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Steve Bossé: «Les sports de combat m'ont sauvé»

Steve Bossé a décidé d'accrocher ses gants. Il... (Photo Robert Skinner, archives La Presse)

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Steve Bossé a décidé d'accrocher ses gants. Il aura livré plusieurs batailles. Sur la patinoire, dans l'arène. Et dans la vie.

Photo Robert Skinner, archives La Presse

La tristesse et la nostalgie, très peu pour lui. À l'heure de la retraite, Steve Bossé retient plutôt la fierté d'avoir su remettre sa vie sur les rails malgré les épreuves et des problèmes de consommation.

Il attribue le mérite aux sports de combat dans ce cheminement qui l'a aujourd'hui mené à une vie rangée de pompier sur la Rive-Sud.

«Ça m'a sauvé. Sans les sports de combat, je ne sais pas ce qui aurait pu arriver. J'en voulais à la vie, j'avais le mal de vivre et j'étais bourré de rage. C'est dangereux quand tu n'as rien qui te retient ici», confesse l'ancien combattant et boxeur en entrevue.

Petit retour en arrière. Steve, «p'tit gars renfermé» de Saint-Jean-sur-Richelieu, a 12 ans lorsque son père meurt à la suite d'une maladie. À la fin de l'adolescence et même au début de sa vie d'adulte, cette peine s'exprime par une trop grande agressivité. «Je voulais toujours me battre», reconnaît-il. Il pratique alors la boxe «comme loisir».

Quelques années plus tard, ses poings lui permettent de gagner sa croûte. Il fait régner la terreur sur les glaces de la Ligue nord-américaine de hockey (LNAH), amassant jusqu'à 253 minutes de pénalité lors des 22 matchs de la saison 2006-2007. Il suit des cours de boxe pour améliorer sa technique. Les combats s'enchaînent à un rythme effarant, la foule l'acclame, mais en coulisses, le mal-être s'accentue.

«Je me suis enfoncé avec une consommation vraiment intense d'alcool et de drogue. Je consommais non-stop du jeudi au dimanche. Entre le lundi et le mercredi, je récupérais pour être juste capable de vivre et de manger. Je reprenais mes forces pour pouvoir jouer au hockey le week-end. C'est durant cette période que j'ai atteint les bas-fonds», tranche-t-il.

Au début, le passage aux arts martiaux mixtes, en juin 2007, n'arrange pas la situation. Ce n'est qu'après son troisième combat, et sa première défaite en carrière face à l'Argentin Icho Larenas, qu'il décide de prendre le problème à bras le corps. «Le combat avait lieu le vendredi et j'avais passé le week-end précédent à consommer. À cette époque, j'étais incapable de m'arrêter. En fait, je n'étais pas bien à jeun et je n'étais pas mieux en consommant. Il fallait que quelque chose se passe.

«Cette défaite m'a fait mal parce que je savais que je n'avais pas fait le nécessaire dans le gymnase. Ça n'a pas été facile, mais j'ai arrêté l'alcool et la drogue. J'ai fait de l'ordre, j'ai tassé les mauvaises fréquentations et puis tout a évolué pour le mieux. Je suis mis à bien manger, à bien dormir et à faire deux entraînements quotidiens pendant six jours chaque semaine.»

Bossé remporte ses huit combats suivants, dont la ceinture Ringside MMA des poids lourds-légers (205 livres). Libéré de ses vieux démons et abstinent depuis maintenant six ans, il peut même se mettre à rêver. Tout devient alors possible à ses yeux. «J'étais dans les Alcooliques anonymes. Un jour, un gars qui m'aidait et qui était pompier à Montréal m'a demandé pourquoi je ne ferais pas la formation de pompier. J'y suis allé, et c'est là que tout a débloqué.»

Aujourd'hui, Bossé est pompier à Saint-Constant et l'heureux papa de Mayson, né en février dernier. La vie de famille le comble de bonheur. «J'ai changé et j'ai vieilli, mais j'ai tellement évolué que mon épouse ne me croit pas quand je lui parle de la personne que j'étais. Ceux qui ne me connaissaient pas avant ne me croient pas. Je ne suis aucunement agressif, je suis un gars super à sa place et calme.»

Un horaire chargé

Au cours des dernières années, Bossé a rejoint l'Ultimate Fighting Championship (UFC) le temps de trois combats (2-1-0). Il a aussi effectué ses débuts comme boxeur avec, comme dernière sortie, un duel perdu face à Jean Pascal en juillet.

Durant ce camp d'entraînement, il a d'ailleurs subi une déchirure au biceps droit qui a nécessité une opération, puis un arrêt de travail de quatre mois. L'horaire de pugiliste devenait de plus en plus compliqué à gérer.

«En plus de ma job à la caserne, je m'occupe de l'entreprise familiale [de bois de foyer]. Depuis 2012, j'ai ces deux jobs à temps plein et, quand je prends un combat, je m'entraîne 10 semaines. Après six mois sans aller au gymnase, il me fallait un mois pour me remettre à niveau et un deuxième pour peaufiner mes skills. Mais ça fonctionnait pour moi.»

Les messages ont déboulé sur sa page Facebook à l'annonce de sa retraite lundi soir. Il reconnaît avoir été surpris par le nombre de réactions et de témoignages. «Il y a des professeurs qui me demandent d'aller parler dans les écoles. C'est intéressant et je pense que j'ai quelque chose à apporter aux jeunes qui sont peut-être dans la même position que j'étais.»




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