(Montréal) Le poids lourd britannique Dillian Whyte, soupçonné de dopage en marge de son combat pour le titre intérimaire du World Boxing Council (WBC) contre le Montréalais Oscar Rivas, vient d’être suspendu provisoirement par l’organisme. Ce qui n’empêchera pas le promoteur de Rivas, Yvon Michel, de poursuivre l’organisme britannique qui a autorisé la tenue de ce combat.

Frédéric Daigle
La Presse canadienne

Mercredi dernier, BoxingScene.com révélait que l’échantillon A de Whyte comprenait deux stéroïdes anabolisants. Les résultats de ce test auraient été connus dès le 17 juillet par le clan Whyte, l’Agence britannique antidopage (UKAD), ainsi que la Régie de boxe britannique, le British Boxing Board of Control (BBBC), qui a toutefois permis la tenue du combat Whyte-Rivas, le 20 juillet dernier.

« Je n’ai jamais vu ça de toute ma carrière, a déclaré Michel, président de GYM, au cours d’un entretien téléphonique avec La Presse canadienne. Quand Deontay Wilder a vu son combat contre Aleksander Povetkin annulé à cause de dopage, il est rentré chez lui, a poursuivi le promoteur, et il a gagné. La même chose est arrivée à Bermane Stiverne quand il devait affronter Povetkin pour la position d’aspirant obligatoire. Povetkine a de nouveau été trouvé coupable de dopage et le WBC a déclaré Stiverne aspirant obligatoire. »

« Je ne peux pas croire qu’un organisme comme le BBBC ne nous ait pas informés, encore moins qu’il ait laissé le combat avoir lieu comme si de rien n’était. Ces gens ont mis en danger la vie d’Oscar Rivas et c’est inacceptable », a ajouté Michel, qui compte exiger une compensation monétaire pour son boxeur, en plus d’évaluer la possibilité d’intenter des procédures judiciaires contre l’organisme.

« Nous travaillons, le gérant d’Oscar, Stéphane Lépine, et moi avec nos avocats afin de voir quelles sont nos options à ce sujet. »

PHOTO BRADLEY COLLYER, AP

Dillian Whyte (à gauche) atteint Oscar Rivas (à droite) lors de leur combat du 20 juillet dernier

Sur son site internet, le WBC indique qu’en vertu des résultats du test antidopage mené sur son échantillon A, l’organisme « suspend provisoirement Dillian Whyte jusqu’à ce que les résultats de l’enquête du WBC et du processus d’arbitrage soient connus ».

En vertu de cette décision, le WBC ajoute que Whyte n’est plus champion intérimaire des lourds et n’est plus l’aspirant obligatoire au champion, Deontay Wilder. Le WBC n’a pas donné de précision quant au statut de Rivas à la suite de cette suspension provisoire, pas plus que sur le résultat du combat.

« On a déjà averti le WBC que si Whyte s’avère être coupable de dopage, nous allons exiger qu’Oscar soit déclaré aspirant obligatoire », a indiqué Michel.

Selon les règles en vigueur, l’UKAD ne considère pas qu’un boxeur soit en contravention des politiques antidopage avant que le processus de dopage ne soit complété, ce qui empêche le BBBC d’imposer une sanction. Whyte a interjeté appel et l’analyse de son échantillon B déterminera s’il est coupable ou non.

Même s’il a visité le tapis au neuvième round, Whyte a inscrit une victoire par décision unanime face à Rivas avec des pointages de 115-112 (deux fois) et 116-111.

En 2016, quand Lucian Bute a été trouvé coupable de dopage à la suite de son combat nul contre Badou Jack pour le titre des super-moyens du WBC, la décision avait été modifiée en défaite par disqualification pour le Québécois. Jack, déjà détenteur de la ceinture qu’il défendait à l’époque, avait vu ce nul transformé en victoire à sa fiche.