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Valérie Létourneau : « Pas certaine de faire un autre combat »

Valérie Létourneau... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE)

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Valérie Létourneau

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Avec l'âge, les blessures sont de plus en plus difficiles à camoufler. Avec l'âge, la crainte de faire le combat de trop prend de plus en plus d'espace dans la réflexion.

Avec ces arguments dans la balance, la combattante d'arts martiaux mixtes Valérie Létourneau (10-7-0) n'est « pas certaine de faire un autre combat ». À 36 ans, elle a plutôt atteint le cap où elle se montrera particulièrement sélective dans ses choix afin de ne pas compromettre ses projets d'après-carrière.

« Si on m'offre un combat pour lequel je sens des étincelles à l'intérieur, je vais le prendre. Mais je ne veux pas me battre pour me battre », dit-elle à propos de son avenir dans un octogone.

La Québécoise s'est battue aux quatre coins du monde dans quelques-unes des organisations les plus prestigieuses du monde, comme l'Ultimate Fighting Championship (UFC) et Bellator. Cela fait plus de 20 ans qu'elle traîne dans les gymnases du Québec et des États-Unis. Elle a commencé sa carrière professionnelle en 2007 et a disputé deux combats de championnat du monde dans les quatre dernières années.

« J'ai fait tout ce qu'il y avait à faire dans le monde des combats. »

- Valérie Létourneau

Le 18 juin 2016 Valérie Letourneau a reçu 115 coups en... (PHOTO MARC DESROSIERS, ARCHIVES USA TODAY SPORTS) - image 3.0

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Le 18 juin 2016 Valérie Letourneau a reçu 115 coups en deux rounds et demi contre Joanne Calderwood.

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« Ma motivation, ce sont des combats qui me challengent avec des adversaires qui me font presque peur et qui me poussent à m'entraîner fort. Ça, ça me donnerait le goût de me battre encore. Mais j'arrive à une étape où le combat doit valoir plus la peine qu'avant. »

Contre Joanna Jedrzejczyk le 15 novembre 2015, Valérie Létourneau a... (PHOTO ANDY BROWNBILL, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS) - image 4.0

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Contre Joanna Jedrzejczyk le 15 novembre 2015, Valérie Létourneau a reçu 220 coups.

PHOTO ANDY BROWNBILL, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Comme le veut l'expression consacrée, Létourneau a été au coeur de véritables guerres dans un octogone. On pense à sa défaite contre Joanna Jedrzejczyk, au cours de laquelle elle a absorbé 220 coups significatifs. Lors du combat suivant, face à Joanne Calderwood, ce sont 115 coups qu'elle a reçus en l'espace de deux rounds et demi. Ces duels, mais aussi les impacts subis lors des différents camps d'entraînement, alimentent sa réflexion.

« L'histoire d'Adonis Stevenson m'a aussi fait énormément réfléchir. C'est arrivé deux semaines avant mon dernier combat [en décembre 2018]. Ça m'a vraiment choquée. »

- Valérie Létourneau

« J'en ai vu, des athlètes se faire knocker, mais Adonis, c'est quelqu'un qui est fait fort et que l'on voit comme invincible. Ça fait réfléchir. Tu te dis : "Est-ce que c'est un combat de trop ?" Je ne veux pas faire mon combat de trop au point de... dit-elle sans terminer sa phrase. Il faut que ça en vaille la peine. »

Dans les derniers mois, Létourneau en a profité pour mener des projets personnels à terme, passer du temps avec sa fille ou voyager en Espagne avec sa mère et sa soeur. « Ça fait longtemps que je voulais faire ça. »

Elle ne s'est plus battue depuis sa défaite en championnat du monde face à Ilima-Lei Macfarlane, le 15 décembre dernier. Pour revivre un tel événement, il lui faudrait maintenant repartir sur une lancée victorieuse, ce qui pourrait prendre un an et demi ou deux.

« Ça ne me tente pas de combattre quatre ou cinq fois pour revenir dans un combat de championnat du monde, prévient-elle. Je ne sais pas si mon corps va tenir tout ce temps avec, surtout, tous les camps d'entraînement à faire. Puis, j'ai d'autres projets que je reporte. »

« À 30 ans, je pensais qu'il me restait un an. À 32 ans, c'était la même chose. Le bon moment pour arrêter, c'est nous autres qui le ressentons en dedans. »

- Valérie Létourneau

Durant sa carrière, la Québécoise s'est battue aux... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE) - image 8.0

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Durant sa carrière, la Québécoise s'est battue aux quatre coins du monde.

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Aider les jeunes

Létourneau nous a donné rendez-vous au Mansfield Club Athlétique, où elle donne des cours de kickboxing tout l'été. Clin d'oeil du destin, c'est elle qui avait démarré le programme, il y a quelques années, avant de déménager en Floride.

Pour la suite, quels sont ses projets ? Elle imagine une implication auprès des jeunes en se basant sur son propre parcours de vie, qui a été tout sauf linéaire.

« J'ai commencé à faire du sport dans les centres jeunesse et c'est ça qui m'a aidée. Mon surnom est Trouble et j'étais vraiment une trouble kid. Je veux que les jeunes trouvent une passion, pas seulement dans le sport, qui va changer leur vie, ou une job qu'ils aiment. »

« Je veux faire comprendre [aux jeunes] que c'est possible de faire une chose qui les passionne même si personne ne croit en eux. »

- Valérie Létourneau

À cet égard, Létourneau se revoit à plusieurs étapes de sa vie ou de sa carrière. Les arts martiaux ont été salvateurs au début de son histoire. Par la suite, le sport l'a poussée à prendre certaines décisions majeures, comme celle de déménager à Coconut Creek, en décembre 2012.

« Au Québec, tu as un coach à Pointe-Claire ou un coach à Québec. Ton coach de lutte ne parle pas à celui de boxe ou à celui de conditionnement. C'est difficile d'avoir une bonne dynamique pour un athlète. Chez American Top Team [où elle s'entraîne], on parle d'un gymnase de 40 000 pi2 avec tous tes entraîneurs au même endroit. Ils savent tout ce que tu as fait dans la journée. »

Le contexte québécois - qui lui tient à coeur et pour lequel elle souhaite aussi s'impliquer - est d'autant plus difficile pour les femmes en raison d'un faible bassin. C'était vrai à son début de carrière, ça l'est encore aujourd'hui, dit-elle, en se basant sur le quotidien de son amie Corinne Laframboise.

« Au niveau amateur et professionnel, il n'y a pas beaucoup de femmes qui font ça au Québec. Et comme elles risquent de se battre les uns contre les autres, elles ne veulent pas s'entraîner ensemble », souligne-t-elle avant d'aborder la hausse du calibre à l'étranger.

« Les femmes ont maintenant la chance d'avoir des gens qui s'investissent dans leur camp. Avant, on n'en avait rien à foutre, on était juste une perte de temps. Je me rappelle une équipe où j'étais la seule femme. J'étais la dernière dans le coin et j'étais avec le gars avec qui personne ne voulait être. Tu n'as pas le coaching. Ça, ça a beaucoup changé. »




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