Les épreuves de Deer Valley étant maintenant chose du passé, le prochain arrêt est très attendu par l’équipe canadienne de bosses, soit les Championnats du monde d’Almaty, au Kazakhstan.

Publié le 8 févr. 2021
Luc Turgeon Sportcom

« Au final, ce qui compte, c’est de se rendre aux Championnats du monde. Je suis vraiment contente d’être en santé et de me sentir en pleine forme pour m’entraîner et prendre un peu de millage en vue des mondiaux », a commenté Justine Dufour-Lapointe vendredi.

Pas la même atmosphère

Les plus récentes compétitions disputées à Deer Valley ont offert aux compétiteurs une expérience bien loin du « Superbowl des Coupes du monde » qu’ils ont connu lors des éditions précédentes. Surtout aux bosses en parallèle, où les rondes finales sont habituellement présentées en soirée, sous des projecteurs spécialement installés pour l’occasion.

« Ça changeait beaucoup l’ambiance et il n’y avait pas la même énergie », a admis Justine Dufour-Lapointe, qui s’est classée 11e en simple et 13e aux duels. « D’être à Deer Valley sans les lumières, ça faisait un peu plus course de coin de table, dans le sens où c’était moins impressionnant, moins spécial. Ça enlève un peu de charme aussi qu’il n’y ait pas de foule en bas. »

Cette atmosphère n’est pas passée inaperçue non plus du côté de Mikaël Kingsbury, de retour à la compétition après s’être fracturé deux vertèbres à la fin du mois de novembre.

Normalement, en soirée, je suis toujours plus excité ou motivé à Deer Valley. On est déjà monté jusqu’à 10 000 spectateurs là-bas, c’est quand même beaucoup pour notre sport de skier devant la moitié d’un Centre Bell !

Mikaël Kingsbury

Le roi des bosses est tout de même reparti de l’Utah avec deux médailles d’or autour du cou. Et même s’il s’agissait de ses deux premières sorties du calendrier, il est le premier skieur à remporter deux épreuves cette saison, comme quoi il a réussi à rester motivé malgré tout.

« J’avais tellement faim dans la portion de départ, ça ne changeait rien qu’il n’y ait personne en bas », dit-il

Montagnes russes

Avec deux victoires signées par Kingsbury la semaine dernière, on pourrait croire que les choses semblent être revenues « à la normale » dans le circuit de la Coupe du monde. C’est cependant loin d’être le cas aux dires de Justine Dufour-Lapointe, alors que plusieurs défis persistent. À commencer par un horaire instable et de l’incertitude en continu.

« J’ai l’impression que ç’a été un feu roulant toute l’année. C’est une saison pleine de rebondissements et c’est dur mentalement, plus qu’on ne le pense. On a toujours eu besoin de s’adapter dans notre sport, mais là, c’est pire que pire », a-t-elle confié, ajoutant qu’elle se sent privilégiée de pouvoir voyager et prendre part à des compétitions.

Elle accueille d’ailleurs la tenue des Championnats du monde d’un bon œil, y voyant notamment une occasion supplémentaire pour se préparer à l’approche de la qualification olympique.

« C’est le fun d’avoir une autre opportunité pour skier et c’est primordial pour se sentir prête l’année prochaine. Nous sommes plusieurs à avoir beaucoup d’expérience et nous sommes chanceuses d’en avoir autant derrière la cravate. Reste que la préparation est nécessaire pour tout le monde, nécessaire pour se sentir bien et avoir tous les outils pour attaquer la compétition. »

Kingsbury préfère ne pas avoir trop d’attentes quant à la présentation des Championnats du monde, rendez-vous qui a lieu tous les deux ans en ski acrobatique (bosses).

« C’est une année de mondiaux et c’était ma plus grande motivation afin de revenir sur mes skis. Je me croise les doigts, mais il va falloir que l’organisation sorte un lapin de son chapeau pour tenir un évènement digne des mondiaux. »

Peu importe ce qui arrivera au cours des prochaines semaines, Mikaël Kingsbury sera prêt à défendre ses deux titres acquis en 2019.

« J’ai toujours cette motivation d’être champion du monde en simple et en duel. Je l’ai fait aux derniers (mondiaux) et je sais que je suis encore capable. Si j’ai été capable de gagner les deux épreuves en fin de semaine, je peux le faire n’importe quelle fin de semaine. J’ai envoyé un gros message à mes compétiteurs », a-t-il conclu.