Le Brésil est lancé. Solides, à défaut d'être éblouissants, les Auriverdes ont battu sans trembler une courageuse Serbie 2-0 mercredi à Moscou, et affronteront lundi le Mexique en huitièmes de finale du Mondial.

Mis à jour le 27 juin 2018
Christophe Beaudufe AGENCE FRANCE-PRESSE

Neymar n'a pas marqué - ce n'est pas faute d'avoir essayé! -, mais Paulihno (36e) et Thiago Silva de la tête sur un corner de «Ney» (68e) ont concrétisé la domination de leur équipe, qui n'a été en difficulté qu'une dizaine de minutes durant toute la rencontre.

> Consultez les statistiques du match

Il avait beaucoup été question, avant le match, des larmes de Neymar après le match du Costa Rica (2-0), de l'émotion des Brésiliens en général, et de leur capacité à gérer l'énorme pression qui pesait sur leurs épaules.

«Nous savons que ce match est important mais nous savons gérer la pression», avait répondu Miranda, capitaine contre la Serbie.

Les Auriverdes ont démontré dès l'entame qu'ils avaient bien préparé ce match couperet, où la défaite était interdite sous peine d'élimination.

Tite avait aligné exactement la même équipe que celle qui avait réussi à battre le Costa Rica dans les arrêts de jeu vendredi, avec Gabriel Jesus en pointe, Neymar à gauche et Willian à droite, alimentés par Coutinho en position de meneur de samba.

Marcelo sort sur blessure

Rapidement, la Seleçao a pris le contrôle du match. Technique, capacité à combiner, vitesse: les Brésiliens comptaient plus de 60% de possession à la pause (57% sur l'ensemble du match), et dominaient des Serbes vaillants et costauds dans les duels, mais un cran en dessous en terme de qualité.

Les Brésiliens ont dû toutefois gérer un coup dur dès la 10e minute, avec la sortie de Marcelo, le latéral du Real Madrid animateur majeur du flanc gauche, celui de Neymar. Boitillant, l'air étrangement groggy, il a cédé sa place à Filipe Luis et a regagné le vestiaire.« Nous n'avons pas d'information, je sais juste qu'il a eu un problème au dos. Son dos s'est en quelque sorte bloqué », a détaillé le sélectionneur Tite en conférence de presse. «Il a eu un spasme musculaire au dos. Je peux dire qu'il ne pouvait pas jouer avec ça. »

Pendant la rencontre, la fédération brésilienne de football avait parlé dans un tweet d'un « spasme à la colonne vertébrale ».

Face à une défense compacte et bien en place, Neymar et ses coéquipiers ont eu du mal à trouver des espaces lorsqu'ils ont essayé de jouer court à l'approche de la surface. Ils ont alors plus souvent cherché la profondeur, avec des balles dans le dos de la défense à destination de Gabriel Jesus.

Et c'est sur l'une de ces ouvertures que Coutinho a magnifiquement lancé Paulihno, plein axe. Le solide joueur du FC Barcelone a devancé du bout du pied, en extension, le gardien serbe et deux défenseurs, pour ouvrir le score (36e) et donner aux quintuples champions du monde une bouffée d'oxygène avant la pause.

Des regrets pour Krstajic

Pourquoi donc les Serbes ont-ils attendu l'heure de jeu pour soudain se libérer, et se rappeler qu'ils possèdent, eux aussi, quelques artistes parmi leurs attaquants? Pourquoi si tard alors qu'ils pouvaient encore espérer la qualification en cas de succès?

Pendant dix bonnes minutes, ils se sont créé des situations très chaudes dans la surface brésilienne, et Mitrovic, après quelques tentatives non cadrées, a placé une tête qui a obligé Alisson à se coucher.

Dix minutes, et puis plus rien... Juste de quoi donner des regrets au sélectionneur Mladen Krstajic, qui croyait aux chances de ses hommes.

Les Brésiliens remettaient le pied sur le ballon et, sur un corner tiré par Neymar, Thiago Silva plaçait une tête puissante et imparable qui donnait aux siens la victoire et la qualification pour les huitièmes de finale (68e).

La fin de match était à sens unique, et Neymar manquait par deux fois l'occasion de tripler la mise.

Questionné par rapport au rôle de favori que pourrait occuper son équipe, le sélectionneur Tite s'est montré incisif dans ses props d'après-match : « On fait de nous des favoris? Nous, nous ne vivons pas d'attentes, nous vivons de réalités. Les pronostics, ce n'est pas pour nous. Ce qui compte c'est que notre équipe devienne plus forte de match en match et progresse. »

Le Brésil a franchi l'obstacle du premier tour, redoutable pour les favoris dans cette édition 2018 du Mondial. Il devra maintenant se remettre sous pression, juste ce qu'il faut, pour affronter les Mexicains. Une autre compétition commence et une nouvelle étoile sur le maillot est désormais à prendre, depuis que les tenants du titre allemands ont été renvoyés chez eux.