Décidément, la Coupe du monde de Salt Lake City sourit aux patineurs de vitesse sur longue piste canadiens.

Mis à jour le 5 déc. 2021
Jean-François Téotonio
Jean-François Téotonio La Presse

Ivanie Blondin s’est imposée dimanche au départ groupé, remportant une deuxième médaille d’or en deux jours en Utah. Elle s’était imposée avec l’équipe canadienne à la poursuite par équipe la veille.

Chez les hommes, Laurent Dubreuil est allé chercher un sixième podium en six finales au 500 m cette saison, et une deuxième médaille de bronze à cette épreuve ce week-end, après celle obtenue vendredi.

Au départ groupé, Blondin a franchi la ligne d’arrivée en 8 min 31,870 s, tout juste devant la Néerlandaise Marijke Groenewoud (8 min 31,880 s). La Québécoise Valérie Maltais (8 min 33,390 s) a pris le 13rang.

« Je suis vraiment en confiance en ce moment, et ça se voit sur la glace », a commenté la patineuse en visioconférence.

L’Ottavienne dit se remettre d’une maladie qui l’a incommodée la semaine dernière.

« Ça a vraiment été difficile mentalement et physiquement, a-t-elle souligné. Mais j’ai baissé la tête, j’ai travaillé fort, et ça a donné de bons résultats. Je suis vraiment contente de la manière dont ça s’est déroulé. »

Si elle affirme ne pas se sentir tout à fait prête en ce qui concerne les distances individuelles en vue des Jeux olympiques, elle croit en ses moyens pour le départ groupé et la poursuite par équipe.

« Ce sont deux distances qui sont vraiment solides, se réjouit-elle. Notre équipe de poursuite est vraiment forte en ce moment, je suis vraiment excitée pour les Jeux. Et pour le départ groupé, on ne sait jamais ce qui va arriver. J’ai bien fait sur cette distance dans le passé et aujourd’hui [dimanche]. Je me positionne toujours bien. »

Blondin avait aussi remporté l’argent lors de cette même épreuve à la Coupe du monde de Tomaszów Mazowiecki, en Pologne, en novembre. Elle mène donc le classement général de cette distance après deux éditions.

Tout feu tout flamme sur la glace

Dubreuil a quant à lui poursuivi son début de saison étincelant. En plus de son sixième podium et de sa deuxième médaille de bronze ce week-end, il a enregistré un autre record personnel au 500 m.

PHOTO JEFFREY SWINGER, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

Laurent Dubreuil

Le Québécois a battu sa propre marque de 34,099 s établie vendredi. Dimanche, il a franchi la ligne d’arrivée en 34,053 s, seulement 5 centièmes de seconde derrière le médaillé d’or, le Japonais Wataru Morishige (33,997 s). Le Russe Artem Arefyev (34,003 s) est reparti avec la médaille d’argent.

« C’est la constance qui me réjouit le plus, a indiqué Dubreuil. D’être constamment sur le podium. »

« Ce qui me fait le plus plaisir, c’est ma capacité à faire une bonne course chaque fois, a-t-il ajouté. Même s’il y a des petites erreurs, c’est d’être capable d’être très compétitif et de gagner des médailles. C’est vraiment cool, je suis vraiment content. »

La glace de Salt Lake City – et accessoirement de Calgary, où sera disputée la Coupe du monde de la semaine prochaine – est « la plus rapide au monde », selon Dubreuil. Pas étonnant que les records personnels aient fusé, autant chez les hommes que chez les femmes, ce week-end.

« Sur une glace au niveau de la mer [comme en Europe], ça va moins vite, explique le Lévisien. Les patineurs sont plus stables dans le dernier virage avec une vitesse à laquelle ils sont habitués. Tandis que là, quand t’arrives à Salt Lake City, il y en a qui ont de la difficulté à négocier les virages parce que ça va plus vite. Ils ne se sont pas entraînés là-dessus toute leur vie comme nous à Calgary, ou comme les Américains à Salt Lake. Souvent, ils arrivent et ils figent, font des erreurs et prennent la bande. »

C’est un peu ce qui est arrivé au Russe Viktor Mushtakov et au Chinois Tingyu Gao, notamment.

Au final, j’ai gagné une médaille, mais si toutes ces affaires-là n’étaient pas arrivées, je n’en aurais probablement pas gagné aujourd’hui. […] Ça a été un 500 m rocambolesque.

Laurent Dubreuil

Le patineur mène le classement général de l’épreuve avec 312 points. Son plus proche poursuivant, le Japonais Tatsuya Shinhama, en a accumulé 286 jusqu’à présent.

Dubreuil a visiblement du plaisir sur le circuit cette saison.

« Mon plancher est haut, alors à moins de faire une erreur majeure, je vais avoir un bon résultat, souligne-t-il. Après ça, c’est soit bon ou très bon. C’est vraiment le fun et encourageant. Ce sont des saisons plus agréables. »