(Paris) L’Italienne Federica Brignone, vainqueure surprise du gros globe de cristal l’an passé et engagée jeudi sur le parallèle de Lech (Autriche), n’entend pas s’arrêter là à 30 ans, en pleine possession de ses moyens et en pleine confiance.

Agence France-Presse

Alors que l’Américaine Mikaela Shiffrin fait l’impasse après son retour à la compétition le week-end dernier en Finlande, Federica Brignone fait partie des favorites de l’épreuve autrichienne, une évidence presque chaque week-end désormais.

La polyvalente italienne s’est en effet adjugé la Coupe du monde en mars à l’issue d’une saison pleine (globe de géant et de combiné, 2e du classement du super-G, 3e en descente) dont l’issue a été précipitée par la crise sanitaire, alors qu’elle n’avait jamais fait mieux que 5e au classement général jusque-là.

« J’étais à Are (Suède), on buvait un thé chez le physiothérapeute, se souvient-elle. L’entraîneur a mis un message sur la page de l’équipe : “tout annulé la guerre est finie”. Un ami entraîneur au Canada m’a appelée pour confirmer. Je lui ai dit : “si ce n’est pas vrai, tu es mort ! ” (rires) Mon corps alors a lâché, “plouf”, après des mois sous tension. »

À quel point a-t-elle profité de l’absence pendant huit courses de Mikaela Shiffrin, rentrée aux États-Unis début février après le décès de son père ?

« C’est la meilleure skieuse de tous les temps, elle fait du bien à notre sport, répond-elle en éludant la question. J’espère être une bonne adversaire, pouvoir la battre de temps en temps ».

L’ambition venant en mangeant, Brignone ne compte pas en rester là : « J’attends beaucoup de moi à l’entraînement après ce que j’ai fait la saison dernière. Je voudrais faire au moins la même chose même si je sais que ça va être compliqué. »

« Ça n’a pas été si dur de se remotiver, complète la skieuse de La Salle, à quelques kilomètres de la frontière française. J’aime faire ça, le ski, le sport. Ma carrière a été une progression, pour moi ce n’est pas fini, je veux plus, j’ai encore à donner à ce sport. »

« Une skieuse magnifique »

L’Italienne récolte les bénéfices d’un mode de fonctionnement mis en place il y a quatre ans : elle emploie son petit frère Davide, ancien bon skieur qui la suit comme son ombre et la dirige, plus ou moins en marge de l’équipe nationale.

« Je suis tout le temps avec elle, je la conduis, on partage la chambre, on est toujours ensemble, même en vacances. Peu importe ce dont elle a besoin, je le fais », raconte celui qui vit, comme elle, à quelques mètres de leurs parents.

« “Fede” a toujours été une skieuse magnifique, elle avait besoin de confiance. Ça vient avec le temps, elle est devenue plus mûre. Avoir quelqu’un de confiance comme moi avec elle, c’est plus facile. »

« J’ai toujours cru en elle, en ses possibilités, ajoute Davide. Après, on ne se dit pas “on va regagner le globe”. Elle a réalisé ses rêves, gagné le top pour une skieuse, elle peut y aller le cœur léger. Enfin, elle se met toujours la pression… ».

Une pression à maîtriser dès jeudi avant que les hommes ne s’élancent vendredi, sans l’Autrichien Marco Schwarz et les Suisses Loïc Meillard et Marco Odermatt, positifs à la COVID-19.

Programme des épreuves de Coupe du monde de Lech/Zuers 

Jeudi : parallèle femmes (qualifications à 9 h GMT, tableau final à 16 h 45 GMT)

Vendredi : parallèle hommes (qualifications à 9 h GMT, tableau final à 16 h 45 GMT)