Qu'il prenne ou non sa retraite à l'issue de son combat de samedi, qu'il défasse Johny Hendricks ou qu'il soit défait par lui, Georges St-Pierre n'a plus rien à prouver. Il a déjà assuré sa place dans l'histoire de son sport, selon le propriétaire de l'Ultimate Fighting Championship (UFC), Lorenzo Fertitta.

Gabriel Béland LA PRESSE

«Georges est au sommet de sa division depuis tellement d'années. Anderson Silva et Georges St-Pierre vont entrer dans les livres d'histoire comme les champions les plus dominants de notre sport, c'est indiscutable», a lancé M. Fertitta lors d'un entretien avec La Presse.

L'UFC célébrait hier son 20e anniversaire. Vingt années qui ont vu les arts martiaux mixtes passer du sous-sol aux feux de la rampe. Vingt années à créer des champions, dont un certain Georges St-Pierre.

Fertitta a acquis l'UFC en janvier 2001, en compagnie de son frère, pour deux millions de dollars. La valeur de l'homme d'affaires est aujourd'hui estimée à 1,3 milliard. Fertitta sait qu'il doit la croissance de son sport - et de son entreprise - aux athlètes. Et, parmi ceux-ci, à Georges St-Pierre avant tout.

«L'impact de Georges sur l'UFC est énorme. Il a été découvert par nos dépisteurs. Il avait une bonne réputation au Canada; alors rapidement, il est apparu sur nos radars, rappelle le milliardaire. Il semblait prêt à combattre dans la grande ligue, mais aucun de nous ne soupçonnait l'impact incroyable qu'il aurait sur l'UFC et les arts martiaux mixtes.»

«Le plus populaire»

St-Pierre a livré son premier combat dans la prestigieuse organisation trois ans après son achat par les frères Fertitta. C'était le 31 janvier 2004, à Las Vegas. Le Québécois avait empoché 6000 $ pour sa soirée.

«Il est arrivé et personne ne le connaissait. Il a commencé à la dure, dans des combats de la sous-carte, se rappelle Fertitta. Tranquillement, il a fait son chemin jusqu'aux combats principaux. Il était très excitant. Et aujourd'hui, il est le combattant le plus populaire de l'UFC. Il n'y a aucun doute là-dessus.

«Il n'est pas seulement le plus populaire au Canada, mais bien le plus populaire dans l'UFC, point, ajoute Fertitta. C'est même l'athlète le plus populaire de l'histoire du Canada.»

Wayne Gretzky aurait peut-être un mot à dire là-dessus, mais il n'était pas disponible hier pour une entrevue...

La retraite?

Les rumeurs qui envoient Georges St-Pierre à la retraite n'empêchent pas le grand patron de l'UFC de dormir. «On va soutenir Georges peu importe ce qu'il choisit, s'il veut continuer de combattre ou pas, dit Lorenzo Fertitta. Mais on pense que Georges a encore une carrière devant lui. Il est encore jeune, il est encore en santé.»

M. Fertitta explique avoir une relation franche avec St-Pierre. Les deux hommes ont discuté de la retraite de St-Pierre. Qu'est-ce qui ressortait de ces échanges? M. Fertitta n'en dit pas long, mais ne dissipe aucunement les rumeurs de retraite imminente.

«Quand on leur pose la question de la retraite, les combattants répondent différemment selon ce qui se passe dans leur vie, dit-il. Quand un combattant est au milieu d'un camp d'entraînement ardu, il se demande parfois s'il est capable, s'il veut revivre ça une fois de plus. Il est fatigué.

«Puis il gagne le combat, part en vacances quelques semaines et a envie de combattre pour les cinq prochaines années, poursuit-il. Alors on prend les choses au jour le jour avec Georges.»

Le patron de l'UFC pense par ailleurs que son organisation aura un avenir au Canada même sans St-Pierre. Il reconnaît néanmoins que le Québécois aide à vendre des billets. Les deux soirées qui ont attiré les plus grosses foules de l'histoire de l'UFC ont eu lieu au Canada et mettaient en vedette St-Pierre: 55 724 spectateurs au Rogers Center de Toronto en 2011 et, un an plus tôt, 23 152 spectateurs au Centre Bell à Montréal.

«On continue de chercher de nouveaux talents au Canada, comme Rory MacDonald. On filme présentement la série The Ultimate Fighter à Montréal, dit-il. La série est l'un de nos meilleurs outils pour la détection de talents. Il y a plusieurs excellents combattants au Canada, en proportion de la population.»

Et St-Pierre, combien touchera-t-il samedi soir à Las Vegas? Les bourses sont un secret d'État à l'UFC, mais on estime que le champion empoche désormais 5 millions par combat, loin des 6000 $ qu'il a gagnés à ses débuts. La trajectoire est fulgurante. Tout comme celle de l'UFC depuis 20 ans.

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L'horaire de la semaine

Aujourd'hui: Entraînement public de Georges St-Pierre et Johny Hendricks au MGM Grand, à Las Vegas.

Demain: Conférence de presse officielle. C'est le moment pour Georges St-Pierre et Johny Hendricks de s'envoyer des pointes. Mais n'y comptez pas trop: les deux hommes sont des compétiteurs respectueux. Il paraît que Nick Diaz traîne à Las Vegas ces jours-ci, peut-être viendra-t-il mettre le feu aux poudres?

Vendredi: Le jour de la pesée. St-Pierre et Hendricks doivent respecter la limite de 170 livres. En mars dernier, lors de l'UFC 158, la pesée du champion avait créé la controverse. St-Pierre aurait fait osciller la balance entre 170 et 171 livres, soulevant l'ire de son adversaire Nick Diaz. La pesée se passera-t-elle en douceur cette fois-ci?

Samedi: Le combat. St-Pierre et Hendricks doivent s'affronter autour de minuit, heure de l'Est. LaPresse.ca présentera un clavardage à partir de 23h, en direct de Las Vegas.

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L'UFC à Québec le 5 avril?

La première soirée de l'UFC dans la ville de Québec aura lieu le 5 avril prochain, selon des sources. Le Colisée accueillerait la finale de la série The Ultimate Fighter, dont le tournage a commencé dans la région de Montréal. Mais l'UFC ne veut rien confirmer pour l'instant.

«On va faire une annonce très bientôt sur le calendrier de TUF au Canada, explique le propriétaire, Lorenzo Fertitta. Mais on a déjà décidé où serait la finale. On n'a simplement rien annoncé pour l'instant.»