On le surnomme le «ghost» (le fantôme), et il a hanté les promoteurs de boxe du Québec au cours des derniers jours. On le pressent pour un affrontement contre Adonis Stevenson ou Lucian Bute. Mais quelles sont véritablement les chances de voir Kelly Pavlik dans un ring du Québec?

Gabriel Béland LA PRESSE

Le cogneur de Youngstown, en Ohio, a été invité la semaine dernière à affronter le Montréalais Adonis Stevenson (18-1, 15 K.-O.) dans un combat éliminatoire pour le titre IBF des super-moyens. Le gagnant deviendrait l'aspirant obligatoire de Carl Froch, qui a remporté la ceinture le 26 mai en battant Lucian Bute en Angleterre.

Mais Kelly Pavlik (39-2, 34 K.-O.) a snobé l'offre. Il avait jusqu'à 17h hier pour répondre à l'invitation de l'IBF, mais il ne l'a pas fait, nous a-t-on confirmé au sein de l'organisme.

Le combat contre Adonis Stevenson n'aurait tout simplement pas été assez lucratif, et Pavlik cherche à affronter un plus gros nom. Le promoteur Yvon Michel aurait aimé organiser le face à face en sous-carte du combat de championnat du monde opposant Jean Pascal à Tavoris Cloud, le 11 août au Centre Bell. Le diffuseur américain de la soirée, Showtime, n'était toutefois pas assez intéressé à un choc Stevenson-Pavlik pour allonger des fonds supplémentaires. Ceux-ci auraient été essentiels pour appâter un boxeur de ce calibre.

L'IBF va maintenant se tourner vers les autres aspirants les mieux classés afin de trouver un adversaire à Stevenson. On ne sait pas encore lequel sera invité, puisque le classement de l'organisation est en train d'être remanié. Mais tout indique que ce sera le boxeur floridien Dyah Davis (21-3-1, 9 K.-O.).

Une option pour Bute

Si la piste Stevenson s'est essoufflée, une seconde s'est ouverte, et elle pointe vers un autre Québécois, celui-là d'origine roumaine. Le clan de Lucian Bute (30-1, 24 K.-O.) a en effet mesuré l'intérêt de Pavlik pour un combat.

Le président d'InterBox, Jean Bédard, revient de Las Vegas. Il a assisté à la victoire par K.-O. de Kelly Pavlik vendredi soir contre Scott Sigmon (22-4, 12 K.-O.). Les discussions se sont bien déroulées, et l'Américain se dit prêt à affronter Bute.

«Lucian va revenir au Québec autour de la Saint-Jean-Baptiste. À ce moment-là, on va s'asseoir avec lui et on veut lui proposer plusieurs options, a expliqué Bédard hier. Pavlik sera l'une d'elles, tout comme une revanche immédiate contre Carl Froch. On est en train de faire l'inventaire.»

Bédard dit ne pas avoir d'autres boxeurs que Froch et Pavlik dans la ligne de mire. Il mentionne par contre que l'option d'un combat de retour «plus léger que le niveau de Pavlik» est aussi sur la table. On entend par là un adversaire moins dangereux pour Bute, qui a perdu par K.-O. au cinquième round en Angleterre.

«Il faudra voir avec Stéphan [Larouche] et Lucian quelle option sera la meilleure pour tout le monde», a précisé Bédard. Celui-ci est toutefois certain d'une chose: le combat de retour de Lucian Bute aura lieu au Québec. «Le contraire me surprendrait vraiment beaucoup. Les gens ici veulent le voir, lance-t-il. J'ai été surpris du nombre de témoignages qu'on a reçus depuis la défaite. Vraiment très surpris.»

Kelly Pavlik est un ancien champion du monde unifié des poids moyens. À son apogée, il détenait les titres WBC et WBO. On le présentait comme «le grand espoir blanc» après ses deux victoires contre Jermain Taylor.

Le boxeur recouvert de tatous, issu d'un milieu ouvrier, a ensuite connu une descente aux enfers. Sa première défaite en carrière, contre Bernard Hopkins en 2008, a mis la table. Mais ce sont des problèmes d'alcool qui ont fini de faire dérailler sa carrière.

Après une cure de désintoxication et un an hors du ring, Pavlik a remporté ses trois derniers combats. À 30 ans, il demeure une figure marquante de la boxe, et sa venue à Montréal serait assurément un grand coup.