(Munich) Le coup d’envoi de l’Euro 2024 de football, organisé dans un contexte politique et géopolitique tendu, a été donné avec le début de la rencontre d’ouverture entre l’Allemagne, pays organisateur, et l’Écosse, vendredi soir à Munich.

Vingt-quatre nations s’affronteront durant ce 17Championnat d’Europe au cours duquel 51 matchs seront disputés. La finale aura lieu le 14 juillet à Berlin et désignera le successeur de l’Italie, tenante du titre.

Après une courte, mais très colorée cérémonie d’ouverture, la coupe Henri Delaunay a été apportée sur le terrain avant le coup d’envoi par l’épouse de l’ancien international allemand Franz Beckenbauer, décédé le 7 janvier dernier, et par les anciens capitaines de la Mannschaft Bernard Dietz, champion d’Europe en 1980, et Jürgen Klinsmann, sacré en 1996.

Et dès la 10e minute, l’Allemand Florian Wirtz a inscrit le premier but de la compétition. Puis les locaux ont pris le large à la 19minute par Jamal Musiala.

PHOTO LEONHARD SIMON, REUTERS

Moins d’une semaine après des élections européennes marquées par une poussée des partis populistes dans plusieurs pays, l’Euro 2024 doit rassembler les Européens autour du ballon rond, et ce au moment où la guerre fait toujours rage sur le continent. La sélection ukrainienne fait d’ailleurs partie des 24 qui rêvent de succéder à la Nazionale italienne, lauréate en 2021.

« Pour nos valeurs démocratiques et européennes, l’Euro 2024 peut être utilisé à tout moment », a estimé le directeur du tournoi Philipp Lahm, dans un entretien accordé à l’agence allemande SID, filiale de l’AFP, reconnaissant qu’une telle compétition est « toujours » une plate-forme pour des thèmes sociaux et politiques.

« L’Europe est un pays génial »

« L’Europe est un pays génial. Bienvenue pour l’Euro de foot », a lancé de son côté le quotidien populaire allemand Bild dans son édition de vendredi, avec 24 visages de supporters aux couleurs des pays qualifiés, sur une double page centrale dans son premier cahier.

« Plus ce sera coloré et mieux ce sera. Ça veut dire qu’à côté du noir-rouge-or (les couleurs allemandes, NDLR), je me réjouirai aussi pour d’autres couleurs et drapeaux des équipes du tournoi », a glissé le chancelier allemand Olaf Scholz vendredi.

Au-delà de l’invasion russe de l’Ukraine, le contexte de la guerre à Gaza entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas suscite aussi un « risque élevé diffus », selon la ministre de l’Intérieur Nancy Faeser, même si aucune menace d’attentat n’a été clairement identifiée.

Trois ans après un Championnat d’Europe décalé d’un an en raison de la pandémie de COVID-19, dans des stades à jauges réduites et éclaté dans 11 villes différentes du continent, allant de Séville à Bakou, l’édition 2024 revient à du plus classique, en Allemagne, forte de son expérience du Mondial 2006. Surtout, tous les stades ont désormais retrouvé une configuration normale, avec 2,7 millions de spectateurs attendus dans les 10 stades pour suivre les 51 matchs du tournoi.

Privilège du pays-hôte, la Mannschaft de Julian Nagelsmann a donc ouvert le bal devant 66 000 spectateurs à Munich, en espérant fédérer derrière elle tout un pays, sur le modèle du « conte de fées estival » (« Sommermärchen ») de 2006, lorsque les Allemands avaient terminé troisièmes d’une Coupe du monde marquée par une incroyable ferveur.

Premier choc samedi

Les coéquipiers d’lkay Gündogan, qui a évoqué un « incroyable honneur » de pouvoir « représenter le peuple allemand avec fierté », se méfiaient de l’Écosse, alors que les Allemands étaient passés à côté de leurs trois dernières entrées dans les tournois majeurs (défaites contre le Mexique au Mondial 2018, la France à l’Euro 2021 et le Japon au Mondial 2022).

Eu égard à son palmarès (quadruple championne du monde et triple championne d’Europe) et au fait qu’elle évolue à domicile, l’Allemagne fait partie des favoris du tournoi, avec la France de Kylian Mbappé, vice-championne du monde en décembre 2022, et l’Angleterre de Harry Kane.

Après ce match d’ouverture, le premier choc du tournoi est prévu dès samedi en début de soirée à Berlin entre l’Espagne, championne d’Europe en 2008 et 2012, et la Croatie de l’inusable Luka Modric, vice-championne du monde en 2018 et encore demi-finaliste fin 2022 au Qatar. Deux sérieux outsiders, tout comme le tenant du titre italien et le Portugal de Cristiano Ronaldo.