Les championnes olympiques de soccer ont ramené un peu de chaleur de Tokyo à Montréal, mardi soir, au stade Saputo. Les Canadiennes se sont imposées 1 à 0 contre la Nouvelle-Zélande dans le deuxième match amical de cette tournée de célébration.

jean-françois téotonio
jean-françois téotonio La Presse

Avec un ressenti de 8 °C, on était loin des chaleurs accablantes de la capitale japonaise en août dernier. Qu’importe : Adriana Leon a continué sur sa lancée, enfilant le seul but du match à la 16minute. Elle avait marqué les deux derniers filets canadiens lors de la victoire de 5-1 samedi dernier, à Ottawa.

Pour ce premier match des joueuses canadiennes sur le sol québécois depuis la Coupe du monde de 2015, 11 323 partisans étaient réunis. Leur énergie a été contagieuse.

« L’ambiance était vraiment très, très bonne », s’est réjouie l’attaquante Evelyne Viens après la rencontre.

Les filles sur le banc, après deux minutes, on se disait : “Ouais, la foule est là pour nous encourager.” C’était le fun, la vague, les tambours et les cris. On l’a vraiment senti. Ça nous a donné de l’énergie.

Evelyne Viens, attaquante

Viens est entrée en jeu après la mi-temps, en même temps que la défenseuse québécoise Vanessa Gilles. Elles rejoignaient ainsi une autre arrière locale, Gabrielle Carle, qui faisait partie de l’alignement partant.

« C’était un match qui voulait dire beaucoup pour moi, a souligné Carle en visioconférence. C’est chez moi, à la maison. Je pense que j’ai fait une bonne performance. »

Si les Néo-Zélandaises étaient plus en jambes qu’au match précédent, elles ont toutefois rarement inquiété la défense canadienne. Stéphanie Labbé a dû se signaler sur un tir de l’extérieur de la surface à la 26e minute. C’était la meilleure chance des visiteuses dans cette rencontre.

« La Nouvelle-Zélande a vraiment mieux joué »

Les attaques de l’unifolié sont venues par vagues après le but de Leon. Cette tendance a été ralentie vers la fin du match, lorsque la Nouvelle-Zélande cherchait l’égalisation.

« La Nouvelle-Zélande a vraiment mieux joué qu’au dernier match, a analysé Gabrielle Carle. Il était plus intense et difficile que le dernier. »

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

La sélectionneuse canadienne Bev Priestman est du même avis.

« Ce n’était pas une belle performance de notre part, a-t-elle commenté. On s’y attendait, avec les nombreux changements et le manque de chimie qui en découlait. On a eu de bons moments, mais ils n’étaient pas soutenus. »

Tout le mérite revient à la Nouvelle-Zélande. Elles ont joué de façon beaucoup mieux organisée.

Bev Priestman, sélectionneuse canadienne

Les championnes olympiques avaient été accueillies l’une après l’autre, médaille au cou, lors des célébrations d’avant-match. Christine Sinclair, Stéphanie Labbé ainsi que les Québécoises Vanessa Gilles, Evelyne Viens et Gabrielle Carle ont été applaudies le plus chaleureusement.

Des partisans « phénoménaux »

En retour, les Canadiennes ont salué leurs partisans en faisant le tour du stade Saputo après le coup de sifflet final.

« On a senti l’amour des partisans, a affirmé Priestman. Ils étaient phénoménaux ce soir. […] Ça nous a aidées tout au long du match. Ce n’était pas toujours très fluide, on était parfois incapables de conserver le ballon. Mais il y avait de l’amour là-haut. »

Evelyne Viens a fait ses débuts professionnels en 2020 aux États-Unis, en pleine pandémie. Ses parents et sa famille n’avaient donc jamais eu l’occasion de la voir jouer chez les pros. Ils étaient là, mardi soir.

« J’avais oublié un peu ce qu’était le sentiment de jouer à la maison, de jouer devant ma famille, a noté l’attaquante du Gotham FC, en NWSL. De voir mon frère, mes amis, ma famille… C’est apprécié qu’ils aient fait la route un mardi soir. Je suis très reconnaissante d’avoir eu la chance de jouer à Montréal.

« C’est un moment dont je vais me souvenir toute ma vie. »