(Los Angeles) L’Américain Deontay Wilder martyrise ses adversaires avec ses poings et fait mal avec ses mots, mais le champion WBC des poids lourds a encore dérapé, en espérant la mort de son compatriote Dominic Breazeale qu’il affronte samedi à New York.

Agence France-Presse

Il peut devenir l’égal de trois légendes de la catégorie reine de la boxe, Muhammad Ali, Mike Tyson et Lennox Lewis, en défendant victorieusement pour la neuvième fois son titre conquis en janvier 2015.

Mais Wilder a terni sa réputation et son palmarès — 40 victoires, dont 39 avant la limite, et un nul — avec une énième provocation de très mauvais goût.

« Sa vie est en jeu durant ce combat, et je le pense vraiment », a-t-il déclaré en amont de son duel face à Breazeale.

« Je cherche toujours à avoir un cadavre à mon palmarès », a-t-il rappelé, en écho aux propos qu’il avait tenus en mars 2018.

« Je veux qu’il y ait un mort à mon palmarès, j’en veux un, vraiment », avait-il alors déclaré, ce qui lui avait valu une suspension de sa licence par la commission sportive de l’État de New York.

À 33 ans, Wilder a donc récidivé avant son combat contre un adversaire que la WBC l’a sommé d’affronter et qu’il déteste depuis une réunion de boxe organisée dans sa ville natale de Birmingham, en Alabama, en 2017.

Breazeale avait menacé le frère de Wilder et le champion WBC, furieux, l’avait déjà mis en garde.

PHOTO JAYNE KAMIN-ONCEA, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

Dominic Breazeale

« Je lui avais dit : “Ne reviens jamais dans ma ville pour menacer un membre de ma famille, ne fais plus jamais ça”. S’il devait mourir, je ne vais pas présenter mes excuses et il l’aura bien cherché », a-t-il expliqué.

« Je suis l’élu »

« Je suis quelqu’un qui dit la vérité, je m’en fous d’être politiquement correct », a insisté Wilder.

Même s’il peut prétendre au titre officieux de meilleur lourd en activité, Wilder, 33 ans, n’a pas les faveurs des géants de la télévision à la séance américaine et n’a disputé pour l’instant qu’un seul combat à Las Vegas.

Il reste, il est vrai, sur un nul face au Britannique Tyson Fury, en décembre dernier à Los Angeles, qui a écorné sa réputation, d’autant qu’il est passé tout près de la défaite.

Le combat que le monde de la boxe attend est un alléchant duel entre Wilder et le Britannique Anthony Joshua (22 victoires en autant de combats), qui détient les titres WBA et IBF mais ne semble pas pressé de défier l’Américain.

En attendant, Wilder continue d’entretenir sa sulfureuse réputation à coups de déclarations-chocs.

« Je veux vraiment faire très mal à Breazeale », a-t-il déclaré jeudi lors de sa dernière conférence de presse.

« Un gars comme lui ne peut pas me battre. Il n’y a que dans ses rêves qu’il va s’approcher de mon titre. Mes poings vont parler pour moi, je suis l’élu », a assuré le géant de 2,01 m.

Breazeale, qui a perdu son seul combat pour un titre mondial (IBF), en 2016 contre Joshua, sa seule défaite pour 20 victoires, dont 18 par K.-O., lui a répondu avec des déclarations tout aussi menaçantes.

« Il ne sait pas à quoi il va s’exposer, cela sera le combat le plus difficile de sa vie. Je vais le battre tellement nettement qu’il n’aura plus jamais envie de remettre ses gants », a-t-il promis.