(Montréal) Simon Kean n’a pas été déçu quand son promoteur lui a appris qu’il n’affronterait pas Tyson Fury pour le championnat du monde des lourds du World Boxing Council. Après tout, son attention a toujours été tournée vers Stan Surmacz.

Frédéric Daigle
La Presse Canadienne

« Fury, c’était comme la belle surprise qu’on n’attendait pas, a déclaré Kean en entretien avec La Presse Canadienne jeudi. Depuis le début, je me prépare pour affronter Surmacz le 21 novembre à Rimouski. Alors ça n’a pas changé grand-chose.

PHOTO TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE STAN SURMACZ

Le boxeur d'Edmonton Stan Surmacz.

« Quand la nouvelle (d’un éventuel combat contre Fury) est sortie, ça semblait déjà réglé. Mais plus le temps passait, moins ça semblait certain. J’ai peut-être eu une petite baisse de régime quand on a su que ça n’arriverait pas, mais je ne peux pas dire que je suis déçu. »

Feu vert de la Santé publique

Comme le malheur des uns fait le bonheur des autres, Camille Estephan, président d’Eye of the Tiger Management, retrouvait ainsi son éventuelle finale pour son gala du 21 novembre, au Colisée Financière Sun Life de Rimouski. Ne manquait plus que l’approbation de la direction de la Santé publique du Bas-du-Fleuve, ce que le promoteur a obtenu au cours des derniers jours, lui permettant d’annoncer officiellement la tenue de ce deuxième gala au Québec en pleine pandémie de COVID-19.

Kean (19-1, 18 K.-O.) vient au 27e rang du classement du WBC en vertu de la ceinture internationale Silver qu’il détient. Il la mettra en jeu contre Surmacz (12-1, 7 K.-O.), en plus de tenter d’ajouter le titre vacant de la North American Boxing Association (NABA), qui ouvre les portes du classement de la World Boxing Association.

« La WBA, c’est Anthony Joshua. Ce qui m’a permis d’être dans la conversation pour Fury, c’est la ceinture Silver, a noté Kean. Maintenant, je pourrais faire partie de la discussion avec Joshua. »

« Nous tenons à ajouter cette ceinture au palmarès de Simon puisqu’elle lui permettra de réintégrer les classements mondiaux, a quant à lui indiqué Estephan, par communiqué. Nous posséderions deux titres nord-américains majeurs avec Simon Kean et Arslanbek Makhmudov. Ceci nous permettra d’occuper une place de choix dans l’échiquier mondial chez les lourds ».

Un premier combat hors-Alberta

Surmacz, d’Edmonton, se battra ainsi pour la première fois de sa carrière hors de chez lui. Il a remporté son dernier combat par K.-O. contre le Mexicain Mario Rodriguez Juarez, le 6 décembre 2019. De plus, le pugiliste âgé de 30 ans a encaissé sa seule défaite en carrière par K.-O. technique contre le Canadien Tim Chemelli, le 10 mars 2017.

C’est un boxeur imprévisible. Il se déplace beaucoup, c’est un bon athlète. Il faudra être vigilant. Il voudra nous surprendre par ses déplacements.

Simon Kean

Ce gala mettra cinq combats à l’affiche. La première tranche du Carré d’As, le tournoi qu’EOTTM offrira avec quatre de ses représentants chez les 140 livres — Mathieu Germain, Yves Ulysse fils, Steve Claggett et David Théroux — occupera deux de ces combats.

« Nous sommes heureux de pouvoir mettre de l’avant ce tournoi dans la ville de Rimouski encore une fois. Il est important pour nous que cette carte de boxe se tienne au Québec, à la suite de notre dernier gala qui s’est avéré une grande réussite quant au respect des exigences sanitaires de la Santé publique », a souligné Estephan.

Les deux autres combats opposeront le Québécois Raphaël Courchesne à l’Albertain Josh Wagner chez les super-mi-moyens, ainsi que le Québécois Adam Dyczka au Britanno-Colombien Jaye Byard chez les poids lourds.

En confirmant la date du 21 novembre, cela signifie que les boxeurs impliqués se rendront dès samedi à Rimouski, où une bulle sera constituée. Le même protocole avait été utilisé pour le gala du 10 octobre à Shawinigan. La tenue de ce gala n’a pas provoqué de cas de COVID-19 chez aucun des participants, sur le ring comme à l’extérieur.