Les amateurs de soccer seront rivés à leurs écrans à travers le Canada, dimanche, alors que la France et la Croatie croisent le fer en finale de la Coupe du monde, à Moscou.

LA PRESSE CANADIENNE

Il s'agit de la première fois que les Croates accèdent à la finale, tandis que la France, favorite, s'y retrouve pour une troisième reprise.

Le Canada n'était pas représenté à la Coupe du monde cette année et n'y a d'ailleurs envoyé aucune équipe depuis 1986. Il avait alors terminé bon dernier, sans même marquer un seul but.

Mais les Canadiens fanatiques de soccer ont tout de même suivi la compétition de près, et les deux finalistes ont leur lot de partisans au pays.

La plus grande concentration de supporteurs des Bleus se trouve sans doute à Montréal, où sont établis quelque 57 000 immigrants français selon Statistique Canada.

Ils se regroupent dimanche dans plusieurs restaurants et bars de la métropole québécoise pour regarder ce match tant attendu.

La terrasse de Chez Alexandre, au centre-ville, sera remplie à craquer et son propriétaire, Alain Creton, s'attend à une «effervescence incroyable». Il s'attend à ce que les Québécois se rangent derrière eux. Même s'il dit adorer les Croates, il estime que ceux-ci ont déjà atteint leur but, soit de se rendre en finale. «Maintenant, laissez-nous la Coupe!» lance-t-il.

Les joueurs de l'Impact de Montréal suivront également l'affrontement avec beaucoup d'intérêt. Le Français Rudy Camacho ne croit pas que la Croatie sera une proie facile. «Ils ont vraiment démontré leur talent et leur ardeur au jeu», souligne le défenseur.

Quant à l'entraineur-chef de l'Impact, Rémi Garde, il a participé au développement de plusieurs jeunes joueurs de l'équipe de France. Il s'attend à une victoire des Bleus en raison de leur expérience. Il les croit aussi à l'abri d'un sentiment de supériorité et de «surconfiance».

Quant aux partisans canadiens de la Croatie, ils se retrouvent pour la plupart dans la région de Toronto, où quelque 10 000 résidants identifient le croate comme leur langue maternelle.

Pour Ivan Kulis, de l'Académie croate de Toronto, dimanche marque une journée historique.

Bien que la Croatie soit arrivée troisième à la Coupe du monde de soccer de 1998, seulement sept ans après avoir déclaré son indépendance de la Yougoslavie, ceci constitue «un pas plus haut», dit-il.

Cette autonomie nouvellement acquise n'est pas étrangère à la fougue des partisans, souligne Erica Zlomislic, de l'Association du patrimoine croate.

«Être sous occupation étrangère, ça endurcit. Ces gens sont des patriotes, relève-t-elle. Je regarde ces matchs et j'ai les larmes aux yeux.»

Par pur hasard, la journée de dimanche coïncide avec le pèlerinage annuel des Croates vers le Sanctuaire des martyrs, à deux heures de route de Toronto. Mme Zlomislic compte s'y rendre avant le match.

«Nous irons prier pour l'équipe, explique-t-elle. Même s'ils gagnent l'argent, je ne pense pas que les gens seront déçus.»