Moins de deux mois après s’être fracturé deux vertèbres, Mikaël Kingsbury prépare déjà son retour à la compétition.

Simon Drouin Simon Drouin
La Presse

À moins d’un revirement, le champion olympique de ski acrobatique s’alignera à la Coupe du monde de Deer Valley, prévue les 4 et 5 février.

Kingsbury sort d’un stage d’entraînement avec l’équipe canadienne à Val-Saint-Côme, où il a passé 10 journées dans les bosses sans éprouver de douleur significative.

Samedi, il s’envolera pour Calgary, où il participera à un autre camp d’une semaine avant de prendre la direction de l’Utah. Un simple et un duel sont au programme.

« Il faut que les choses se passent bien [à Calgary], mais de la manière dont cela s’est déroulé à Val-Saint-Côme, j’ai confiance que je serai dans le portillon de départ à Deer Valley », a-t-il confié à La Presse jeudi matin.

Le 29 novembre, l’athlète de 28 ans s’est blessé à l’entraînement à l’atterrissage d’un saut en prévision de la première Coupe du monde de la saison, à Ruka, en Finlande.

Six semaines plus tard, des radiographies ont démontré que les vertèbres T4 et T5 s’étaient parfaitement ressoudées, signal qu’il pouvait remettre les skis.

En plus de l’étape initiale, Kingsbury a raté deux courses en Suède, si bien qu’il accuse un retard de 172 points sur les deux comeneurs, le Suédois Ludvig Fjallstrom et le Japonais Ikuma Horishima.

Avec l’annulation de plusieurs épreuves en raison de la pandémie, l’homme aux neuf globes de cristal consécutifs constate que son objectif de rattraper son retard sera très difficile à réaliser, voire impossible.

Encore jeudi, la Fédération internationale de ski a annoncé l’annulation de l’escale de Tazawako, au Japon, programmée les 6 et 7 mars.

« Mon objectif sera d’être celui qui fait le plus de points à partir du moment de mon retour et jusqu’à la fin de la saison », a précisé le Québécois, qui surfait sur une vague de 107 départs de suite avant sa blessure. « On verra où ça me mène. »

Kingsbury a également appris avec déception l’avortement du projet de Championnats du monde à Calgary, à la fin de février, qui devaient remplacer ceux prévus sur la piste olympique de Pékin.

« C’est plate parce que ma motivation pour revenir était un peu de me dire que cette année, c’était pas mal le seul titre que je pouvais aller chercher. »

Le double médaillé d’or de Deer Valley, en 2019, se faisait réaliste. « Ce n’est pas comme si mes attentes étaient élevées. Je savais aussi que ce serait compliqué à organiser. Je ne peux rien faire contre ça. Ça fait juste en sorte que je vais être champion du monde deux années de plus. Ce n’est pas un problème. »

Pour l’heure, Kingsbury souhaite seulement être en mesure de s’installer en haut de l’exigeant parcours de Deer Valley, le 4 février, sans éprouver la moindre crainte pour son dos. « Ce sera faisable de gagner, oui, mais je ne me mets pas de pression », a assuré le skieur aux 63 victoires.