Et Jonathan Sirois qui se lève.

Au terme d’une soirée difficile au bureau, le CF Montréal doit dire merci à son gardien. Le Québécois a été impérial face à la féroce attaque du Real Salt Lake au stade Saputo, samedi, et a permis à son club de limiter la meilleure équipe de l’Ouest à un match nul de 0-0.

« On sait à quel point il peut être décisif pour nous, a relevé Laurent Courtois, après la rencontre. On est presque surpris, des fois, de certains buts qu’on concède, ou d’actions où on le pense tellement à l’aise maintenant. On sait qu’il peut aller très haut. Il faut que les bas soient moins bas. »

Alors que Sirois faisait se lever la foule de l’enceinte montréalaise – devant une salle comble cette fois encore –, reste que le Bleu-blanc-noir a été très faible, balle au pied. Et bien que le retour des nombreux blessés, dont Matías Cóccaro, a permis de changer l’allure du match en deuxième demie, son manque de réussite avec le cuir, en général, a été flagrant.

PHOTO GRAHAM HUGHES, LA PRESSE CANADIENNE

Matías Cóccaro (à droite) était de retour au jeu après avoir subi une blessure.

Heureusement, le geôlier a peut-être connu sa meilleure soirée de la saison. Saison au cours de laquelle il n’avait pas encore atteint le niveau de sa campagne 2023. Cela dit, dans les dernières semaines, on a senti un Sirois bien plus en confiance qu’auparavant. Sa non-sélection avec le Canada pour la Copa América l’a-t-elle fouetté ?

Il y a eu une déception, ça, c’est sûr et certain. Je l’ai pris comme une source de motivation. […] Mais ce n’est pas la non-sélection qui m’a fait changer ma façon de travailler ou de voir les choses.

Jonathan Sirois

Le gardien s’est dressé comme un mur sur pas moins de six grandes occasions des hommes de l’Utah.

Il y a eu ses deux belles parades coup sur coup, à la 24e, avec un second tir à bout portant. Son bon bloc à la 70e, devant le meilleur marqueur de la MLS, Cristian « Chicho » Arango (16 buts). Puis ses réussites, à la 77e et la 79e, qui sont venues consolider sa très belle performance.

Cóccaro, agent du « chaos »

Son club en avait bien besoin. Ç’a été plus concluant avec les entrées respectives de Cóccaro, Kwadwo Opoku et Mason Toye, à partir de la 61e. Ce qu’il a manqué au CFM, l’Uruguayen ! Absent depuis la mi-avril – il a raté 11 matchs, toutes compétitions confondues – il a fait preuve dès son retour de toute la volonté, toute la fougue qui font de lui un favori de la foule.

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Kwadwo Opoku (à droite)

« [Leurs arrivées] ont amené un peu de chaos, a analysé Sirois. Il y avait beaucoup plus d’espace sur le terrain. […] Ça a aussi donné de l’énergie aux partisans. La première fois que Mati a touché au ballon, j’avais l’impression qu’on avait presque marqué ! »

La folie de Cóccaro a rapidement dépassé les bornes : il a reçu un carton jaune deux minutes après son entrée, pour avoir trop argumenté devant l’officiel. Sinon, tant Opoku que Toye ont eu leurs occasions, mais ont été stoppés par la défensive de RSL, et par leur propre malchance.

C’est difficile de leur en demander plus aujourd’hui, au vu de ce par quoi ils sont passés.

Laurent Courtois, entraîneur-chef du CF Montréal

Et sur Opoku précisément, qui a raté une chance en or à la 87: « Ce sont des aperçus. Quand il sera plus en forme, ça va donner des choses intéressantes. »

L’ascension d’Álvarez

Du reste, Montréal a joué dans ce match avec une fébrilité dangereuse en possession, un Victor Wanyama dépassé au milieu et une certaine inefficacité dans la surface adverse, malgré la prestation honorable de Sunusi Ibrahim en pointe.

Mais si les attaquants des visiteurs ont été muselés, c’est surtout grâce à la défense de plus en plus étanche de Montréal et ses porte-étendard Fernando Álvarez et Joel Waterman. Ce dernier a d’ailleurs appris, ce samedi soir, qu’il allait se joindre à l’équipe canadienne pour la Copa América. Nous y reviendrons dans un prochain écran.

Le premier, quant à lui, est en train de s’établir comme partant indiscutable de Laurent Courtois aux remparts.

« Álvarez, j’ai trouvé qu’il a été vraiment solide, a noté son entraîneur. Il franchit des paliers. Il doit encore se synchroniser sur l’alignement avec ses camarades, mais en termes de comportements individuels et en gestion de crise, ça commence à être vraiment constant. C’est bien. »

C’est justement là qu’on l’a senti le plus solide, le jeune Colombien. Lorsque le ballon est dans ses parages, il prend rarement la mauvaise décision. On le voit en constante ascension depuis le début de la saison.

« Il travaille très fort à l’entraînement, a souligné Sirois. Très ouvert d’esprit, à la critique des coachs et aussi des autres joueurs. […] Ça rend le travail et la chimie plus faciles. »

« C’est quelqu’un qui s’affirme de plus en plus sur le terrain et à l’extérieur, avec sa personnalité au sein du groupe. Je suis très content pour lui. »

En hausse

Sunusi Ibrahim

L’attaquant nigérian a été le meilleur joueur montréalais pendant ses 61 minutes. La « boule de muscles », dixit Samuel Piette, est solide dans les duels, vif dans ses courses, et généralement dangereux dans le dernier tiers. Il ne lui manque que de la finition pour devenir le joueur espéré par Olivier Renard lorsqu’il lui a donné un nouveau contrat de quatre ans, en décembre dernier.

En baisse

Victor Wanyama

Avec l’absence de Samuel Piette, parti à la Copa, Victor Wanyama devient le titulaire logique pour Laurent Courtois au milieu défensif. Le hic, c’est qu’il n’est pas en jambes, le bon Victor. Évidemment qu’il est difficile de se mettre dans le rythme d’une saison lorsqu’on ne joue pratiquement pas. Mais tout de même. On en est presque à dire qu’il n’a plus le niveau. Triste constat pour le seul joueur désigné de cette équipe. Le jeune Alessandro Biello, formé au club à cette position, verra-t-il plus de minutes que prévu en 2024 ?