(Schladming) Avec cinq vainqueurs différents en cinq courses, la plupart aux scénarios fous, la Coupe du monde de slalom masculine promet incertitude et spectacle une nouvelle fois mardi à Schladming, pour la dernière course hommes avant les JO de Pékin.

Publié le 24 janvier
Agence France-Presse

Clément Noël, Sebastian Foss-Solevaag, Johannes Strolz, Lucas Braathen, Dave Ryding : avec cinq vainqueurs et au moins trois surprises, le slalom est la discipline la plus incertaine du circuit à l’heure actuelle, loin des années où le duo Marcel Hirscher/Henrik Kristoffersen gagnait les trois quarts des courses.

Surtout, les joutes proposent des scénarios dingues presque à chaque fois. À Madonna di Campiglio, fin décembre, Noël était sorti à deux portes de la fin et d’une victoire assurée. La même chose est arrivée à Kristoffersen à Wengen, laissant le Norvégien Braathen réussir la plus grande remontée (de 29e à 1er) de l’histoire du ski.

À Adelboden, l’inconnu Strolz avait triomphé sous la neige avec le dossard 38, avant que Ryding ne devienne le premier Britannique victorieux sur le circuit mondial samedi à Kitzbühel.

Pour ne rien gâcher, la course nocturne de Schladming se révèle presque chaque année la plus dingue de l’hiver, entre ses supporters déchaînés (ils seront limités à 1000 mardi) et sa piste superbe.

« C’est très intéressant pour le globe, c’est très ouvert. Les gars poussent à fond, c’est pour ça qu’ils sortent », a pointé samedi, dans un grand sourire, l’Italien Markus Waldner, patron du circuit masculin, lors de la dernière réunion des capitaines de Kitzbühel.

Le classement illustre parfaitement l’incapacité des cadors à la régularité.  

Revenu de blessure cet hiver, le jeune Norvégien Lucas Braathen (21 ans) occupe la 1re place avec seulement 235 points (la victoire en vaut 100), devant son compatriote champion du monde Sebastian Foss-Solevaag (180 points) et le Suisse Daniel Yule (162 points).

Neuf skieurs, dont le Français Clément Noël (7e), se tiennent en moins de 100 points, laissant la place à tous les scénarios.

Après les Jeux olympiques, il restera deux slaloms à Garmisch, celui des finales à Méribel, et une éventuelle reprise de la bouillie de course finalement interrompue à Zagreb mi-janvier.

« En slalom mondial, on a une génération qui “envoie” la folie, c’est monté d’un niveau sur les prises de risques. On a une génération avec des caractères différents, ils sont un peu moins calculateurs. Je m’éclate à voir ces générations, leur manière d’aborder la discipline, ça fait du bien. Là, c’est encore portes ouvertes, chaque course il y a un favori qui vendange, c’est sympa », apprécie le directeur de l’équipe de France hommes, David Chastan.

Parmi les explications techniques à cette douce folie, les traceurs ne peuvent plus utiliser cette année d’outil de mesure et doivent visser les piquets « à l’œil », ce qui rend les distances entre les portes un peu plus irrégulières.

De quoi entretenir le suspense jusqu’aux JO, où la course est programmée le 16 février.