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Son nom est Olivier, pas GSP

C'est grâce à l'émission L'ultime combattant qu'Olivier Aubin-Mercier... (Photo Édouard Plante-Fréchette, La Presse)

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C'est grâce à l'émission L'ultime combattant qu'Olivier Aubin-Mercier s'est fait un nom. Ancien membre de l'équipe nationale de judo, il cogne maintenant aux portes de l'UFC.

Photo Édouard Plante-Fréchette, La Presse

«C'est le prochain GSP.» Cette phrase, Olivier Aubin-Mercier l'a souvent entendue. Depuis qu'il a lâché le judo pour les arts martiaux mixtes il y a quatre ans, la comparaison lui colle à la peau. Et franchement, le combattant de 25 ans commence à en avoir marre.

«J'ai le rêve de devenir champion un jour. Mais bon, les gens me comparent à Georges St-Pierre... C'est beaucoup trop! lâche le plus brillant espoir québécois dans son sport, en entrevue avec La Presse. Lui, à mon âge, il était déjà dans l'UFC et se battait pour la ceinture. Moi, je ne me donne pas comme défi d'imiter Georges. Ce serait stupide.»

Il est vrai qu'à 25 ans, St-Pierre avait déjà remporté son premier titre à l'Ultimate Fighting Championship (UFC). Olivier Aubin-Mercier, lui, n'a même pas encore livré un combat dans l'organisation. Mais il s'approche de son rêve.

Le Québécois participe à la téléréalité L'ultime combattant. La série télé créée en 2005 par l'UFC permet à de jeunes athlètes de se faire valoir au petit écran. Le vainqueur obtient un contrat dans la prestigieuse organisation.

Dans les dernières semaines, Olivier Aubin-Mercier a fait des flammèches. Il a remporté ses deux combats à l'émission. Le second, diffusé dans le cadre d'un épisode cette semaine, s'est terminé par une habile soumission au premier round.

Résultat, le combattant va participer à la finale le 16 avril à Québec. Ce soir-là, au Colisée, il va affronter le Canadien Chad Laprise. Au vainqueur les honneurs et l'UFC.

«Que je perde ou que je gagne, ça va me faire un nom. C'est sûr que ce serait mieux que je gagne, mais même si je perds en finale, ça ne veut pas dire que je ne serai pas dans l'UFC, explique Aubin-Mercier. Ils peuvent venir me chercher s'ils ont aimé la performance.»

Bien à sa place

Il est facile de comprendre pourquoi certains ont osé comparer Aubin-Mercier à Georges St-Pierre. Il est, comme lui, issu du monde des arts martiaux. Il a un style de combat similaire. Et il dégage cette même aura du bon gars.

«Olivier n'a pas l'image du combattant que les gens se font. Il n'a pas la tête rasée, n'est pas plein de tatouages et ne traîne pas dans les bars. C'est un petit gars bien à sa place, explique Nicolas Gill, qui a entraîné Aubin-Mercier au judo. Je pense que c'est le genre de combattant que toute organisation veut avoir. Dans un sport parfois très violent et ayant, par moments, une image pas très reluisante, je pense qu'il apporte un vent de fraîcheur. Au même titre que Georges St-Pierre. Je pense que, sur le plan de l'image, ils viennent du même moule.»

Olivier Aubin-Mercier a grandi en banlieue sud de Montréal. Il a commencé le judo un peu sur le tard, à 13 ans. «Ça a changé ma vie», dit-il. À cet âge, il faisait pas mal de «mauvais coups». Le judo lui a donné une discipline.

Il a intégré l'équipe nationale, mais a toujours été le deuxième dans sa catégorie de poids. Il n'avait donc pas droit au financement et ne pouvait pas participer aux plus prestigieuses compétitions. Un peu fatigué d'être en marge et en quête de nouveauté, il a décidé d'essayer un nouveau sport.

«Si Olivier avait persévéré, il aurait fait les championnats du monde et aurait été dans la course pour aller aux Jeux, croit Nicolas Gill, entraîneur-chef de l'équipe nationale de judo. C'est un excellent athlète.»

Un long chemin

À 20 ans, donc, il a consacré toutes ses énergies aux arts martiaux mixtes (AMM). Il a appris le jiu-jitsu brésilien et s'est plus tard mis à la boxe. Au départ, il s'était fixé un échéancier ambitieux: quelques combats amateurs, le saut chez les pros après un an et un contrat à l'UFC après deux ans.

Quatre ans plus tard, il constate que les choses n'ont pas été si simples. Il a remporté tous ses combats et tous s'entendent pour parler d'un bel espoir. Mais dans le petit marché québécois, il a peiné à se trouver des duels. «Je voulais me battre quatre fois par année, mais je ne trouvais tout le temps que deux combats», dit-il.

Quand l'offre de participer à la série L'ultime combattant s'est présentée, il était tout d'abord sceptique. «J'avais cinq minutes d'expérience dans la cage à ce moment-là!», lâche Olivier Aubin-Mercier, qui a remporté ses premiers combats de manière expéditive.

«Le temps passait et je stressais. J'ai ma fille, je suis encore chez mes parents, l'argent n'entrait pas. Je me suis dit que c'était peut-être la chance que je devais saisir. Je me suis dit que j'allais prendre mon expérience dans le show», explique-t-il.

Le pari a réussi. Il a gagné son premier combat par décision, son second par soumission. Et le voilà qui se dirige vers un duel contre Chad Laprise, Ontarien de 27 ans toujours invaincu.

Le combat du 16 avril sera lourd de conséquences pour le Québécois. Une victoire lui ouvrirait les portes de l'UFC. Ce serait l'occasion non pas de marcher dans les pas de GSP, mais de défricher son propre chemin.

«Je suis quelqu'un de réaliste. Mon but n'est pas d'avoir la carrière de Georges. Mon but, c'est d'avoir ma carrière, un peu plus sobre, dit-il. Oui, j'ai l'idée de devenir champion. Oui, j'ai l'idée d'avoir une longue carrière dans l'UFC. Mais ce sont des rêves. On va voir!»




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