Le Pérou, déjà éliminé, a anéanti les dernières chances de qualification de l'Australie (2-0) au Mondial 2018 et quitté en beauté sa première Coupe du monde depuis 36 ans grâce au capitaine Paolo Guerrero, passeur puis buteur.

Mis à jour le 26 juin 2018
Jean Decotte AGENCE FRANCE-PRESSE

Au stade olympique de Sotchi, sous une chaleur étouffante, Guerrero a d'abord adressé un centre parfait pour la volée croisée d'André Carillo (18e), puis il a conclu lui-même d'un tir en pivot dévié par un défenseur (50e), à la grande joie de ses milliers de supporters en tribune.

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«Il faut féliciter les joueurs pour leurs efforts et nos très nombreux supporters qui nous ont accompagnés. Au moins, nous avons pu leur dédier cette victoire», s'est réjoui le sélectionneur du Pérou, l'Argentin Ricardo Gareca, qui a dit réfléchir à son avenir.

Ces deux premiers buts au Mondial 2018, les Péruviens les attendaient après deux défaites inaugurales sur le score de 1-0. Et malgré cette élimination précoce, l'équipe de Ricardo Gareca repart la tête haute, abandonnant la dernière place du groupe C à l'Australie.

Les «Socceroos», eux, pourront regretter longtemps leur manque d'efficacité alors qu'ils gardaient de minces chances de qualification pour les huitièmes. Les voilà éliminés dès le premier tour et les critiques risquent de pleuvoir sur leur sélectionneur néerlandais Bert van Marwijk, coupable d'avoir laissé sur le banc au coup d'envoi l'icône Tim Cahill, meilleur buteur de l'histoire de la sélection.

Lorsque l'attaquant vétéran (38 ans) a fait son apparition à la 53e minute, l'Australie était déjà menée 2-0 après avoir dominé sans concrétiser en première période. Et mis à part un tir contré (60e), Cahill n'a pas fait de miracle à l'heure de disputer son quatrième Mondial d'affilée.

«Nous n'avons pas eu de chance», a pesté Van Marwijk, qui se consolait en soulignant que le préalable à une qualification australienne était une défaite danoise... qui n'a pas eu lieu (0-0 contre la France). «Notre parcours n'est pas un succès, mais pas un échec non plus. Tout le monde a pu voir nos performances et notre jeu.»

Torpeur

Dans une chaleur (30°C) et une humidité (70%) suffocantes, le match a été longtemps sans rythme, comme plombé. Les «Socceroos» auraient mérité mieux sur un festival de Tom Rogic conclu par une frappe déviée par le gardien (27e) ou une percée de Robbie Kruse dont la passe rasante a été dégagée in extremis par Anderson Santamaria (34e).

Côté péruvien, l'ailier André Carillo était l'un des rares à faire courir quelques frissons dans la torpeur des rives de la mer Noire.

Le joueur de Watford s'est même permis un coup du sombrero (33e). Et il a mis fin à une longue attente en adressant une belle volée, soit le premier but du Pérou en Coupe du monde depuis celui de Guillermo La Rosa en 1982 contre la Pologne (défaite 5-1).

Guerrero, le capitaine qui avait failli rater ce Mondial en raison d'un contrôle positif avant d'obtenir une décision de justice favorable, a pour sa part brillé par ses appels et ses courses. Avant d'être récompensé par le second but (50e).

De quoi faire chavirer les milliers de Péruviens massés dans les gradins de l'enceinte olympique (44 000) et qui, moqueurs, ont scandé «Olé» à chaque passe de leur équipe en fin de match. C'est à eux que la sélection andine souhaitait offrir ce baroud d'honneur: c'est réussi et c'est un joli souvenir.