Marie-Ève Dicaire assurera la première défense de son titre mondial IBF des super-mi-moyennes contre la Dominicaine Lina Tejada le 23 mars au Casino de Montréal. Ce combat sera le prélude à une autre année chargée pour la boxeuse québécoise.

PASCAL MILANO LA PRESSE

Objectif : Braekhus

Le programme de Dicaire sera chargé en 2019 avec quatre combats prévus, soit en mars - contre Tejada -, en juin, en septembre et en décembre. « Je ne suis pas capable de m'arrêter deux secondes. J'ai besoin d'être active, mais je sais qu'on va être en mesure de bien gérer les repos à travers ça », précise Dicaire. Si tout se déroule parfaitement, un combat d'unification est prévu à la fin de l'année. Hanna Gabriels et Ewa Piatkowska détiennent respectivement les ceintures WBA et WBC chez les 154 livres. « Après ma victoire en décembre, j'ai dit que c'était bien de gagner une ceinture, mais que j'en voulais plus. Mon plan est l'unification, descendre à 147 livres et aller défier Cecilia Braekhus. Par contre, je suis consciente qu'il y a des étapes et que j'ai encore des choses à travailler avant d'en arriver là. »

Une petite revanche

Hier, il a beaucoup été question de Marisa Gabriela Nunez, que Dicaire a difficilement battue par décision majoritaire en février 2018. Selon le clan de la boxeuse, Tejada possède un style assez semblable à celui de l'Argentine. « Je ne crois pas que Tejada pourra imposer son rythme, mais Marie-Ève devra rester alerte, précise son entraîneur Stéphane Harnois. Par rapport à Nunez, son style est plus échevelé, mais elle est plus forte physiquement. Elle va venir ici pour knocker Marie-Ève. » Pour Dicaire, affronter Tejada est une façon de tourner la page sur « son combat le plus difficile en carrière ». Elle explique : « D'avoir une telle adversaire, qui va mettre de la pression continue, qui va attendre ma main gauche pour contre-attaquer et qui lance des bombes, c'est une manière de passer à autre chose. »

Un camp un peu différent

Elle ne connaissait ni la date de son combat ni son adversaire, mais Dicaire a démarré son camp d'entraînement dès la première semaine de janvier. Elle l'a surtout fait avec quelques ajustements. Par exemple, elle dispose maintenant d'une chambre hyperbare afin de mieux récupérer. Elle a aussi repris l'entraînement cérébral avec un neuropsychologue, un aspect qu'elle avait mis de côté lors des derniers combats. « C'est beaucoup plus facile de travailler avec une personne reposée et qui écoute à 200 % », dit Harnois. Ce dernier s'est par ailleurs chargé de lui rappeler son nouveau statut de proie dans la division des 154 livres. « C'est beaucoup plus dur de rester champion que de le devenir. J'ai beaucoup travaillé avec elle pour ne pas tomber dans une zone de confort. »

Une popularité en hausse

Il n'y a pas que les défenses et le combat d'unification en vue pour Dicaire en 2019. Le promoteur Yvon Michel espère faire mousser encore davantage la popularité de la pugiliste. « On veut conserver cette visibilité de façon à ce qu'elle devienne extrêmement populaire au Québec. Elle a le potentiel pour l'être comme Éric Lucas et Lucian Bute, mais elle va devoir continuer à s'améliore et à donner des performances comme celle du 1er décembre. » Depuis son titre, elle a d'ailleurs pu tester sa popularité croissante - même dans un tout-inclus à Cuba. « Ça a grimpé depuis le combat contre Nunez, précise Dicaire. Depuis la victoire contre [Chris] Namus, je suis encore dans des émissions. Ce qui est plaisant, c'est que ce sont des émissions grand public qui permettent de faire connaître la boxe par mon entremise. »