(Ruka) Justine Dufour-Lapointe considère avoir remporté sa bataille mentale contre le doute provoqué par la pandémie de COVID-19 et l’importante chute de Mikaël Kingsbury survenue plus tôt cette semaine.

Alexandre Geoffrion-McInnis
La Presse Canadienne

La Québécoise âgée de 26 ans a ainsi terminé au pied du podium dans l’épreuve féminine des bosses à la Coupe du monde de ski acrobatique de Ruka, en Finlande, samedi.

La Française Perrine Laffont a triomphé en vertu d’un pointage de 79,18 points. L’Américaine Jaelin Kauf a grimpé sur la deuxième marche du podium avec 75,74 points, devant la Russe Anastasiia Smirnova (74,27).

Pour sa part, Dufour-Lapointe a récolté 73,66 points. Au-delà du résultat, Dufour-Lapointe s’est dite satisfaite de sa progression au fil de la compétition.

« Je suis tellement fière de ma journée ; le résultat n’est tellement pas important, parce que j’ai acquis beaucoup plus de choses qu’une quatrième place, a dit Dufour-Lapointe en visioconférence. J’ai commencé l’année du bon pied, en oubliant un peu le stress du début de saison.

Il y a tellement plein de nouveautés. C’est la première année où je participe à une compétition après seulement 12 jours d’entraînement. Il fallait que je dissipe les doutes, que je me convaincs que je suis prête. Et j’ai sorti le tigre à chaque run, donc je suis fière. Ça m’a fait du bien physiquement, et mentalement.

Justine Dufour-Lapointe

Même si elle est passée à seulement 0,6 point du 50e podium de sa carrière en Coupe du monde, Dufour-Lapointe a assuré que cet objectif est plus ou moins important à ses yeux

« Pour moi, les statistiques ne me parlent pas ; je suis une fille de feelings, a-t-elle dit. Mais ce serait un beau défi relevé, et un bel exploit pour ma carrière. »

Sans révéler son plan de match pour la compétition, Dufour-Lapointe a indiqué qu’elle vise une progression constante — qui culminera, dit-elle, aux Championnats du monde de 2021 et aux Jeux olympiques de Pékin en 2022.

Nous avons manqué de temps pour répéter nos nouveaux sauts, donc ç’a été un choix difficile [aujourd’hui], mais je suis arrivée à la conclusion qu’il était préférable de miser sur ma progression à long terme, a-t-elle expliqué. Je n’ai donc pas fait de cork en super-finale. Le but, aujourd’hui, c’était simplement d’avoir une journée smart et productive.

Justine Dufour-Lapointe

Les autres bosseuses canadiennes, Chloé Dufour-Lapointe, Valérie Gilbert, Berkley Brown et Maia Schwinghammer n’ont pu franchir les qualifications et ont abouti en 24e, 25e, 29e et 33e positions, respectivement.

Ébranlée par la chute de Kingsbury

Du côté masculin, le Japonais Ikuma Horishima a remporté sa surprise la super-finale avec 80,86 points.

Horishima fut l’un des rares bosseurs à vaincre Kingsbury la saison dernière sur le circuit de la Coupe du monde. Le Japonais a notamment triomphé dans l’épreuve des bosses à Deer Valley le 6 février dernier, et quelques semaines plus tard en bosses en parallèle au Kazakhstan.

Le Suisse Marco Tade a terminé deuxième avec 78,93 points, tandis que le Suédois Ludvig Fjallstrom (76,09) a complété le podium.

Aucun Canadien n’a participé à la super-finale.

Kerrian Chunlaud et Brenden Kelly ont été les meilleurs représentants de l’unifolié en vertu de leurs 11e et 13e rangs, respectivement.

Pour leur part, les Québécois Laurent Dumais, Elliot Vaillancourt et Gabriel Dufresne ont fini 42e, 45e et 52e, dans l’ordre. Le Canadien Jordan Kober n’a pu compléter l’épreuve.

Kingsbury, le champion en titre de la Coupe du monde, n’a pas participé à cette épreuve. Il a subi deux fractures aux vertèbres thoraciques lors d’une chute survenue à l’entraînement dimanche dernier et en conséquence il sera sur la touche pour une période de quatre à six semaines.

Dufour-Lapointe n’a pas caché que cet incident l’avait affectée cette semaine, alors qu’elle se préparait en vue de la Coupe du monde de Ruka.

Nous sommes proches dans l’équipe, et ça nous fait toujours de la peine de savoir qu’un coéquipier est blessé — encore plus quand c’est grave. Ç’a rajouté un peu de stress, parce que je n’avais jamais été témoin d’une blessure aussi importante dans ma carrière. Mais je sais qu’il va s’en remettre. […] Ça rappelle simplement que même si on skie depuis 10 ans, nous ne sommes jamais à l’abri d’une blessure comme celle-là.

Justine Dufour-Lapointe

C’est donc dire que le bosseur de Deux-Montagnes sera aussi absent de la deuxième escale de la Coupe du monde de bosses qui se déroulera à Idre Fjäll, en Suède, du 11 au 13 décembre. Il s’agira alors d’un programme double, avec une épreuve de bosses et une autre de bosses en parallèle.

« Ce sera un autre défi, parce qu’on va skier cinq jours consécutifs. La charge de travail sera donc beaucoup plus importante, et ce sera difficile, mais il va falloir s’adapter », a conclu Dufour-Lapointe, visiblement optimiste.