Parfois secouée par l'Islande mais jamais vraiment menacée, l'équipe B de la Croatie a remporté sa troisième victoire en trois matchs dans le groupe D mardi à Rostov (2-1), et se dirige ainsi vers un 8e de finale du Mondial-2018 face au Danemark où elle partira favorite.

Mis à jour le 26 juin 2018
Stanislas Touchot AGENCE FRANCE-PRESSE

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«On doit laisser ces trois matchs derrière nous et se concentrer sur le Danemark, qui est le moment de vérité», s'est directement projeté Zlatko Dalic, le sélectionneur croate.

Soucieux de gérer les organismes et plus encore les avertissements en vue d'un premier match à élimination directe qui lui avait coûté très cher à l'Euro-2016, Dalic avait changé neuf joueurs par rapport à l'équipe qui a brisé l'Argentine (3-0).

C'est beaucoup, et pourtant ça ne s'est pas trop vu, au moins pendant les 20 premières minutes durant lesquelles les Croates ont caché le ballon pour de longues séances de possession.

Mais habitués au scénario pour l'avoir déjà vécu en éliminatoires, les Islandais ne se sont ni découragés ni endormis.

À la facilité collective des Croates, même privés de Rakitic, Mandzukic ou Brozovic, ils ont opposé la qualité de leur jeu défensif et leur calme, pour finalement se révéler les plus dangereux de la première période.

Les Islandais ont joué sur leurs armes, dangereux sur une touche longue (27e), puis une tête de Magnusson (28e) sur corner et un bon coup franc de Gylfi Sigurdsson (31).

La blessure de Bjarnason avait aussi donné à ses supporters, bientôt rejoints par tout le stade, l'occasion de lancer un premier clapping et globalement, c'est l'Islande qui a animé la soirée.

Le modèle 1998 

Les Croates n'avaient pas grand-chose à craindre pour leur première place après l'ouverture du score de l'Argentine face au Nigeria, et ils n'ont vraiment pas forcé, à l'image de la star Luka Modric, un des seuls titulaires maintenus par Dalic, qui a joué une heure au petit trot avant de sortir.

Les coéquipiers du meneur de jeu du Real Madrid ont tout de même réussi à ouvrir la marque par Badelj, d'une reprise écrasée après une action pour une fois mal défendue par l'Islande (1-0, 53e).

Celle-ci est revenue au score sur un penalty transformé à la 76e minute par Sigurdsson après une main de Lovren. La pression s'est alors un peu accentuée sur le but de Kalinic, mais pas tant que ça, les Islandais manquant tout de même un peu de qualité individuelle en attaque.

Et c'est au contraire Ivan Perisic qui a marqué le but du 2-1 (89e). Celui du sans faute croate: trois victoires en trois matchs.

En 8e de finale, les joueurs au damier seront favoris, nettement, face au Danemark. Mais attention au spectre de l'Euro. Étincelante en poules, l'équipe au damier rouge et blanc avait déchanté contre le Portugal en 8e (1-0 a.p.). Autant dire que cette Coupe du monde en Russie a des airs d'occasion à saisir pour la génération Modric (32 ans)-Rakitic (30 ans).

Avec des joueurs de talent et d'expérience dans toutes les lignes, elle peut, au moins, égaler la grande équipe de 1998, seulement battue en demi-finale par la France.

Pour l'Islande, l'heure est à la redescente sur terre après le quart de finale à l'Euro et cette première qualification pour une Coupe du monde. Mais la petite île, qui a tenu la grande Albiceleste en échec pour son premier essai dans la compétition reine (1-1), fait désormais partie du paysage mondial.

«On a montré qu'on mérite d'être là et de se mesurer aux meilleurs», a confirmé son sélectionneur Heimir Hallgrimsson.

REUTERS

Gylfi Sigurdsson célèbre son but marqué sur penalty.