David Lemieux sait maintenant où et quand il livrera son premier combat chez les 168 livres. Autant la date que le lieu l’enchantent : le 7 décembre, au Centre Bell.

Frédéric Daigle
La Presse canadienne

« Ça fait du bien : enfin une date chez moi, au Centre Bell, a-t-il déclaré d’entrée de jeu. Une première à 168 livres. C’est le moment parfait pour montrer que je suis de retour. Je pense qu’après ce combat, les amateurs ne diront pas seulement que je suis de retour, mais que je suis solide. »

Quant à l’identité de son adversaire, elle réjouit particulièrement son entraîneur, Marc Ramsay.

« Comme entraîneur, on passe nos commandes à nos promoteurs, mais dans 95 % des cas, la cible parfaite comme adversaire, celle que tu veux absolument, tu ne l’obtiens pas, a-t-il dit mardi, lors de la conférence annonçant les principaux combats de cette carte qui s’annonce relevée. Mais dans ce cas-ci, et pour David, et pour Arslanbek (Makhmudov), on est tombé dessus. »

Lemieux (40-4, 34 K.-O.) affrontera pour l’occasion l’Ukrainien Max Bursak (34-5-2, 15 K.-O.), qui n’a jamais perdu avant la cloche finale. Le boxeur de 35 ans n’a visité le tapis qu’une seule fois en carrière.

« On parle d’un premier combat pour David à 168 livres, c’était important pour moi de ne pas rater notre entrée, a indiqué Ramsay. Mais on ne voulait pas une entrée trop facile non plus. On veut offrir un spectacle aux amateurs de boxe. On veut quelqu’un de résistant, qui va donner des rounds à David et qui va nous donner une chance d’évaluer David.

« C’est un gars plus grand, résistant physiquement. Je veux voir comment David va réagir et j’ai besoin d’un certain nombre de rounds pour ça. C’est le gars parfait pour nous donner cette évaluation. Il n’est peut-être pas le meilleur au niveau des aptitudes, mais il est très résistant, très fort. On a quelqu’un de solide entre les mains. »

« Bursak, c’est un adversaire très crédible, a ajouté Lemieux. Je ne l’ai pas encore étudié, mais je sais qu’il est très solide. Je ne sais pas quel genre de combat ça va donner, mais je sais que ça va (lui) faire mal. Vous allez voir le meilleur de Lemieux. […] C’est certain qu’où je suis rendu, c’est bien de faire des gros’statements’et c’est ce que je veux faire avec ce combat. »

Il est clair pour le clan Lemieux que Bursak ne se veut qu’une mise en bouche chez les super moyens, où Lemieux, 30 ans, est classé troisième aspirant du World Boxing Council (WBC). Si le boxeur et son promoteur, Camille Estephan, d’Eye of the Tiger Management, parlent toujours de Saul « Canelo » Alvarez — ils le font depuis maintenant trois ans —, Ramsay promet de ne pas brûler les étapes dans cette nouvelle division de poids.

« On va faire un combat à la fois, non pas en ayant que pour objectif un championnat du monde, mais en faisant une bonne évaluation : comment il se sent à ce poids, comment il sent les adversaires également. Les gars sont plus lourds, un peu plus lents, plus forts : faut voir comment il négocie avec tout ça. Cela dit, on parle (en Bursak) d’un adversaire de qualité, ça ne prendrait pas énormément de combats pour qu’il soit prêt (pour une ceinture). »

« Ça ne prendrait pas beaucoup de combats, a affirmé Lemieux. Je pense que celui-là et peut-être un autre ? Ma crédibilité, je l’ai déjà. On verra au prochain combat. »

« Camille écoute ses entraîneurs. Il me consulte beaucoup, a renchéri Ramsay. Il faut que je respecte les échéanciers que je lui donne, mais il me laisse beaucoup de latitude. Si j’estime qu’on n’est pas prêt, il respecte ça. »

Longue absence

Pour Lemieux, il s’agira d’un premier combat depuis septembre 2018, alors qu’il avait terrassé en moins de trois minutes Gary O’Sullivan. Depuis, il y a eu le rendez-vous manqué face à Tureano Johnson trois mois plus tard. Lemieux était tellement mal en point dans sa perte de poids qu’il avait dû être hospitalisé à New York, sonnant le glas de sa carrière chez les poids moyens.

Son arrivée chez les 168 livres, prévue le 4 mai dernier, avait aussi dû être reportée en raison d’une blessure à une main subie pendant son camp d’entraînement en vue de son combat face à l’Anglais John Ryder.

« Parfois on se dit qu’on est malchanceux, mais dans notre malchance, on a pu travailler beaucoup de choses, a noté Estephan. Je pense qu’à 168 livres, il va être beaucoup plus fort. À 160, il mettait toutes ses énergies à perdre son poids. Je pense qu’il va transporter sa puissance à 168 livres et ça va être très intéressant. »

« J’étais extrêmement déçu, surtout pour mes partisans. Mais ce n’était pas possible d’affronter Ryder avec la blessure que j’ai subie à l’entraînement, a indiqué Lemieux. J’ai fait tout ce que je devais faire pour revenir à 100 %. Je n’ai pas arrêté de m’entraîner : je devais me battre le 2 novembre, alors je suis prêt. Je suis très motivé. »

La boxe effectuera aussi un retour après une longue absence au Centre Bell, qui n’a pas accueilli de gala depuis juin 2017. Pour l’occasion EOTTM a prévu une carte de grande qualité.

Arslanbek Makhmudov (9-0, 9 K.-O.) défendra son titre NABF des poids lourds face à l’ex-champion du monde Samuel Peter (38-8, 31 K.-O.), tandis que Simon Kean (17-1, 16 K.-O.) se frottera aussi à un ancien champion du monde, Siarhei Liakhovich (27-7, 17 K.-O.). Le Biélorusse a représenté son pays aux Jeux olympiques de 1996 et a remporté une médaille de bronze aux Mondiaux de 1997.

Kim Clavel (10-0, 2 K.-O.), Sadriddin Akhmedov (9-0, 8 K.-O.), Raphaël Courchesne (8-0, 3 K.-O.), Lexson Mathieu (6-0, 5 K.-O.), Mathieu Germain (17-1-1, 8 K.-O.), Avery Martin Duval (3-0, 2 K.-O.) et Adam Braidwood (14-2, 13 K.-O.) seront également en action.