Le directeur général de la sélection d'Allemagne, Oliver Bierhoff, espère que les joueurs espagnols seront trop fatigués après une longue saison avec leurs clubs pour défendre leur titre européen, l'an prochain, au moment même où les Allemands comptent être à leur sommet.

Publié le 31 mars 2011
Rob Harris ASSOCIATED PRESS

La formation jeune et dynamique de l'Allemagne a atteint les demi-finales de la Coupe du monde, l'an dernier, avant de s'incliner devant l'Espagne. Celle-ci a ajouté la couronne mondiale à son sacre européen obtenu en 2008.

Mais Bierhoff, qui supervise le développement du foot en Allemagne, ne s'attend pas à ce que les Espagnols soient aussi puissants à l'Euro 2012.

«L'Espagne est assurément, à ce moment-ci, la meilleure équipe au monde, a déclaré Bierhoff en marge de la conférence SoccerEx à Manchester. En espérant, dans un an peut-être, que les joueurs qui connaissent du succès avec Barcelone et d'autres clubs seront un peu plus fatigués, un peu plus vieux.

«Nous avons une très jeune équipe, mais nous savons qu'au début d'un tournoi, tout le monde repart à zéro.»

Le fait que plus de 50 pour cent des joueurs dans la Bundesliga soient issus des systèmes de développement juvéniles au pays a donné lieu à une compétition plus féroce pour les postes au sein de l'équipe nationale. Celle-ci a aussi atteint les demi-finales du Mondial de 2006.

«Je peux voir une différence chez nos joueurs entre 2006 et 2010. Les jeunes joueurs qui s'amènent maintenant sont mieux éduqués techniquement, plus habitués aux médias, meilleurs physiquement, a noté Bierhoff. En 2006, nous avions encore des problèmes aux chapitres de la vitesse et de la technique. On voit chez ces jeunes qu'ils ont été bien encadrés dans les centres de formation des clubs.»

Mais Bierhoff, qui a marqué le but qui a assuré la victoire de l'Allemagne dans la finale de l'Euro 1996, s'inquiète que la Ligue des champions soit devenue plus importante que la Coupe du monde aux yeux des joueurs.

«Financièrement, il y a 20 ans, jouer dans l'équipe nationale représentait davantage pour un joueur que ça ne l'est maintenant, a déclaré l'ancien attaquant du Milan AC. Maintenant il se fait très bien payer par son club et le club a énormément intérêt à ce qu'il ne se blesse pas. La Ligue des champions devient de plus en plus importante.

«(Les équipes nationales) sont loin de verser des salaires aussi importants aux joueurs que les clubs. Ça devient donc une question de fierté, avant tout, d'être sélectionné parmi les 20 à 23 meilleurs joueurs de son pays.»

Les joueurs passent également trop de temps à chercher des commandites personnelles, a-t-il avancé.

«Ils se fatiguent davantage mentalement - nous le voyons avec nos joueurs maintenant, avec tout ce qui les entoure: les médias, les commanditaires personnels, les commanditaires du club, a expliqué Bierhoff. La période au cours de laquelle un joueur est au sommet de sa forme est de plus en plus courte. Il y avait un temps où tu pouvais être au sommet pendant 10 ans et les joueurs les plus brillants s'affirmaient à la Coupe du monde.

«Maintenant, on dirait que les joueurs disparaissent après quatre ou cinq ans. Regardez Ronaldinho, Ronaldo et d'autres joueurs.»