Une chose est certaine : lorsqu’on parle à Sebastian Breza, il ne faut pas trop se projeter dans l’avenir.

Publié le 19 janvier
Jean-François Téotonio
Jean-François Téotonio La Presse

Pas même pour lui demander, en visioconférence, ce qu’il pense de la bataille à trois, avec James Pantemis et Jonathan Sirois, qui se joue pour les deux postes de gardien du CF Montréal en 2022.

Comment aborde-t-il le camp d’entraînement dans ces circonstances ?

« D’aucune manière, lâche-t-il en riant. Il faut qu’on soit prêts physiquement pour jouer le premier match. Il n’y a pas vraiment de mentalité par rapport à la hiérarchie. […] C’est vous les médias qui êtes en train de supputer sur qui va être titulaire, qui ne va pas l’être. »

Breza est de retour à Montréal pour un contrat d’un an en prêt de Bologne. Mais il a aussi une option à son contrat qui, si elle est activée, lui permettrait d’être transféré de façon permanente dans la métropole. Mais il est trop tôt pour aborder le sujet avec lui.

« Vous parlez dans tout un futur ! lance-t-il, soutirant des sourires aux membres des médias. C’est dans longtemps. On vient de me demander qui va jouer, ça, c’est dans deux semaines. Et là vous me parlez de l’année prochaine. On va prendre une journée à la fois. »

Déjà, il faut passer à travers l’hiver. Par rapport à l’année prochaine, on verra l’année prochaine.

Sebastian Breza, pince-sans-rire

Il nous sert ensuite sa pièce de résistance. On lui demande si le match de Ligue des champions contre Santos Laguna en février serait sa première expérience intercontinentale en carrière.

« Ah bien là, c’est un gros si ! s’exclame Breza. Si, si. Si ma grand-mère avait des roues, elle serait un vélo ! »

L’hilarité s’ensuit dans le Zoom du CF Montréal. Message reçu, Sebastian.

En passant, cette expression serait couramment utilisée en Italie en réponse à une question hypothétique. Elle a d’ailleurs été popularisée par le cuisinier Gino D’Acampo dans un segment devenu viral de l’émission britannique This Morning.

« J’ai fermé mon téléphone »

Mais bon, passons. Les questions des collègues étaient pertinentes, et les réponses de Breza étaient généralement sérieuses.

Comme lorsqu’on lui a parlé de sa nouvelle entente qui le faisait revenir à Montréal.

Je suis très content qu’on ait pu régler les choses. On a réussi à trouver une entente avec laquelle on était heureux de mon côté, et le club aussi.

Sebastian Breza

« Je ne dirais pas que je voulais rester à tout prix ou que je voulais partir à tout prix, ajoute le gardien montréalais. C’est juste qu’il fallait trouver la bonne entente avec le bon club. Ça tombe que c’est le CF Montréal cette année encore. »

Lorsque l’on vous disait que le joueur ne s’en faisait pas trop avec le futur, on ne mentait pas. À la fin de la dernière campagne, il a laissé son agent « gérer ces affaires-là ».

« Quand la saison s’est terminée, j’ai fermé mon téléphone. […] Je ne lui ai pas posé de questions, et il ne m’en a pas non plus parlé tous les jours. Il m’a laissé le temps de décompresser après la longue saison qu’on a eue, avec la COVID-19 et tout. »

Un dernier rempart entièrement montréalais

À l’entraînement, Breza partage le filet avec Pantemis, titulaire pour une bonne partie de la saison 2021, ainsi qu’avec Sirois, gardien de l’année dans la Canadian Premier League (CPL) en 2021.

« Honnêtement, par rapport à ça, je ne me pose pas énormément de questions, avance Breza. Je ne pense pas que les deux autres non plus se posent des questions. On s’entraîne et on passe du bon temps ensemble. »

Le choix final du gardien titulaire n’a pas d’importance non plus pour Mathieu Choinière.

« Les trois gardiens sont excellents, estime le latéral gauche, qui peut aussi jouer au milieu. On a une philosophie, un schéma tactique qui est mis en place. Après ça, tout le monde y adhère. »

Mais il y a quand même trois Montréalais qui tentent de gagner les deux postes devant la cage du Bleu-blanc-noir en 2022. Cette notion n’a pas échappé à Breza.

« C’est quand même spécial d’avoir trois gars de Montréal dans les buts pour l’équipe montréalaise », avoue-t-il.

Quatre matchs préparatoires

Le CF Montréal a dévoilé le calendrier des matchs préparatoires auxquels il prendra part pendant son camp d’entraînement en Floride. Les hommes de Wilfried Nancy joueront quatre parties préparatoires.

Le CF Montréal disputera son premier match le 29 janvier à Orlando, lorsqu’il se mesurera au champion en titre de la MLS, le New York City FC. Les Montréalais affronteront ensuite l’Inter Miami CF, le 4 février à Fort Lauderdale, l’Union de Philadelphie, le 8 février à Fort Myers, et le Miami FC, de la USL, le 11 février au centre d’entraînement de l’Inter Miami CF.

Le Bleu-blanc-noir s’entraîne à Montréal jusqu’au 27 janvier. Il poursuivra ensuite son camp à Orlando jusqu’au 3 février avant de prendre la direction de Fort Lauderdale jusqu’au 13 février.

Le 13 février, le CF Montréal se rendra à Torreón, au Mexique, en vue du match aller des huitièmes de finale de la Ligue des champions de la CONCACAF, contre Santos Laguna. Ce duel sera présenté le 15 février.

Le match décisif de cette série aller-retour au total des buts sera joué à Montréal, le 22 février.

– Avec La Presse Canadienne