À 100 jours du match d'ouverture du Mondial-2010 (11 juin-11 juillet), le temps du choix approche pour les sélectionneurs des 32 équipes qualifiées, entrés dans la dernière ligne droite de leur réflexion concernant l'élaboration des listes de 23 joueurs appelés à disputer la compétition.

Mis à jour le 28 févr. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

Les rendez-vous de mardi et mercredi, réservés aux matches amicaux internationaux, représentent quasiment la dernière chance pour les techniciens de tester diverses formules et pour certains joueurs de se distinguer et d'arracher les derniers billets pour l'Afrique du Sud.

Parmi les principaux favoris, l'Espagne, l'Italie et le Brésil ont d'ailleurs déjà une petite idée des troupes amenées à disputer la Coupe du monde.

Avec Torres, Villa, Casillas, Sergio Ramos, Xabi Alonso, Puyol, Xavi, Senna, Iniesta et Fabregas, le sélectionneur des champions d'Europe Vicente Del Bosque a ainsi battu le rappel de toutes ses vedettes pour affronter la France, mercredi au Stade de France, et n'a pas laissé d'illusion aux autres prétendants en indiquant que sa liste définitive serait «relativement ressemblante à celle-ci».

Psychodrame

Le casting des champions du monde italiens se précise également. Marcello Lippi a ainsi affirmé au début du mois qu'il avait déjà en tête le nom de 17 des 23 joueurs qu'il comptait amener au Mondial.

Au Brésil, c'est le sort réservé aux deux vieilles gloires Ronaldo (33 ans) et Ronaldinho (30 ans) qui focalise l'attention. Mais Dunga, le patron des quintuples champions du monde brésiliens, ne compte visiblement plus sur eux et leur absence du groupe appelé à affronter l'Eire, mardi à Londres, est un bien mauvais présage. Ronaldo est de toute façon déjà en pré-retraite puisqu'il a annoncé la fin de sa carrière pour 2011...

Mais le véritable psychodrame se déroule en Angleterre où l'affaire Terry a causé de graves dommages collatéraux au sein de la sélection des Trois Lions. Le défenseur de Chelsea, accusé d'avoir entretenu une relation extra-conjugale avec l'ex-compagne de Wayne Bridge, s'est vu retirer le brassard de capitaine alors que l'arrière gauche de Manchester City a purement et simplement quitté l'équipe nationale.

Fabio Capello doit aussi faire face à la grave blessure d'Ashley Cole, qui ne reprendra la compétition qu'au mois de mai, soit tout juste un mois avant le premier match des Anglais au Mondial contre les Etats-Unis.

En Argentine, ce sont les atermoiements de Diego Maradona qui agacent, l'ancienne légende albiceleste ayant convoqué plus de 100 joueurs depuis sa prise de fonctions fin 2008. «J'ai déjà prévenu 50% des joueurs qui vont au Mondial, je dois encore parler avec les autres», a-t-il affirmé. De quoi entretenir encore un peu plus le scepticisme général autour des chances de l'Argentine et du Ballon d'Or Lionel Messi.

Atmosphère polluée

L'après Coupe du monde est aussi en train de polluer l'atmosphère dans plusieurs grandes sélections. En Allemagne, la décision de la Fédération de suspendre les négociations sur une prolongation du contrat du sélectionneur Joachim Löw perturbe la préparation.

«La situation n'est pas optimale. Je crois que l'affaire va encore mijoter longtemps», a ainsi déclaré le capitaine Michael Ballack.

En France, plusieurs joueurs (Gallas, Malouda) ont exprimé leurs doutes sur la méthode et surtout le moment (fin avril, début mai) choisis par la Fédération pour nommer le successeur de Raymond Domenech. Le patron des Bleus a lui déclaré dimanche sur TF1 que cela pouvait «perturber» et être «préjudiciable» à son groupe durant le tournoi.

Mais certaines équipes n'ont même pas de sélectionneur à un peu plus de trois mois de la Coupe du monde, comme la Côte d'Ivoire qui a limogé le Bosniaque Vahid Halilhodzic, samedi. Didier Drogba et sa bande se trouvent ainsi sans tête quelques semaines après la désillusion de la CAN et l'élimination en quart de finale.