Zlatan Ibrahimovic, auteur du premier but qui a envoyé le Paris SG en 8e de finale de la Ligue des champions, mercredi lors de la victoire contre l'Olympiakos (2-1), a démontré que la récente élimination de la Suède en barrages du Mondial-2014 n'était plus qu'un mauvais souvenir.

Nicolas PRATVIEL AGENCE FRANCE-PRESSE

«N'est-il pas trop affecté par cet échec?» La question n'a cessé d'être posée ces derniers jours, essentiellement à Laurent Blanc qui, parfois agacé autant que déçu pour sa star -une des rares qui manquera la grande fête brésilienne l'été prochain-, s'est borné à répéter qu'il avait «un bon état d'esprit».

La déception de Solna il y a une semaine fut pourtant bien grande, à la hauteur de sa performance contre le Portugal à qui il a marqué deux buts qui ont donné l'espoir à toute la Suède. Un espoir qu'en face, Cristiano Ronaldo, immense, s'est employé à étouffer d'un triplé époustoufflant (3-2) pour envoyer son pays en Coupe du monde.

A Reims, samedi pour son retour aux affaires courantes de la L1, son but plein d'opportunisme qui a puni la mauvaise relance du gardien adverse Agassa en toute fin de match, a récompensé sa bonne implication 90 minutes durant. Ses coéquipiers ne s'y sont pas trompés en allant le féliciter plus chaleureusement qu'à l'accoutumée, provoquant chez lui un sourire teinté de gratitude.

Contre l'Olympiakos, Zlatan l'insatiable n'a pas attendu aussi longtemps pour montrer de nouveau les crocs et laisser échapper sa joie.

Sur ce qui apparait au fil des matches européens comme un grand classique du jeu développé par Paris, «Ibra» a été à la conclusion, de près, d'un mouvement à une touche de balle initié par Cavani qui a ensuite trouvé Van der Wiel, auteur de sa 4e passe décisive de la saison. Ce but, dès la 6e minute, a été la copie conforme de ceux marqués contre Benfica (3-0) et à Anderlecht (5-0).

Cette fois, ce sont des «Ibra!» «Ibra!» «Ibra!» émanant du Parc des Princes qui se sont empressés d'accompagner le but, le 8e du Suédois dans cette phase de groupes qui lui permet de partager avec Ronaldo la tête du classement des buteurs et surtout d'égaler avec le Portugais le record en phase de poules co-détenu par Van Nistelrooy, Inzaghi et Crespo.

Sacrifice

Sa faim de but étant momentanément rassasiée, il a vite reculé pour jouer les chefs d'orchestre, usant tantôt de transversales, tantôt de dribbles déroutants, tantôt de passes en profondeur, comme celle que Cavani ne put exploiter efficacement (23e).

Vingt minutes ont suffi pour en avoir définitivement la preuve: «le bon état d'esprit» l'habitait bien et avec lui, cela va de pair, le plaisir du beau jeu, comme sur cette roulette-talon qui a humilié Manolas peu avant la pause.

En seconde période, l'exclusion de Verratti pour un second carton jaune (46e) a redonné à la rencontre un suspense qu'Ibrahimovic a été près de tuer d'un tir surpuissant, sur un coup franc lointain, qui a obligé Roberto, le portier espagnol de l'équipe grecque à une parade (51e).

Danger constant pour la défense adverse, comme sur ce tir juste au-dessus (60e), Zlatan n'a pas non plus oublié d'être guerrier pour souvent revenir défendre, parfois jusqu'en position d'arrière droit, souvent à bout de souffle.

Tant est si bien que Laurent Blanc l'a sorti à 12 minutes du terme, juste avant l'égalisation sur corner de l'Olympiakos. Heureusemment pour le PSG, le sacrifice de Zlatan fut payant avec le but de la victoire finalement marqué par Cavani.