoir vu le médecin.

Après le compte de huit-prolongé quand St-Germain a dû repousser Ulysse dans le coin neutre-Germain s’est relevé, mais quelque chose n’allait pas avec sa cheville.

« Quand je me suis relevé, j’ai senti quelque chose dans mon pied déchirer. Je ne sais pas si c’est un ligament ou un muscle. Je ne sais pas si c’est en tombant, mais je sentais qu’il y avait quelque chose d’instable dans mon pied et je ne pouvais plus mettre de poids dessus. »

Germain ne s’en est jamais remis. Flairant le sang, Ulysse a amené son adversaire dans le coin. Ne pouvant se défendre adéquatement, Germain a préféré mettre un genou au sol et a fait signe à son coin qu’il ne pouvait plus continuer.

Tout au long de ce combat, on a senti Ulysse en mission. Il souhaitait visiblement faire payer le prix à Germain pour toutes les critiques et tous les commentaires acerbes dont il a été la cible.

Après le combat, Ulysse n’a pas manqué d’enguirlander ce dernier, forçant l’arbitre à s’interposer une fois de plus.

L’animosité entre les deux clans s’est poursuivie longtemps après la fin des hostilités, Germain demandant même au responsable des relations publiques d’EOTTM de s’assurer de ne pas croiser Ulysse après sa rencontre avec les médias.

« J’ai beaucoup de respect pour le boxeur, mais à mes yeux, ce n’est pas une bonne personne. On ne s’aime pas, bien honnêtement », a indiqué Germain.

Claggett trop fort pour Théroux

Le tournoi a été lancé de brillante façon par Steve Claggett et David Théroux.

Les deux boxeurs ont offert six rounds endiablés, mais au fur et à mesure que le combat avançait, Claggett (29-6-2, 19 K. -O.) prenait inlassablement le dessus.

Au sixième, l’Albertain a complètement dominé Théroux (16-4, 11 K. -O.) et son coin a intelligemment décidé de ne pas le renvoyer dans le ring pour le septième round.

Claggett inscrit donc un K. -O. technique dans ce premier combat du tournoi d’EOTTM, et met la main sur le titre jusqu’alors vacant de la North American Boxing Association (NABA) des super-légers.

Cette victoire éclatante lui vaut de se retrouver au premier rang du classement, à égalité avec Ulysse.

Une leçon pour Courchesne

Le Maskoutain Raphaël Courchesne (8-1, 3 K. -O.) s’est ensuite fait servir une leçon de boxe par le vétéran Josh Wagner (7-0, 5 K. -O.).

Le super-mi-moyen d’Edmonton, pourtant inactif depuis cinq ans sur la scène professionnelle, a signé une victoire par décision unanime, les trois juges lui octroyant un pointage de 59-55.

Wagner, ébranlé au premier, mais chirurgical par la suite, effectue un retour à la boxe professionnelle après avoir de son propre aveu « combattu ses démons » au cours des dernières années.

Il dit avoir visité le gymnase tous les jours au cours de la dernière année et avoir replacé sa vie sur les rails. Il est prêt à reprendre sa carrière en main et ce combat s’est avéré une excellente première page d’un nouveau chapitre.

Courchesne a exprimé le souhait d’obtenir un combat revanche, ce à quoi Wagner a répondu que si Courchesne souhaitait de nouveau se faire battre, il serait heureux de le lui accorder.

En début de soirée, le poids lourd Adam Dyczka (3-0, 1 K. -O.) a envoyé Jaye Byard (0-2) au tapis dès le premier round. Même si le Britanno-Colombien a mieux paru dans les rounds suivants, le boxeur de Granby a conservé sa fiche immaculée en l’emportant par décision unanime. Les trois juges ont remis des cartes de 38-37, 40-35 et 39-36.

Dyzcka n’était pas du tout heureux de sa performance après le combat. Il a admis avoir ressenti de la rouille tout au long des quatre rounds et estimait ne pas avoir livré un combat divertissant.

Byard ne l’a pas aidé, fonçant sur lui pour limiter son rayon d’action en plus de retenir en de nombreuses occasions.