Du spectacle. Des feux d’artifice. Des buts. Des victoires. Et, surtout, du beau soccer. Oui, vraiment, le CF Montréal a trouvé son erre d’aller.

Mis à jour le 7 mai
Jean-François Téotonio
Jean-François Téotonio La Presse

Une performance dominante au stade Saputo lui a permis de l’emporter 4-1 face à Orlando City SC, samedi. Et avec un septième match consécutif sans défaites, la troupe de Wilfried Nancy a battu le record d’invincibilité de l’équipe en MLS. En plus de se retrouver provisoirement au troisième rang du classement de l’Est, la subtilisant à Orlando, justement.

Pas mal pour une équipe qui avait commencé la saison avec trois défaites de suite.

« Je suis très content, a commenté humblement Wilfried Nancy après la rencontre. Je suis très fier des gars. […] Ils ont mûri. Ils ont montré qu’ils étaient capables de répondre à plusieurs situations. »

Parlons-en, de ces gars. À commencer par Joel Waterman, ce défenseur aux bottines on ne peut plus fiables pour Wilfried Nancy. Il s’est même permis d’imiter la performance de Kamal Miller la semaine dernière en marquant le premier but des siens et en y ajoutant une passe. Son filet à la 24e, sur un tir à l’embouchure venant d’un jeu issu d’un corner, était son tout premier en MLS, à son 38match.

PHOTO ERIC BOLTE, USA TODAY SPORTS

Joel Waterman

Mon père m’a texté après le match. Il m’a dit qu’il venait de voir son fils jouer son meilleur match à vie en MLS. Si mon papa me le dit, c’est que ça doit être vrai.

Joel Waterman

Il raconte même s’être fait conseiller par un adjoint de « toucher la main de Kamal » à l’entraînement, « pour avoir un peu de cette touche de marqueur ».

« Ç’a été décisif aujourd’hui, on dirait », lance-t-il à la blague.

Sans appel

Une possession du ballon dominée à 59 %. Des locaux qui tirent 20 fois au filet contre seulement deux tirs tentés par les visiteurs. Du lot, le CFM en a cadré 10. Orlando : 1.

Cette emprise sur l’engagement, on pouvait la mettre au crédit notamment d’un milieu reconstitué avec les retours de blessure des Québécois Samuel Piette et Mathieu Choinière. Ils remplaçaient Victor Wanyama et Ismaël Koné, tous deux suspendus.

« On se connaît depuis longtemps, a souligné Choinière, qu’on interrogeait sur sa relation avec Piette. On peut se communiquer en français sur le terrain. »

Si l’apport au jeu des deux milieux québécois se fait somme toute en subtilité, c’est tout le contraire de ce qu’offrent Djordje Mihailovic et Joaquín Torres à l’avant-centre. Les deux milieux offensifs sont de véritables bougies d’allumage pour le CF Montréal.

Mihailovic doublait la mise à la 52e, brillamment servi par un beau centre – un autre – d’Alistair Johnston. Une passe qui n’aurait probablement pas été possible sans le débalancement causé par la belle course de Torres dans l’axe juste avant.

C’était un cinquième but pour l’Américain cette saison – un sommet personnel –, en plus de ses quatre passes décisives. Et on n’est que le 7 mai.

Et que dire de la performance de Torres. Les enjambées du petit Argentin endeuillaient les défenseurs d’Orlando à un rythme effréné. Et faisaient se lever les 14 068 partisans réunis au stade Saputo avec excitation à plusieurs reprises.

Pardonnez-nous la référence, partisans montréalais, mais on a l’impression que le numéro 10 du CFM commence à prendre des airs de… Sebastian Giovinco, l’ancienne fourmi atomique de Toronto.

PHOTO PHILIPPE BOIVIN, COLLABORATION SPÉCIALE

Joaquín Torres

Il confirmait son excellente rencontre en marquant le but du 3-1 à la 81e, soit huit minutes après le seul filet d’Orlando (João Moutinho, à la 72e). Son tir en retourné devant le filet était particulièrement joli. C’était son troisième but en quatre rencontres.

Torres avait été servi là-dessus par Zachary Brault-Guillard, entré dans le jeu quelques instants plus tôt. Et c’est ZBG qui est venu déposer la cerise sur le gâteau en faisant bouger les cordages de façon spectaculaire à la 84e. Son tir du pied droit à la droite de la surface faisait éclater le stade Saputo de nouveau.

Wilfried Nancy, dans son style habituel, n’a pas voulu tomber en pâmoison au sujet de son milieu de 25 ans dans son allocution d’après-match. Il a plutôt vanté la belle « compétition » à l’interne, qui permet de « garder l’intensité physique, oui, mais aussi mentale ».

« On va y aller tranquillement avec Joaquín, a ajouté l’entraîneur. C’est bien, il a retrouvé ses jambes, il a retrouvé les choses qu’il faisait bien. Tant mieux pour lui si ça arrive aujourd’hui. »

Du reste, cette victoire de 4-1 signifie que le CF Montréal n’a pas perdu en MLS depuis le 12 mars dernier.

On avait eu une mauvaise période au cours de laquelle on n’arrivait pas à gagner des matchs. Mais les joueurs ont gardé leur confiance. Aujourd’hui, c’est leur récompense.

Wilfried Nancy, entraîneur-chef du CF Montréal

« L’équipe a un bon sentiment. Elle est capable de défendre et d’attaquer. Tout va très vite. On va l’apprécier, parce que la semaine prochaine à Charlotte, ce ne sera pas facile. »

C’est une évidence, mais les joueurs s’y plaisent, aussi.

« J’ai du plaisir, a souligné Joel Waterman. On apprécie notre soccer. On doit continuer de travailler. »

« Ce dont je suis le plus fier, c’est notre résilience, continue-t-il. Notre fraternité, presque. Nous sommes tous sur la même longueur d’onde. On se traite avec respect. »

Mathieu Choinière note quant à lui combien « la chimie est excellente » dans l’équipe.

« Si on continue de bâtir là-dessus, de s’entraîner fort et de pas trop se prendre la grosse tête, en continuant sur notre lancée, on peut faire quelque chose de bien cette année. »