Après une pause forcée de près de 300 jours, Mikaela Shiffrin veut obtenir une réponse à une question qu’elle se pose depuis le mois de mars.

Eric Willemsen
Associated Press

Comment est-ce qu’elle réagira dans une compétition ?

« J’espère que ce sera positif. Et je ne veux pas dire par là que j’espère gagner. J’espère simplement que ce sera une expérience positive, comme skieuse, et que je pourrai me motiver pour la suite », a confié Shiffrin jeudi, deux jours avant la fin de sa plus longue pause en 10 ans de carrière sur le circuit de la Coupe du monde de ski alpin.

L’Américaine doit participer au slalom de Levi, en Finlande, ce week-end.

« Je n’ai pas l’impression que ç’a été une si longue pause, a-t-elle ajouté. Le printemps, l’été, l’automne ; cette période depuis ma dernière course a été la plus occupée, et la plus stressante, de toute ma vie… J’ai même l’impression que skier me procurera une petite pause. Je suis simplement reconnaissante de pouvoir être ici (à Levi). »

Shiffrin sera la première en piste samedi, au moment où l’équipe alpine suédoise s’est placée en quarantaine préventive, ce qui signifie qu’elle s’absentera des deux courses prévues ce week-end.

Selon la liste officielle diffusée par la Fédération internationale de ski (FIS) vendredi, Shiffrin a reçu le dossard numéro 1 pour le premier slalom de la saison. Un autre slalom féminin est prévu à Levi dimanche.

La double championne olympique et détentrice de trois gros globes de cristal en carrière négociera donc sa première course depuis le 26 janvier, alors qu’elle avait signé sa 66e victoire en Coupe du monde lors d’un super-G en Bulgarie.

Certes, la pandémie de coronavirus a ralenti sa cadence d’entraînement, mais elle a passé l’essentiel de son été à suivre des cours de gestion, de finance et de comptabilité afin de permettre à l’entreprise familiale de survivre, à la suite du décès soudain de son père.

En octobre, sa deuxième tentative de revenir à la compétition a aussi échoué, après qu’elle se soit blessée au dos une semaine seulement avant le premier slalom géant de la saison en Autriche.

« Je ne me suis pas vraiment entraînée, a-t-elle expliqué. J’ai été limitée aux entraînements en slalom à cause de mon dos. Nous avons limité mon temps d’entraînement à une seule heure par sortie. »

Shiffrin sera donc de retour en piste samedi, plus affamée que jamais.

« Je suis terriblement fâchée, pas seulement à cause de ce qui s’est produit la saison dernière. Je suis fâchée parce que mon père est décédé, et que je me sens seule la plupart du temps, a-t-elle poursuivi. Mais d’un autre côté, je suis très reconnaissante de pouvoir compter sur ma mère à mes côtés. Je n’ai jamais été motivée par la colère ou la hargne… Si j’ai tiré une leçon au cours des 300 derniers jours, c’est que tu dois apprendre à négocier avec ce que la vie t’offre. Ce n’est pas toujours facile, mais il faut le faire. »