La plus vieille équipe universitaire de football de la province, les Redmen de McGill, pourrait quitter la conférence québécoise en 2013 pour rejoindre celle de l'Ontario. Une demande formelle a été déposée auprès de l'Association du sport universitaire de l'Ontario (SUO), la semaine dernière.

Michel Marois LA PRESSE

«McGill jouit d'une longue tradition comme membre de la conférence de football de l'Ontario, a rappelé le directeur exécutif des sports et des loisirs à McGill, Drew Love. Nous faisions partie de la première ligue interuniversitaire canadienne, en 1902, avec les universités Queen's, Toronto et Western.

«La possibilité de retrouver ces formations - avec lesquelles nous avons conservé de belles rivalités sportives - au sein d'une ligue de football ontarienne restructurée nous a incités à étudier cette option.»

Au Québec, l'éventuel départ des Redmen ramènerait la ligue de football à seulement cinq équipes, tout en fragilisant la structure sportive de la province par rapport à celle de son voisin ontarien. L'équipe de McGill n'est plus compétitive depuis plusieurs années, avec seulement trois victoires au total lors des cinq dernières saisons, toutes en 2009, mais la tradition et l'histoire des Redmen sont des atouts précieux pour le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ).

«Ce serait une perte énorme», a reconnu le directeur des programmes universitaires du RSEQ, John Bower, qui a dit espérer que McGill choisisse finalement de demeurer membre de sa ligue de football.

«Nous voyons dans ce processus une occasion de réfléchir à la structure et aux façons d'améliorer notre ligue, a-t-il insisté. Cela fait plusieurs mois que nous en parlons avec Drew Love et les autres directeurs sportifs. L'échéancier est maintenant plus court, mais je crois sincèrement que nous pourrons trouver une solution.

«McGill est un membre important du réseau et nous sommes convaincus qu'il le restera, a assuré Bower. Drew [Love] m'en a d'ailleurs donné l'assurance...»

Le directeur sportif de McGill a ainsi rappelé: «Nous comptons présentement 21 équipes au sein du Réseau, plus que toute autre université québécoise. Par contre, quatre de nos équipes, dont celle de hockey masculin, évoluent déjà dans le SUO. En fait, nous sommes solidement établis dans les deux conférences et nous voulons continuer d'en tirer profit tout en contribuant dans chacune d'elles au développement du sport universitaire canadien.»

Un moment opportun

C'est l'arrivée d'une 11e équipe de football ontarienne en 2013, à l'Université Carleton, qui a ouvert une porte afin de créer deux divisions équilibrées de six équipes. La direction des sports de McGill, qui avait des réserves sur la participation des Redmen à la ligue québécoise, y a vu l'occasion d'offrir une meilleure expérience sportive et surtout universitaire à ses étudiants.

«Nous aimerions disputer huit matchs plutôt que neuf et limiter les exigences du programme de football hors campus, pendant la saison estivale et les congés scolaires notamment, a expliqué Love. Nos programmes scolaires sont très exigeants pour nos étudiants, avec des contraintes élevées sur le temps qu'ils doivent passer en classe et dans différentes activités liées aux études.

«Par ailleurs, McGill est une institution d'envergure nationale et nous recrutons nos étudiants partout au Canada et à l'étranger. Déjà, environ 40 % de nos joueurs de football sont originaires des autres provinces canadiennes.»

La demande des Redmen a été déposée la semaine dernière et elle sera étudiée par le SUO lors d'une réunion prévue la semaine prochaine. McGill espère une décision lors de la réunion annuelle du Sport universitaire canadien, à la fin du mois de juin.

Bower croit toutefois que le processus pourrait être plus long. «Je suis en contact avec les dirigeants du SUO et je ne crois pas qu'un échéancier ait été fixé pour l'instant. La demande de McGill pourrait être rejetée. Peut-être refuseront-ils les conditions qui leur seront proposées. Les scénarios possibles restent nombreux et je préfère demeurer optimiste.»

Bower a par ailleurs assuré qu'aucune autre université n'avait fait part du projet de quitter le RSEQ.