(Montréal) Après une première moitié de saison ponctuée de matchs reportés dans la foulée de la pandémie de COVID-19, mais surtout de tournants qui ont fait vivre toute la gamme des émotions aux partisans du ballon rond, les clubs de Premier League entament pour la plupart leur deuxième tour de piste cette semaine.

Publié le 10 janvier
Justin Vézina La Presse Canadienne

La course pour le top-4 — les places donnant accès à la prestigieuse Ligue des champions réunissant les meilleures équipes des différents championnats européens — s’annonce particulièrement enlevante.

Les six figures dominantes des dernières décennies de la première division du soccer anglais : Arsenal, Chelsea, Liverpool, Manchester City, Manchester United et Tottenham ainsi que les deux nouveaux prétendants, Leicester City et West Ham rivalisent pour ces places.

Tout indique que la COVID-19 continuera de perturber les activités du championnat anglais au cours des prochaines semaines. Le match de Leicester à Everton, mardi, a été reporté en raison d’un manque de joueurs disponibles à Leicester.

Une combinaison de cas de coronavirus, de blessures et de joueurs en affectation avec leur équipe nationale pour la Coupe d’Afrique des nations a incité Leicester à demander ce report.

Dix-neuf matchs ont été reportés au cours du mois dernier, provoquant un retard au calendrier.

Voici un état de la situation à la mi-saison.

Le virage jeunesse d’Arsenal porte ses fruits

Le sélectionneur d’Arsenal, Mikel Arteta, a placé le destin de l’équipe dans les mains de la jeunesse après une série de revers et le résultat a été presque instantané. Présentement à la quatrième place du championnat, la formation londonienne avait subi trois défaites, n’avait marqué aucun but et en avait accordé neuf après ses trois premiers matchs.

Le pilote a alors remplacé son gardien titulaire depuis plusieurs saisons, Bernd Leno, par le jeune Aaron Ramsdale. Le gardien anglais de 23 ans se trouve au second rang pour le nombre de blanchissages cette saison avec neuf en 17 matchs. La charnière centrale composée de Gabriel Magalhães et Ben White, respectivement 24 et 25 ans, a su s’établir comme l’une des paires stables en Premier League. Les deux défenseurs ont cumulé plus de 1400 minutes de jeu, ce qui les place dans le top-3 à Arsenal pour les joueurs de champ.

PHOTO IAN WALTON, ARCHIVES REUTERS

Aaron Ramsdale

Les options offensives des Gunners n’ont pas à rougir également. Les deux as anglais Bukayo Saka, 20 ans, et Emile Smith-Rowe, 21 ans, ont brillé. Saka a amassé six buts et quatre mentions d’assistance, tandis qu’Emile Smith-Rowe a fait vibrer les cordages à huit reprises, ce qui le place au quatrième rang des buteurs du championnat à égalité avec l’attaquant vedette de Manchester United, Cristiano Ronaldo.

C’est sans oublier l’émergence d’autres joueurs de 23 ans et moins tels que Gabriel Martinelli, Martin Odegaard, Takehiro Tomiyasu, qui ont tous été des rouages importants pour la troupe d’Arteta.

Manchester City régulier comme une horloge suisse

Après une première saison en deçà de ses standards habituels en 2016-17, le Manchester City piloté par Pep Guardiola a remporté trois des quatre championnats et semble en voie de répéter l’exploit une fois de plus.

Chelsea et Liverpool tentent de suivre le rythme imposé par Manchester City, mais accusent 10 et 11 points de retard respectivement. City est l’équipe qui a marqué le plus de buts (53), celle qui en a accordé le moins (13) et elle trône au sommet pour la possession moyenne par match (67,8 %).

PHOTO KIRSTY WIGGLESWORTH, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Romeo Lavia (à gauche)

Le club n’a pas réellement pallié la perte de son attaquant de pointe des dix dernières années en Sergio Agüero. Jack Grealish, acheté pour 100 millions de livres (172 millions CAN), a surtout fait les manchettes pour sa passion pour la fête, ce qui a mené à des mesures disciplinaires par son entraîneur. City (17-2-2) a trébuché à deux reprises cette saison : en lever de rideau contre Tottenham et contre Crystal Palace à domicile.

Il faudra néanmoins plus que quelques grains de sable dans l’engrenage pour dérouter l’horloger Pep Guardiola.

West Ham dans la cour des grands

Alors que le top-6 traditionnel semble de retour au sommet cette saison (tous classé dans le top-7), West Ham s’est donné le rôle de trouble-fête. La formation a battu Tottenham, Liverpool et Chelsea et a encaissé des revers de 2-1 contre les deux équipes de Manchester. En fait, leur seule défaite par deux buts ou plus est venue aux mains d’Arsenal, qui les avait battus 2-0.

L’équipe se trouve en 5e position, mais Tottenham, actuellement 6e, a deux matchs en main. La saison dernière, West Ham avait terminé au sixième rang, à quatre points de Liverpool et de la troisième position. C’est tout un revirement de situation pour l’équipe qui avait évité la relégation par quelques points, il y a de cela deux saisons.

Le succès obtenu par West Ham vient de son offensive diversifiée. Se classant comme quatrième offensive, le club de l’ouest de Londres a six marqueurs qui comptent plus de trois filets au compteur (seul Manchester City en a plus). Avec 14 buteurs uniques, seul Chelsea et Manchester City en comptent plus dans leurs rangs.

Le brio de Michail Antonio est au premier plan des prouesses offensives à West Ham. Il se trouve en seconde place pour les buts et passes décisives avec 13 (huit filets, cinq aides). Cette recette devra continuer de produire si West Ham veut confirmer que ses ambitions européennes sont légitimes.

Le soutien saoudien plus qu’attendu à Newcastle

C’est après le début de la saison, le 20 octobre précisément, qu’un groupe d’acheteurs étrangers a acquis la franchise de Newcastle United. Le consortium contrôlé à 80 % par les fonds publics de l’Arabie saoudite a dépensé 409 millions US (519 millions CAN) pour acquérir le club.

La valeur estimée du consortium qui atteint 320 milliards d’euros selon le média espagnol Marca, fait des propriétaires de Newcastle les plus riches détenteurs d’une équipe de soccer. L’équipe a les fonds à la hauteur de leurs ambitions : jouer coude à coude lors des fenêtres de transferts avec les formations les plus prestigieuses pour courtiser de grands joueurs avec des salaires alléchants.

Si un vent d’optimisme souffle sur la nouvelle direction du club, les prestations sur la pelouse n’ont rien d’encourageant. Newcastle se trouve virtuellement parmi les trois formations qui seraient reléguées en seconde division en raison d’un dossier de 1-8-10.

Ils ont accordé le plus grand nombre de buts dans le championnat avec 42 et ont affiché une moyenne de possession de 37,1 %, le taux le plus bas en Premier League. Le malheur ne venant jamais seul, Newcastle a aussi perdu les services de son meilleur marqueur, Callum Wilson, pour les huit prochaines semaines en raison d’une blessure au mollet.

Les nouveaux propriétaires de Newcastle n’ont pas tardé à afficher leurs couleurs. À leur première fenêtre de transfert, ils ont délié les cordons de la bourse afin de trouver un accord avec l’Atlético de Madrid pour mettre sous contrat le latéral droit anglais Kieran Trippier. Cette acquisition est-elle la première d’une série de plusieurs et d’une nouvelle ère pour le club ? Newcastle souhaite que le prochain chapitre soit en Premier League et non en deuxième division.

Mohamed Salah loin devant les autres

Avec 16 buts et neuf passes décisives, Mohamed Salah trône au sommet des deux statistiques offensives individuelles par excellence. Il compte six réussites de plus que son plus proche poursuivant, son coéquipier à Liverpool Diogo Jota. C’est un autre de ses coéquipiers qui le talonne dans la colonne des passes décisives, le latéral droit Trent Alexander-Arnold, qui en totalise neuf également.

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Mohamed Salah

L’ailier peut se targuer d’avoir mis la main sur deux souliers d’or en quatre saisons depuis son arrivée avec les Reds. C’est l’ancien buteur d’Arsenal, Thierry Henry, qui en totalise le plus, avec quatre. Les paris sont ouverts à savoir s’il pourra le rejoindre.

Salah porte les couleurs de l’Égypte à la Coupe d’Afrique des Nations 2022, qui s’est entamée dimanche et se poursuivra jusqu’au 6 février. Il sera absent pour deux parties en Premier League, celle du 16 janvier contre Brentford et celle du 23 janvier contre Crystal Palace.