Le Canada a été à court d’exploits, mardi soir, contre l’Argentine. Son beau parcours en Copa América – son tout premier – s’est interrompu en demi-finale, en vertu d’une défaite de 2-0 face à la bande à Lionel Messi. Il aura tout de même l’occasion d’aller chercher la troisième place lors de la petite finale, disputée samedi.

Le Canada n’a pas à rougir de cette autre performance honorable face aux champions du monde. Il n’a pas montré son meilleur visage des derniers matchs, certes, mais on conviendra qu’il est difficile de sortir son beau jeu lorsqu’on a en tête de défendre contre la féroce machine offensive de l’Albiceleste.

« Je suis fier des gars, a souligné Stephen Eustáquio après le match devant la caméra de TSN. D’être ici, l’une des quatre meilleures équipes à la Copa América, c’est un très bel accomplissement. On a encore un match, et on va pousser pour la troisième place. »

Bon début

Fidèle à ses belles habitudes dans ce tournoi, le Canada a été entreprenant en début de match. Malgré une possession tout argentine, il a trouvé le moyen, durant les 20 premières minutes, de mener des contre-attaques intéressantes, notamment avec un Jacob Shaffelburg énergique dans le couloir gauche.

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Le Canadien Jacob Shaffelburg et l’Argentin Gonzalo Montiel

Mais les Argentins n’ont eu besoin que d’une occasion pour éteindre cette belle volonté. À la 23e, Rodrigo De Paul a envoyé un long ballon lobé du milieu du terrain vers Julián Álvarez, dans l’axe. L’attaquant de Manchester City a suavement fait passer le cuir sous les jambes de Maxime Crépeau pour le 1-0. La défense canadienne a été poreuse sur l’action.

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Julián Álvarez célèbre son but.

« J’ai pu voir à la 18minute qu’on était fatigués, a souligné Jesse Marsch en conférence de presse d’après-match, des propos rapportés par The Athletic. Il y avait beaucoup de milles dans les jambes sur le terrain. »

Forte de cette avance, c’est comme si l’Argentine a commencé à défier le Canada. Le gardien Emiliano Martínez et ses deux défenseurs centraux se sont mis à se passer le ballon tranquillement, et les Canadiens n’ont pas voulu s’avancer trop haut sur le terrain, risquant de déconstruire leur schéma tactique et défensif. Résultat : les menaces se sont faites rares de part et d’autre, sauf peut-être pour cette occasion canadienne tardive issue d’une belle remise en touche d’Alistair Johnston.

« C’est la meilleure équipe au monde, a relevé Eustáquio. Mais en même temps, on a eu nos chances au début du match. Si on marque, l’histoire de la rencontre aurait été différente. Ils ont eu une chance, ils ont marqué. »

Au menu : perte de temps

Au retour des vestiaires, avec encore tout à jouer, les remparts de l’unifolié sont à nouveau tombés face aux attaques des favoris de la foule… qui n’en avait évidemment que pour le buteur, Lionel Messi. À vrai dire, Messi a été presque chanceux d’être crédité du but du 2-0 à la 51e, lui qui a mis le pied au bon endroit pour faire dévier le ballon devant un Crépeau étendu de tout son long.

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Lionel Messi marque un but.

Les changements effectués par Jesse Marsch ont par la suite produit une certaine étincelle, notamment lorsqu’Ali Ahmed et Liam Millar sont entrés pour Shaffelburg et Richie Laryea près de l’heure de jeu.

Une blessure à Alphonso Davies a même forcé le sélectionneur du Canada à rebrasser ses cartes, ce qui a donné ses premières minutes du tournoi à Mathieu Choinière à partir de la 72e. Le Québécois a bien paru, d’ailleurs. Parions qu’on le reverra pour le match de la troisième place, surtout que Marsch a mentionné vouloir faire plusieurs changements en vue de cette rencontre.

Quant à Davies, il a subi des tests de rayons X après la rencontre, qui ont permis de déterminer qu’il était « correct », dixit Canada Soccer, cité par TSN.

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Alphonso Davies s’est blessé durant le match.

Entre-temps, l’Argentine a fait montre de sa maîtrise des arts obscurs de la perte de temps – en plus d’un contrôle du ballon de haut niveau – pour empêcher tout espoir des Rouges. Dans une deuxième mi-temps où on a malheureusement peu joué au soccer, on retiendra notamment le coup de ballon d’Ismaël Koné envers De Paul, lorsque ce dernier était encore une fois étendu au sol, en douleur, avant de finir le match fringant sur ses deux pieds. Le geste du Montréalais lui a valu un carton jaune justifié, même si bon nombre de Canadiens se sont reconnus en Koné à ce moment précis.

« Devenir une meilleure équipe dans l’avenir »

Le Canada est ainsi sorti de cette rencontre contre les champions du monde plus frustré que déçu, malgré les bons sentiments évoqués après l’affrontement. Ce qui en dit long sur le pas de géant que vient de faire cette équipe.

« J’ai pris ce poste il y a sept semaines, a noté Jesse Marsch en conférence de presse. Je ne m’imaginais pas être ici, présentement. Je ne pourrais être plus heureux avec cette équipe. »

Et il y a encore de la place pour grandir, selon Eustáquio.

« C’est important pour les gens à la maison de comprendre que c’est possible pour nous d’être ici plus souvent, a-t-il dit devant le journaliste de TSN Matthew Scianitti. J’aimerais que la Première Ligue canadienne se développe encore plus pour nous amener encore plus de joueurs. [La Coupe du monde de] 2026, c’est juste là. On a besoin de Canadiens pour nous rendre meilleurs. Si tout le monde est professionnel, on peut devenir une meilleure équipe dans l’avenir. C’est mon espoir. »