C'est la trêve. Pendant que les uns en profitent pour continuer la réflexion - ce serait bête de laisser un bilan inachevé mourir au feuilleton -, les autres qui obtiennent congé panseront tranquillement leurs blessures. Et je ne pense pas seulement à l'Impact et à Patrice Bernier.

Publié le 12 nov. 2013
Patrick Leduc LA PRESSE

Vous avez vu que Messi a encore la cuisse endolorie? On craint même devoir se priver de lui pendant huit semaines au Barça. De grâce, qu'il ne se prenne pas pour Max Pacioretty. C'est que ç'a tendance à devenir répétitif, ces interruptions à sa saison.

Mais la mise au rancart du petit Lionel ne fait pas que des mécontents. Par exemple, la sélection argentine pourrait certainement bénéficier d'un Messi moins usé par sa saison lors de la Coupe du monde du mois de juin prochain.

Et si son rival du Real aura le champ libre pour accroître son avance au trophée Pichichi - l'équivalent du trophée Maurice-Richard en Liga espagnole -, il reste que Cristiano Ronaldo a d'autres chats à fouetter cette semaine.

C'est que le Portugal affronte la Suède de Zlatan Ibrahimovic dans le cadre des barrages servant d'ultime espoir de qualification au Mondial brésilien. L'enjeu n'étant pas à la mesure de ces deux titans, on a parfois l'impression que la confrontation pourrait aussi être le duel décisif entre deux buteurs qui font figure de proue dans la course au Ballon d'or.

Il s'agit pourtant d'un point de vue assez réducteur. Sans vouloir porter ombrage à la glace dans laquelle se regardent Zlatan et Cristiano, le soccer reste un sport d'équipe.

Sur papier, le Portugal, bien qu'irrégulier, semble compter sur plus d'atouts que la Suède. Parmi eux, Nani, Joao Moutinho et Pepe rehaussent le niveau de la Seleçao. Et les Vikings ont beau être plus costauds que leurs adversaires portugais, jusqu'à preuve du contraire, ils ne comptent en leurs rangs qu'un seul Zlatan. Si le grand Suédois devait manquer le rendez-vous de l'été, y a-t-il des chances qu'on l'embauche quelque part à la télé ?

EDF sans complexe

Et Franck Ribéry, lui? S'aventurer sur le terrain du Ballon d'or sans parler du «Meilleur joueur d'Europe» peut s'avérer hasardeux. Heureuse coïncidence, Ribéry et l'équipe de France ont rendez-vous en Ukraine vendredi pour leur propre match aller de ces barrages.

La France fait figure de favorite contre une formation ukrainienne qui possède des espoirs prometteurs en Yarmolenko et Konoplyanka, mais dont l'attaque n'est plus aussi incisive depuis les beaux jours d'Andreï Shevchenko. Outre Ribéry, qui se juge lui-même «au sommet», la présence au milieu d'un Paul Pogba florissant étoffe l'effectif français. Pas de soucis à l'horizon pour les Bleus, dont l'entraîneur Didier Deschamps qualifie le rendez-vous «d'excitant». Ça ne peut que bien aller.

Autre nation dont le billet attend toujours un statut de confirmation, le Mexique, habituellement si dominant au sein de la zone CONCACAF. Toujours inquiet à la suite de sa décevante quatrième place lors des qualifications continentales, El Tri a encore bien du chemin à parcourir avant d'assurer sa présence au Brésil.

C'est un duel contre la Nouvelle-Zélande qui attend la troupe de Miguel Herrera, le quatrième entraîneur à diriger l'équipe mexicaine depuis le mois d'août dernier. Vu les doutes qui habitent actuellement le Mexique, il serait étonnant que les champions olympiques ne fassent qu'une seule bouchée des Kiwis. Et cela, même si on a choisi de jouer au stade Azteca mercredi en plein après-midi - en passant, on annonce de la pluie.

Le Mexique a participé à toutes les présentations de la Coupe du monde depuis sa suspension de 1990. On chiffre les pertes de revenus de l'industrie footballistique à 600 millions si El Tri échoue dans cette ultime tentative.

La Nouvelle-Zélande, pour sa part, était en Afrique du Sud en 2010. D'ailleurs, les All-Whites, qui n'avaient pas réussi à franchir le premier tour (3 points en 3 matchs), ont néanmoins été la seule formation à ne pas y subir la défaite. Le match retour aura lieu à Wellington mercredi prochain.