Éprouvées par l’arrêt brusque du printemps et la pluie du temps des Fêtes, les stations de ski accueillent avec soulagement la permission du gouvernement de les laisser poursuivre leurs activités au moins jusqu’au 8 février.

Simon Drouin Simon Drouin
La Presse

« On avait des craintes très fondées que les stations ne puissent pas opérer pour les quatre prochaines semaines », a indiqué le président du conseil d’administration de l’Association des stations de ski du Québec (ASSQ), en entrevue jeudi matin.

Jean-Michel Ryan a remercié les différents ministères impliqués pour leur « collaboration » et salué le « quasi-statu quo » décrété par le premier ministre François Legault en conférence de presse la veille.

« Ce qui change par rapport à avant les annonces, ce sont les écoles de glisse qu’on avait pu réactiver avant les Fêtes, a-t-il précisé. On était en préparation de lancer les cours en grande partie après les Fêtes. C’est un changement quand même important. Pour le reste, on revient aux opérations qu’on avait juste avant Noël, avec évidemment un renforcement des mesures sanitaires qu’on doit continuer à faire respecter. »

Le plus grand impact se fera sentir pour les quelque 35 stations sur 75 qui offrent du ski de soirée. À la demande du gouvernement, elles devront fermer à 19 h 30 pour permettre aux clients de rentrer à la maison avant le couvre-feu de 20 h. Des montagnes comme Bromont, Mont-Sainte-Anne ou Sommet Saint-Sauveur cessent habituellement leurs activités à 21 h, 22 h ou 22 h 30, selon le jour de la semaine.

C’est la responsabilité du skieur de s’assurer que s’il a une heure de route à faire, il devra évidemment quitter à 19 heures pour se rendre à la maison à temps.

Josée Cusson, directrice communications et marketing de l’Association des stations de ski du Québec

Les stations évalueront jeudi les mesures à prendre par rapport à leur clientèle, a-t-elle ajouté. « Est-ce que ce sera de devancer le début du ski de soirée ? Tous les scénarios sont sur la table en ce moment. Ces informations seront communiquées d’ici samedi pour rassurer les abonnés de saison. »

Compte tenu des mesures en place depuis le début de la saison, le président de l’ASSQ ne s’attend pas à une augmentation majeure de l’affluence à partir de samedi.

« Il n’y aura pas de cohue comme telle parce que chaque station limite la billetterie actuellement en fonction du domaine skiable, du nombre de pistes et de remontées mécaniques, a souligné M. Ryan. Depuis le début de la saison, on est vraiment dans ce mode de vente en ligne pour une journée spécifique avec des quantités très limitées. Ces quantités vont s’améliorer au fur et à mesure que le domaine skiable et le nombre de remontées des stations augmentent. […] Il faut vraiment planifier sa sortie pour s’assurer d’avoir un billet au cours des prochains jours. »

Seule inconnue pour l’instant : le statut des clubs de compétition. Depuis le 17 décembre, ils ont pu reprendre l’entraînement avec un coach et huit coureurs.

« La compréhension est que toutes les activités de groupe et ce qui est non essentiel sont annulés en station, a expliqué M. Ryan. Ce sera à confirmer. »

Même son de cloche du directeur général de Ski Québec Alpin, qui s’attendait à obtenir des précisions de la Direction du sport, du loisir et de l’activité physique du ministère de l’Éducation d’ici la fin de la journée.

« En ce moment, je n’ai pas l’impression que les clubs vont être en mesure d’opérer de la façon dont on le connaissait dans la dernière version du confinement, a fait savoir Daniel Lavallée. Ça allait très bien et c’était fait de façon très sécuritaire. »

Déjà fragilisées par la fermeture hâtive de la mi-mars et les aléas météo de la période des Fêtes, les montagnes ne sont pas sorties de la tempête, a prévenu le président de l’ASSQ, qui est aussi propriétaire du mont Sutton.

« Les revenus ne sont pas au rendez-vous du tout présentement, a dit M. Ryan. C’est tout un défi pour les stations. Les restaurants n’étaient pas ouverts, les boutiques sont fermées, les écoles de glisse seront fermées pour les quatre prochaines semaines. »

Sur le plan des revenus, on ne peut pas mesurer l’impact actuellement, mais on peut très bien comprendre que ce sera tout un défi d’arriver financièrement à la fin de la saison.

Jean-Michel Ryan, président du conseil d’administration de l’Association des stations de ski du Québec

L’ASSQ espère toujours une réponse favorable du gouvernement et d’Hydro-Québec de surseoir à l’augmentation de la tarification pour la consommation d’électricité en janvier et février. La fonte des neiges causée par les pluies importantes des 24 et 25 décembre forcera la plupart des stations à prolonger l’enneigement mécanique une bonne partie de l’hiver. « Les discussions se poursuivent, on n’a pas les réponses présentement. »

M. Ryan a réitéré l’importance de se conformer aux consignes sanitaires comme le port du couvre-visage dans les files d’attente. « C’est un privilège de pouvoir skier au Québec. On sollicite donc la collaboration des skieurs pour continuer à respecter et renforcer les mesures de santé publique nécessaires au maintien des opérations et à soutenir les efforts pour endiguer cette pandémie. »