Valérie Grenier a fait grimper les attentes en terminant 13e du slalom géant de la Coupe du monde de Courchevel, samedi.

Simon Drouin Simon Drouin
La Presse

Quarante-huit heures plus tard, elle ne cachait donc pas sa frustration après s’être contentée du 40e temps de la première manche de la deuxième épreuve présentée dans la station savoyarde.

« Je suis déçue parce que je n’ai juste vraiment pas skié de la manière dont je voulais », a indiqué Grenier quelques minutes après la victoire émotive de Mikaela Shiffrin. « Les conditions n’étaient vraiment pas faciles. C’était glacé, mais très bosselé. »

La Franco-Ontarienne regrettait des trajectoires mal négociées et un positionnement un peu trop vers l’arrière sur ses skis. Sur un parcours exigeant physiquement, cette attitude défensive lui a coûté cher, puisqu’elle a raté la coupe des 30 premières par 76 centièmes de seconde.

Samedi, la Franco-Ontarienne avait surmonté la mauvaise visibilité pour enregistrer le deuxième résultat de sa carrière en géant, après sa 11e place à Sölden, en 2018.

« J’essaie de ne pas trop être triste de toute la situation parce qu’honnêtement, samedi, c’était vraiment une très belle journée pour moi. C’était un résultat incroyable personnellement. »

Je dois continuer de me rappeler que c’était juste ma troisième course depuis que je me suis blessée.

Valérie Grenier

Le 6 février 2019, Grenier s’était fracturé la jambe droite à quatre endroits sur une chute lors d’une descente d’entraînement aux Championnats du monde d’Äre. Absente du circuit la saison dernière après des complications dans sa réadaptation, elle a effectué son retour le 17 octobre à Sölden, où elle a terminé 25e.

« Je dois me donner des chances. Ça ne peut pas toujours être du progrès facile de course en course. […] J’accepte ma défaite et je suis extrêmement contente de ma performance de samedi. »

« Mon corps va super bien »

Sur le plan physique, Grenier semble avoir mis ses ennuis de l’entre-saison derrière elle. « Tout le monde a de petites douleurs ici et là, un mal de dos, de genou, peu importe. Ça m’arrive aussi, mais j’ai toujours été capable de mettre ça de côté quand vient le temps de la course. En général, mon corps va super bien, je n’ai pas à me plaindre. Ma jambe en tant que telle est parfaite. Ce n’est même pas un souci pour moi. »

De la même façon, le ressac psychologique habituel d’un retour de blessure n’a pas affecté l’ancienne championne mondiale junior de descente.

« Je ne trouve vraiment pas ça difficile. C’est assez naturel pour moi. Je suis prête à courser. On dirait que j’ai toujours envie d’y aller à fond. Je m’étais tellement ennuyée de ça que je n’ai pas besoin de me réhabituer. Dans le fond, je suis revenue où je suis censée être. »

Au moment de l’entretien, Grenier mettait le cap sur Val d’Isère, où doivent se dérouler les premières épreuves de vitesse de la saison le week-end prochain. La représentante du club de Mont-Tremblant prévoit de prendre part aux descentes d’entraînement à partir de mercredi, sans toutefois viser un départ vendredi et samedi. Elle souhaite surtout se familiariser avec la piste en prévision du super-G dimanche.

« Je n’ai eu qu’une journée d’entraînement en descente jusqu’ici cette année, a précisé l’athlète de 24 ans. La descente n’est pas dans mes plans, mais si ça va extrêmement bien, je la ferai peut-être. »

Victoire émotive de Shiffrin

Shiffrin a signé sa première victoire depuis la mort subite de son père au début de février. Dernière à s’élancer, l’Américaine de 25 ans a devancé l’Italienne Federica Brignone, auteure d’un spectaculaire recouvrement dans le plus à-pic, et la Française Tessa Worley, respectivement de 82 centièmes et 1,09 seconde.

Épuisée à l’arrivée, Shiffrin s’est laissée choir dans la neige sans offrir de réaction immédiate. Brignone et Worley sont venues l’enlacer. À sa présentation à la cérémonie protocolaire, deux minutes plus tard, la skieuse de Vail s’est recroquevillée, en pleurs.

PHOTO MARCO TROVATI, ASSOCIATED PRESS

L’Américaine Mikaela Shiffrin était très émue après avoir obtenu sa première victoire depuis la mort de son père.

« Lorsqu’ils ont dit mon nom au micro, je me suis juste sentie triste, a dit Shiffrin en conférence de presse. Je ne savais pas quoi faire. Je ne voulais pas lever mes skis en l’air. J’étais juste fière, c’est difficile à expliquer. Puis elles sont venues toutes les deux [Worley et Brignone], peut-être que c’est ça la plus belle chose de la journée. C’était ce moment “allez, on se fait juste un câlin”. »

Triple lauréate du grand globe de cristal, Shiffrin a signé la 67e victoire de sa carrière en Coupe du monde, ce qui la place à égalité avec l’Autrichien Marcel Hirscher, retraité depuis l’an dernier. Seuls le Suédois Ingemar Stenmark (86) et sa compatriote Lindsey Vonn (82) la devancent dorénavant.

La Slovène Petra Vlhova, souveraine depuis le début de la saison avec trois victoires et un podium, a fait une chute à quatre portes de l’arrivée en première manche. La Québécoise Mikaela Tommy (47e) et les Torontoises Candace Crawford (48e) et Ali Nullmeyer (52e) n’ont pas atteint la deuxième manche.

– Avec l’Agence France-Presse