Voir une équipe de Milan en tête du championnat italien n'a rien de nouveau ni de surprenant. Sauf que, cette fois, il ne s'agit pas de l'Inter, mais bien de l'AC Milan, qui n'avait plus tutoyé les sommets de la Serie A depuis deux ans et dont le dernier titre remonte à 2004.

Publié le 16 nov. 2010
Pascal Milano LA PRESSE

Depuis ce mois de novembre 2008, le club de Silvio Berlusconi a perdu plusieurs figures emblématiques. Paolo Maldini a pris sa retraite, Kaka est parti au Real Madrid et Carlo Ancelotti a mis le cap sur Chelsea.

Mais après une année de transition globalement satisfaisante sous la houlette du Brésilien Leonardo en 2009-2010, les rouge et noir ont entrepris la présente saison en force grâce à plusieurs belles acquisitions estivales et à un nouvel entraîneur aux commandes. Les nouveaux visages milanais sont bien connus: le Ghanéen Kevin-Prince Boateng, le Brésilien Robinho mais surtout Zlatan Ibrahimovic que l'AC Milan a obtenu sous forme de prêt avec une option d'achat en fin de saison. Le géant suédois, blessé dans son orgueil par sa parenthèse barcelonaise, est dans tous les bons coups avec déjà six buts en championnat. Il a, en fait, été buteur ou passeur décisif dans huit des 11 matchs qu'il a disputés avec l'AC Milan en Serie A.

Une Ibradépendance? Sans aucun doute. Et il ne s'agit là que de l'un des problèmes de l'entraîneur Massimiliano Allegri. Car malgré la position de meneur au classement, les Rossoneri sont encore en période de rodage.

À commencer par une défense qui, selon Allegri lui-même, est trop perméable. «Nous devons nous améliorer», a-t-il simplement lancé dans la foulée d'une récente victoire de 3-2 à Bari. Avant de réduire l'Inter au silence dimanche, l'AC Milan avait encaissé 11 buts à ses sept derniers matchs, toutes compétitions confondues.

Ce chiffre peu reluisant était surtout très prévisible. Lors du clinquant recrutement estival - dont l'objectif aurait été de mousser la cote de popularité de Berlusconi - les dirigeants milanais ont complètement oublié de renforcer une défense vieillissante. Les 11 défenseurs présents au sein de l'équipe première ont ainsi une moyenne d'âge de 29,5 ans avec notamment Allesandro Nesta et Gianluca Zambrotta, âgés de 34 et 33 ans. En comparaison, les Milanais ont récemment affronté un Real Madrid de quatre ans plus jeune en moyenne...

Évidemment, la responsabilité défensive d'une équipe n'est pas seulement du ressort des quatre défenseurs. Tout le bloc-équipe doit mettre la main à la pâte dans cette phase de jeu. Le problème est qu'Ibrahimovic mais surtout Pato, Ronaldinho et Robinho ne sont pas reconnus pour être très engagés en défense. Allegri n'a donc jamais utilisé les quatre fantastiques ensemble, garantie d'une équipe coupée en deux.

Même en n'alignant que trois de ces joueurs, Allegri a rapidement compris que son équipe était dysfonctionnelle à la perte du ballon. Surtout avec un milieu de terrain, également âgé, qui a parfois eu du mal à tenir le rythme pendant 90 minutes. Pour compenser, il a donc changé de dispositif tactique pour passer d'un 4-3-3 à un 4-3-1-2 avec un milieu plus compact.

Pato et Pippo sur le carreau

Dans son esprit, Ronaldinho n'est pas fait pour occuper le rôle de trequartista - meneur de jeu - derrière les deux attaquants. Ce poste est ainsi revenu à Robinho avant qu'Allegri ne décide de faire appel à Clarence Seedorf.

Cette décision est d'autant plus justifiée en raison d'un autre problème majeur: les blessures de Pato et de Pippo Inzaghi qui fragilisent tout à coup le secteur offensif. Si le Brésilien, blessé à l'ischio-jambier gauche, ratera jusqu'à six semaines, l'Italien pourrait voir sa saison compromise après avoir été touché à des ligaments et à un ménisque.

Conséquence de ces deux absences, Robinho évolue maintenant aux côtés d'Ibrahimovic tandis que Seedorf est devant un milieu à trois qu'Allegri souhaite offensif et solidaire. Entre Gennaro Gattuso, Mathieu Flamini, Massimo Ambrosini et Boateng, il est bien servi.

«C'est la pression offensive qui amène l'équilibre, a-t-il ainsi analysé après la victoire sur l'Inter. Plus nous sommes offensifs, plus nous avons de balles dans la zone offensive, et nous pouvons marquer.»