On ne parlera quand même pas de grandes retrouvailles, mais Jean Pascal (34-6-1, 20 K.-O.) et Badou Jack (22-2-3, 13 K.-O.), qui s’affrontent le 28 décembre à Atlanta, ont déjà partagé le même ring dans le passé. Le lieu : Big Bear, en Californie. Le contexte : une séance de sparring alors que le Québécois s’apprêtait à défier Sergey Kovalev pour la première fois, en 2015.

Pascal Milano Pascal Milano
La Presse

Le champion WBA des mi-lourds nous ramène dans le temps avec lui. « On a fait quelques rondes, mais dans ce temps-là, Badou Jack boxait chez les 168 lb. Il avait une bonne technique et une bonne rapidité, mais j’étais peut-être un peu trop lourd pour lui. Quand je mettais beaucoup de pression, je voyais que j’avais l’avantage. »

Les années ont passé et Badou Jack a, depuis 2017, fait le saut chez les mi-lourds. Pascal, lui, a reconquis la ceinture de la division à la surprise générale, cet été, face à Marcus Browne (23-1-0, 16 K.-O.). Et dans neuf jours, les deux hommes ne s’affronteront pas dans un petit gymnase de l’Ouest américain, mais sur le ring du State Farm Arena. Pascal y fera la première défense de son titre.

Ça se peut que ce soit un long combat.

Jean Pascal

« Chaque fois, il se présente avec une bonne condition physique et beaucoup de cardio. Son plan est d’épuiser l’adversaire pour passer le K.-O. ensuite. Voilà pourquoi je dois être en bonne condition physique et mentale. »

Justement, son camp s’est déroulé à merveille à ce niveau-là. Le physique tient le coup et le moral est excellent. Le Lavallois a tranquillement réduit la charge de travail pour refaire le plein d’énergie en vue du jour J. Avec le fameux sparring en tête, mais surtout en ayant visionné les derniers combats, il sait à quoi s’attendre de Badou Jack. Il vante notamment sa technique et sa bonne défense.

« Il n’a rien d’exceptionnel, mais il fait tout bien, dit-il en parlant de sa rapidité et de sa force de frappe. C’est pour ça que ça en fait un adversaire dangereux. Quand tu affrontes un boxeur exceptionnel dans un domaine, c’est possible de te concentrer sur cet aspect en particulier. Quand il est bon un peu partout, ça fait plusieurs choses à gérer en même temps et à contre-attaquer. »

Des adversaires en commun

Les CV de Pascal et de Jack affichent quelques points communs. Les deux ont notamment affronté Browne lors de leur dernier combat respectif. On le sait, le Québécois l’a emporté par décision unanime, ayant même envoyé l’Américain au tapis à trois reprises.

PHOTO JOHN LOCHER, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

En janvier 2019, Badou Jack s’est incliné contre Marcus Browne par décision unanime, après avoir subi une vilaine coupure durant le septième engagement.

De son côté, Jack s’est incliné contre Browne, également par décision unanime, après avoir subi une vilaine coupure durant le septième engagement. Jusque-là, Pascal jugeait le combat « un peu serré avec un léger avantage à Marcus Browne ». Le Suédois ne s’est plus battu depuis ce mois de janvier 2019. « Ça peut être un plus comme un moins », lance Pascal au sujet de cette inactivité.

Jack a également croisé le chemin de Lucian Bute en 2016, puis celui d’Adonis Stevenson en 2018. À ces deux occasions, la décision rendue sur le ring a été un verdict nul majoritaire [NDLR : le combat nul s’est transformé en disqualification pour Bute qui a échoué à un test antidopage].

C’est le fun pour les fans québécois, parce qu’ils connaissent déjà Badou Jack. Ça va être intéressant de voir ce que je vais pouvoir faire contre lui.

Jean Pascal

D’ici là, il ne faut pas s’attendre à une guerre de mots entre les deux hommes. Lors d’une rencontre avec les médias, à Las Vegas, Jack a complimenté Pascal sur son expérience et sa ténacité.

« Badou Jack est un boxeur respectable, un gentleman et un guerrier dans le ring, un peu comme moi. Je ne joue pas un jeu, je ne fais pas de pièce de théâtre. Si la personne est respectueuse envers moi, je vais l’être envers elle. Ce n’était pas le cas de Marcus Browne, qui n’avait pas un comportement de champion à l’intérieur et à l’extérieur du ring. C’est pour ça que lui et moi, ça a fait des flammèches. »