L'équipe de ski de fond sous haute tension

Alex Harvey n'a pas terminé le 15 km,... (PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE)

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Alex Harvey n'a pas terminé le 15 km, vendredi. Très déçu, il a modifié son programme pour le reste des Jeux. Il ne se présentera pas au relais 4 x 10 km, dimanche.

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(KRASNAÏA POLYANA) À mi-chemin des Jeux olympiques de Sotchi, les problèmes d'équipement font monter la tension dans l'équipe canadienne de ski de fond. Très déçu de la situation, Alex Harvey a décidé de modifier son programme pour le reste de la compétition.

Après son abandon au 15 km classique, vendredi après-midi, à la suite d'ennuis de glisse rédhibitoires, le fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges a décidé de ne pas se présenter au relais 4 x 10 km, présenté dimanche. «Il ne veut plus rien savoir, a admis son entraîneur, Louis Bouchard, joint en fin de journée. Le relais n'a pas de chance. Au fond, la question est simple: ou on y va au maximum dans le relais - et on court la chance de laisser des énergies -, ou on ne fait pas le relais pour s'entraîner de façon optimale et arriver en forme pour les deux dernières courses.»

Harvey a fait son choix et n'y sera pas, à moins d'un changement dû «à la politique interne», a indiqué Bouchard. Lire par là si l'entraîneur Justin Wadsworth le force à se présenter, ce qui paraît improbable.

Après son titre mondial au relais sprint aux Mondiaux d'Oslo en 2011, Harvey s'était également retiré du relais 4 x 10 km afin de mieux préparer le 50 km, où il avait terminé cinquième. Cette décision avait provoqué l'ire de son coéquipier Ivan Babikov et soulevé une controverse.

Au bilan de fin de journée, Harvey a fait part de son mécontentement aux techniciens de l'équipe. Dimanche dernier, il a aussi été ralenti par ses skis dans la portion classique du skiathlon.

«Il leur a dit qu'ils avaient manqué leur coup et que ce n'était pas acceptable, a relaté Bouchard, qui prend part à ces rencontres. C'est plate à dire, mais c'est ça. Ça ne donne rien d'adoucir les angles. Il est très déçu du travail des farteurs parce qu'il est venu ici pour avoir de bonnes performances. On ne lui a pas donné l'équipement pour y arriver. C'est aussi simple que ça.»

Bouchard a qualifié de «fiasco complet» la préparation des skis jusqu'ici aux Jeux. Après la course, les huit techniciens étaient de retour sur les pistes pour tout réévaluer et essayer de trouver des solutions. «Ça avance, mais on ne sait pas encore», a admis l'entraîneur, qui pousse lui-même à la roue en salle de fartage.

Les conditions de neige sont particulièrement complexes à Sotchi. La température a dépassé les 10 degrés Celsius vendredi au centre de ski de fond Laura, pourtant situé à plus de 1500 m d'altitude dans les montagnes du Caucase. La neige est mouillée et mélangée à du sel. «Il y a beaucoup de succion», a résumé Harvey.

L'équipe canadienne a éprouvé des ennuis avec un «klister», fart d'adhérence utilisé par temps chaud. Les techniciens doivent trouver un fart qui ne réduira pas trop la qualité de la glisse, un équilibre délicat qui n'a pas été trouvé hier. Dimanche dernier, au skiathlon, l'équipe canadienne avait plutôt choisi une cire dure, qui accroche moins mais glisse mieux.

«On jouait gros, a expliqué Bouchard à propos du skiathlon. Si ça marche, on met les gars sur le podium. Mais ça s'est avéré un choix trop risqué. Aujourd'hui [vendredi], il n'y avait plus de risques à prendre. On est allés trop solide [dans l'adhérence]. Dans les montées, Alex kickait comme un malade. Mais dans les descentes, il perdait 10 m sur trois ou quatre secondes...»

Au-delà de l'aspect technique, le moral du groupe, qui visait au moins une médaille à Sotchi, en prend un coup.

«Je ne mentirai pas, l'ambiance n'est pas trop bonne en ce moment, a convenu Wadsworth. On en arrache. On a des problèmes avec les skis. La situation est difficile. Cette équipe est habituée à ce que les choses aillent bien. On est au mieux quand on a tous du plaisir à participer aux compétitions. En ce moment, personne n'a réellement de plaisir.»

Soulignant que «personne n'était plus frustré de la situation que les techniciens», Wadsworth est «persuadé à 100%» que la forme est là autant pour Harvey que pour Kershaw (35e) et pour Babikov (39e), eux aussi ralentis par les skis hier.

Le temps passe, et les occasions de monter sur le podium diminuent. «On le dit depuis toujours: notre meilleure chance, c'est le relais sprint [NDLR: mercredi], a répété Harvey, qui s'y présentera avec Kershaw. Là, ça adonne que non seulement c'est notre meilleure chance, mais c'est notre seule chance.»

Bouchard ne partage pas cette opinion et affirme que l'athlète de 25 ans peut aussi gagner une médaille au 50 km libre au dernier dimanche des JO: «Il a autant de chances qu'au relais sprint. Alex appréhende la longue montée, mais il va passer à travers et il va être prêt.»

En attendant, Harvey, qui a gardé son oeil rieur, essaiera de se changer les idées. «On va regarder les autres sports. On va regarder les autres Canadiens gagner plein de médailles...»




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