(Garmisch-Partenkirchen) Piégeuse, impressionnante, la descente de Garmisch samedi s’offrira à l’une des audacieuses qui oseront la défier, en l’absence d’une demi-douzaine de favorites, blessées ou soucieuses de se préserver pour les Jeux de Pékin (4-20 février).

Publié le 28 janvier
Christophe BEAUDUFE Agence France-Presse

Sofia Goggia, première du classement de la coupe du monde de spécialité, soigne un genou. Breezy Johnson, troisième, également touchée au genou, a déjà déclaré forfait pour les JO.

Au total, six des dix premières du classement du gros globe ne seront pas dans le portillon de départ samedi : outre Goggia, Mikaela Shiffrin, l’actuelle leader, Petra Vlhová, Lara Gut-Behrami, Michelle Gisin et Ragnhild Mowinckel ont préféré s’abstenir.

« Au départ je n’avais pas prévu de courir la descente de Garmisch, je voulais me préparer calmement pour le Géant des JO », a avoué l’Autrichienne Ramona Siebenhofer, actuelle dauphine de Goggia en descente, « mais j’ai appris que quelques filles n’allaient pas prendre le départ, dont Sofia. Et comme je suis en bonne position au classement, j’ai finalement décidé de courir ici ».

« Super-Sofia »

« Super-Sofia », championne olympique en titre de descente, a lourdement chuté dimanche dernier lors du Super-G de Cortina d’Ampezzo et souffre d’une entorse au genou. Elle s’est lancée dans un contre-la-montre pour récupérer à temps et défendre son titre en Chine, le 15 février.

La saison dernière, l’Italienne de 29 ans avait dû déclarer forfait pour les Mondiaux dans sa station de Cortina, après s’être blessée bêtement à Garmisch quelques jours plus tôt en descendant une piste hors compétition.

« Elle n’a vraiment pas de chance de se blesser toujours juste avant un grand évènement », a commenté l’Allemande Kira Weide, « mais sa façon de skier explique aussi un peu sa chute (de Cortina), elle est toujours à la limite et cette fois ça n’est pas passé. Je lui souhaite vraiment d’être aux Jeux, les résultats parlent pour elle, elle a été la meilleure descendeuse cette saison ».

La célèbre « Kandahar » de la station allemande n’est pas la piste préférée des descendeuses : souvent gelée sur le haut, elle est surtout à l’ombre et sans visibilité sur une bonne partie du parcours.

« Tout risquer »

Meilleur temps du deuxième entraînement vendredi, la Française Romane Miradoli témoigne : « Garmisch fait partie des pistes les plus engagées. Quand il fait beau, avec l’ombre, sur tout le bas de la course on ne voit pas où on met les pieds, et il y a de la vitesse ».

« Garmisch est toujours très particulier, confirme l’Autrichienne Cornélia Hütter, c’est très sombre et du coup c’est impressionnant ».

« Nous skions toujours à la limite, ajoute cette skieuse expérimentée de 29 ans, mais c’est notre métier, notre passion et c’est une voie étroite entre ombre et soleil. Et il faut toujours tout risquer, sinon on a aucune chance avec cette concurrence-là ».

La Suissesse Corinne Suter sera l’une des principales rivales de l’armada autrichienne autour de Siebenhofer, mais les compatriotes de Goggia, Nadia Delago, Federica Brignone ou encore Elena Curtoni auront à cœur de faire briller leurs couleurs. À moins qu’une outsider ne profite du tableau dégagé, comme Miradoli, sur sa forme du moment…

Dimanche, un Super-G sera disputé sur la même piste : Brignone et Curtoni, numéro un et deux du classement de la coupe du monde de spécialité, en seront les favorites.